50 jours pour vivre le temps pascal

2. Douloureuse séparation : « vous aurez à souffrir »

Auteur: Marie Monnet
Date: Dimanche 16 mai

 

Partir, c’est mourir un peu. L’Ascension de Jésus est, pour les apôtres, une nouvelle séparation, un nouveau traumatisme. La passion, comme le mot l’indique, était subie. Il s’agit maintenant d’un abandon volontaire. Seraient-ils abonnés aux séparations ? Leur faudra-t-il s’y habituer ? Mais comment pourrait-on le vivre sereinement ? Jésus lui-même est inquiet : « dans le monde, vous aurez à souffrir ». Dans sa prière, il dit son angoisse : « le monde les a pris en haine », parce qu’ils ont accueilli sa Parole. Mais le temps est fini où il pouvait « veiller sur eux ». Il est vrai que l’un d’eux s’est perdu, et qu’il fut impossible de l’en empêcher. Mise en abîme de notre liberté.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Bijwoners


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3. Nécessaire séparation : l’envoi

Auteur: Marie Monnet
Date: Lundi 17 mai

 

Jourdain de Saxe, second Maître de l’Ordre des Prêcheurs, évoque le moment décisif où saint Dominique a décidé de « disperser les frères ». « Il invoqua le Saint-Esprit. Il convoqua tous les frères et leur dit qu'il avait pris dans son cœur la décision de les envoyer tous à travers le monde, en dépit de leur petit nombre, et que désormais ils n'habiteraient plus tous ensemble » *. Cette décision est fondatrice de l’itinérance dominicaine, en écho à l’itinérance évangélique.  « Vous serez dispersés ». Fini le temps où vous étiez entre vous, partageant les mêmes références, les mêmes racines, le même humour.  Il ne s’agit pas d’un choix personnel mais d’un envoi en mission. Les frères de Dominique ne comprennent pas sa décision. « Chacun s'étonna de l'entendre proclamer catégoriquement une décision si rapidement prise ». Il leur répondit « Je sais ce que je fais ». Jésus disait : « Le grain entassé pourrit ».

 *Libellus de principiis Ordinis Praedicatorum

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Geestkracht


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4. La distance fait naître la parole

Auteur: Marie Monnet
Date: Mardi 18 mai

 

Quand on est loin, il faut s’écrire ou s’appeler, se risquer dans les mots. Entre les amoureux, un temps de séparation, d’impatience et de distance, est souvent le temps privilégié d’un échange fondateur. Cette recherche de l’autre traverse toute la Bible, depuis « Adam, où es-tu ? » jusqu’au « Maranatha, viens Seigneur Jésus », en passant par le « Où est-il ton Dieu ? » du psaume 41 ou bien le soupir de la bien-aimée du Cantique des Cantiques : « où est-il celui que mon cœur aime ? » (Ct 3,1). L’absence, la frustration accentue le mystère, fait monter le désir. Elle conduit à parler, à se dire, à s’avouer, à connaître le risque d’une réponse imprévue.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Regen als zegen


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5. La distance permet le don de l’Esprit

Auteur: Marie Monnet
Date: Mercredi 19 mai
Référence: Jean 16, 5-7

 

« Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande : “Où vas-tu ?” Mais, parce que je vous dis cela, la tristesse remplit votre cœur. Pourtant, je vous dis la vérité : il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. » Comment comprendre cette affirmation très dure : « Il vous est bon que je m’en aille » ? Comment percevoir que cette absence est condition d’un autre type de présence, celle de l’Esprit ? En ne cherchant pas d’abord à le comprendre mais à l’expérimenter, et cela en y croyant à fond : l’Esprit nous est donné. Et cela se ressent dans ce que l’on fait.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Voorleven


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6. La distance permet d’expérimenter sa propre créativité

Auteur: Marie Monnet
Date: Jeudi 20 mai
Référence: Jn 15, 7-8

 

« Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples » (Jn 15, 7-8). Encore un paradoxe, une apparente contradiction : il s’en va et il demande de « demeurer en lui ». « Demeurer en lui et porter fruit », vivre dans le souffle de sa créativité. Expérimenter sa présence dans un retrait qui oblige aux initiatives, qui contraint à faire des choix. L’Esprit est celui qui personnalise, qui responsabilise, qui met l’Église, l’humanité, « en demeure » de décider. Il n’est pas interdit de demander l’intelligence, l’élan et la constance pour accomplir la part qui nous revient.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Verscheidenheid


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7. L’absence réelle ?

Auteur: Marie Monnet
Date: Vendredi 21 mai

 

Nous utilisons beaucoup une expression que nous ne comprenons pas toujours bien, celle de la présence réelle. Si l’on organise un concert dans une église, on enlève la « présence réelle ». Jésus n’aimerait-il pas la musique ? Cette « présence réelle » n’est-elle pas tout aussi bien une « absence réelle » ? Depuis l’Ascension, les chrétiens ressentent cette absence réelle. Et pourtant, ils ressentent aussi une mystérieuse présence. Ils forment un corps, une communion des saints, qui se joue de l’espace et même du temps. Qu’ils soient célèbres ou non, petits ou grands, nous le rappelons le 1er novembre, et le disons à chaque credo : nous croyons à la communion des saints. Cette communion n’est-elle pas La présence qui transcende toute absence ?

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Kwetsbaar fundament


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Le cri du Cerf

Auteur: Ludovic Namurois
Date: Samedi 22 mai
Référence: Jean 16, 13

 

Une très ancienne légende raconte que saint Patrick, qui se rendait à Tara pour y porter la foi chrétienne, échappa à une embuscade dressée par le roi païen Lóegaire mac Néill grâce au pouvoir d’une hymne de sa composition.

Alors qu’ils priaient, le saint patron de l’Irlande et ses compagnons apparurent à leurs agresseurs sous la forme d’une horde de cerfs sauvages et, ainsi protégés par la miraculeuse illusion, arrivèrent sans encombre à destination.

Extrêmement populaire dans le monde anglo-saxon la « Cuirasse » ou « Lorica » de saint Patrick a également inspiré le compositeur Estonien Arvo Pärt dont l’œuvre chorale « The Deer’s cry » (2007) reprend presque intégralement le texte des strophes 8 et 9. En voici une version interprétée en 2019 par l’ensemble vocal VOCES8.

La philosophe Simone Weil écrivait : « le Christ aime qu’on lui préfère la vérité, car avant d’être le Christ, il est la vérité. »

Plus que jamais en cette veille de Pentecôte, laissons l’Esprit nous mener à « la vérité ». Elle qui n’est ni un corpus de pensée, ni une collection de dogmes mais qui se vit dans la rencontre intime et la fréquentation assidue de la Parole.

Non content de nous inviter à une rencontre, l’Esprit nous introduit « dans la vérité tout entière », dans une communion toujours plus profonde avec Jésus. Il nous le fait reconnaître au cœur des replis les plus obscurs de notre vie quotidienne et nous permet de rejoindre saint Patrick dans sa prière :

Christ avec moi, le Christ devant moi, le Christ derrière moi,
Christ en moi, Christ en dessous de moi, Christ au-dessus de moi,
Christ à ma droite, Christ à ma gauche,
Christ quand je me couche, Christ quand je m'assieds…
Christ dans le cœur de tous ceux qui pensent à moi,
Christ dans la bouche de tous ceux qui parlent de moi,
Christ dans chaque œil qui me voit,
Christ dans toutes les oreilles qui m'entendent.
Christ avec moi.

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Crédit photo : © Pexels – CC0 – cmonphotography

 

Méditations en néerlandais

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