50 jours pour vivre le temps pascal

La vie secrète des êtres

Auteur: Myriam Gosseye
Date: Dimanche 2 mai
Référence: Jean 15,1-8

 

Lorsque j’entends ce passage de l’ Evangile de Jean (15,1-8), je ne peux m’empêcher de penser à ce beau livre d’un forestier allemand, P. Wohlleben, qui nous dévoile la vie cachée qui foisonne dans nos  forêts, une vie qui se nourrit d’intenses échanges entre ces arbres qu’on croirait pourtant inertes et solitaires.

« Je suis la vigne, vous êtes les sarments » : Le Seigneur, quant à Lui, nous rappelle, il me semble,  combien, dans le secret de nos êtres, coule une sève mystérieuse et magnifique qui se nourrit à la source de Sa Propre Vie. Quelle insondable merveille !

En nous coule donc une Vie intense -  quoiqu’invisible aux aveugles que nous sommes - qui nous parvient d’ailleurs, de plus loin que nous,  de nos multitudes de frères et sœurs humains et au-delà, bien plus loin, bien plus  haut, de notre frère ainé, le Christ, Fils du Dieu Vivant. Il est donc la source qui nous immerge dans la  "vraie" Vie pourrait on dire, celle qui  baigne notre être profond, dans un bain d’Eternité.

« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui là portera du fruit, car en dehors de moi, vous ne pouvez rien  faire » : A l’image de Notre Seigneur, et de tous les êtres célestes, nous restons donc clairement libres pourtant d’en "faire" bon usage ….ou pas. Mais en dehors de Lui cependant : « Nous ne pouvons RIEN faire » ! Rien… c’est moins que rien, comme aurait dit un célèbre humoriste…..IL ne s’y passe pas grand-chose !

Un cadeau vital nous est offert, mode d’emploi inclus : c’est à nous de voir ce que nous décidons. Profonde réflexion ! Grave décision !

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Crédit photo : © Unsplash – CC0 – Peter Schad

Des géants aux pieds d’argile

Auteur: Myriam Gosseye
Date: Lundi 3 mai
Référence: 1 Co 15, 1-8 & Jn 14, 6-14

 

Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit.

Ce lundi de la 5e semaine de Pâques, nous place sous l’égide de deux des apôtres : Philippe et Jacques. Que du beau monde auquel on peut difficilement se comparer pourrait-on se dire. Et pourtant !

Tous deux ont bien suivis  Jésus tout au long de sa vie. Quelle fidélité !

Chacun à sa manière a promu la foi en Christ ! Le premier, Philippe, désirait de tout son être voir le Père et le faire voir à tous. Le second, Jacques, " frère " de Jésus, va, quant à lui,  jusqu’au martyr pour enfin " aller voir " ce Père dont Jésus a tant parlé. Quelle constance !

La tradition veut aussi qu’on ait  enterré leurs reliques  sous l’autel de la Basilique des douze apôtres à Rome, ils ont donc été fidèles à leur engagement pour le Christ jusqu’au bout. Quel Courage en ces temps difficiles !

Quels hommes, quels défis, quelle hauteur impossible à atteindre pour nous, pauvres mortels !

Et pourtant, comme chacun de nous, ils ont bien eu leurs fragilités, leurs faiblesses. C’est ainsi qu’une remarque  reprise  dans les Evangiles, à un endroit clé de la vie de Jésus,  nous font comprendre que nul, pas même ces géants de la foi, n’est parfait d’emblée.

Ainsi,  l’évangéliste Marc nous fait savoir dans la description de l’arrestation de Jésus au jardin de Gethsémani qu’: "Alors tous l’abandonnèrent et prirent la fuite". Ouf ! Eux aussi donc !

Quoi que nous en pensions du courage et de la fidélité des apôtres et autres saints magnifiques, les Evangiles nous montrent que le chemin à la suite du Christ, celui de la sainteté,  est fait bien souvent, plus de faiblesse  que de grandeur. Ah ! Nous aussi donc !

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Crédit photo : © Pexels – CC0 – Eric Sanman

Amour terrestre et espérance céleste

Auteur: Myriam Gosseye
Date: Mardi 4 mai
Référence: Jn 14, 27-31a

 

Ces dernières années ont vu se multiplier  le nombre de décès tant dans ma famille qu’au sein de notre congrégation. Chaque fois, et certaines fois plus que d’autres, se pose  la même interrogation, celle-là même probablement que laisse  le Christ à ces disciples, lorsque il leur dit avant de les quitter «  Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père » (Jn14, 28a). Comment tenir la juste mesure entre l’authenticité de notre attachement de cœur pour la personne qui s’en va, et la recherche du Royaume entamée dans la foi ?

Il y a quelques années, lors d’un accompagnement que je faisais en aumônerie hospitalière, une maman dont la fillette de 10 ans venait de mourir, se mit, comme on peut s’y attendre, à sangloter de tout son cœur. Soudain, pourtant, relevant la tête, elle me dit qu’elle ne devrait pas pleurer car sa petite lui avait dit, en s’éveillant d’un précédent épisode de "mort cérébrale" : « tu sais maman, quand je mourrai vraiment, tu ne dois pas t’en faire, c’est si beau là bas ! ». Et aussitôt, cependant,  voilà cette pauvre mère qui se remet à pleurer de plus belle. Quel déchirement ce cœur de mère éprouvait-il  de perdre cet enfant de chair et d’os, ce petit être, "chair de sa chair". Quelle difficulté, cette âme de croyante, avait-elle, quoique prévenue,  à concevoir la réalité d’une "autre existence " ou plutôt d’une existence transformée, à la fois la même et toute autre.

Notre cerveau humain peine à concevoir l’ailleurs d’une existence terrestre. Cette affirmation d’une autre vie  parait parfois si désirable mais bien souvent tellement inconcevable. Toute une vie de tension vers le Royaume et même semble-t-il de renoncement progressif aux choses terrestres, semble nécessaire pour tenter d’y  atteindre.

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Crédit photo : © Pexels – CC0 – Lukas

Pour que nos cœurs lui répondent

Auteur: Myriam Gosseye
Date: Mercredi 5 mai

 

L’hymne des vêpres proclame dans sa deuxième strophe «  Ses mains ont tout créé Pour que nos cœurs lui répondent »

Je me suis rappelée une conférence  préparée en collaboration avec une théologienne de la faculté de théologie de l’UCLouvain. On s’était inspirées  de la tradition de l’Eglise concernant "l’homme créé à l’image de Dieu" (imago Dei) et des questions que cela pouvait soulever en aumônerie hospitalière. Ainsi se posait la question de savoir jusqu’où, en tant qu’aumônier catholique,  respecter scrupuleusement  la position spirituelle du patient et quand éventuellement considérer comme vital spirituellement de le rencontrer, en abordant de façon directe  cette conception de l’humain « imago Dei », avec tout ce que cela peut vouloir dire en termes de position éthique et anthropologique.

Aujourd’hui encore en lisant cette hymne mais aussi l’affirmation de St Augustin dans un extrait de son sermon 81 (Magnificat mai 2021,p100) : « Autre chose, en effet est ce que nous voulons parce que nous sommes dans le Christ, et autre chose ce que nous voulons parce que nous sommes encore en ce monde », je me dis que, comme chrétiens aujourd’hui,  nous sommes bien souvent perplexes, dans notre propre recherche de ce qui est juste (ajusté)  de désirer pour nous-mêmes mais aussi  pour l’autre avec qui nous entrons en relation.

Comment, même en tant que croyants, pouvoir : « vouloir (uniquement) ce qui n’est pas étranger au salut » comme l’affirme encore ce même sermon 81? A fortiori, lorsque nous sommes baignés dans une culture aussi fortement étrangère à cette conception de la relation essentielle entre l’homme et Dieu ? Le risque est grand soit de tout relativiser, comme l’affirmait le pape Benoit XVI, soit de s’enfermer dans une vérité immuable ; deux positions rassurantes dans un monde aussi complexe.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Elke rank die wel vrucht draagt zuivert Hij


Crédit photo : iStock/Thomas Demarczyk

Une création merveilleuse et fragile

Auteur: Myriam Gosseye
Date: Jeudi 6 mai

 

Après une chute importante qui m’a handicapée pour un long moment, j’ai reçu une  carte illustrée d’une photo de toutes jeunes pousses sur les branches d’un arbre fruitier. Ce symbole de la vie merveilleuse de la création, m’a véritablement emplie de douceur et même de bonheur.

 Ce 5è jeudi de Pâques, la Parole du matin adressée par Paul aux Colossiens, les exhorte à rester enracinés, édifiés dans le Christ Jésus. Et nous voila reporté à la vigne du Seigneur qui nous nourrit de sa Vie et nous fait grandir en sagesse et  en joie si nous y restons solidement attachés.

L’image de la Vie en Christ,  vigne nourricière, ne nous est compréhensible que parce que  nous-mêmes, en notre corps, vivons au sein d’une création qui nous donne vie et nourriture. De ce point de vue, on se rend compte en lisant l’Ancien et le Nouveau Testament, que La Bible n’a pas attendu les écologistes modernes pour nous montrer à quel point cette création est belle, foisonnante, nourrissante pour le corps, l’âme et l’esprit. Depuis le jardin d’Eden perdu, en passant par les lys des champs et le cep de la vigne, Dieu créateur nous a fait naître au milieu d’une merveille fragile dont nous devons prendre soin si nous voulons pouvoir y vivre.

En sa notion d’écologie intégrale, le pape François nous rappelle combien nous ne pouvons dominer  ni la nature ni nos frères et sœurs humains, au risque de tout saccager, comme il nous apparait aujourd’hui. Si nous voulons continuer à vivre en cette création, il nous est rappelé que nous ne pouvons ni posséder, ni détruire notre terre y compris au moyen d’une économie prédatrice. Notre propre bonheur dépend entièrement de l’épanouissement global de toute vie elle-même créée par le  Dieu Vivant.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Blijf in mijn liefde


Crédit photo : © Unsplash – CC0 – Ilyuza Mingazova

Pour ceux qu’on aime

Auteur: Myriam Gosseye
Date: Vendredi 7 mai

 

Le vendredi, jour du don du Seigneur de Lui-même pour ceux qu’il aime, est un jour à la fois sombre et magnifique mais difficilement compréhensible, en dehors d’une foi pure.

En lisant ce passage des Evangiles qui retracent la Passion de Notre Seigneur, je suis bien souvent tentée  de me dire : c’est insensé ! Qui peut, à part quelques grandes figures extraordinaires, aller  jusque là ? Quelle folie effectivement, comme le dit Saint Paul !

Face à ce sacrifice grandiose et mystérieux du Christ, je ne peux m’empêcher de contempler la petite voie de Sainte Thérèse de Lisieux qui, avec ses "petits " moyens, désire aimer les autres. Dans ses manuscrits autobiographiques, elle écrit à sa prieure : « J’ai compris combien mon amour pour mes sœurs était imparfait (…) ». Mais  plus loin, elle se rend compte que, de sa hauteur, elle peut néanmoins pratiquer « la charité parfaite » car la charité ne « doit point rester enfermée dans le fond du cœur » (Magnificat Mai 2021, p.120).

Bien entendu, cette sainte qu’on appelle "la petite Thérèse" fut  à la fois insignifiante au regard de ses sœurs mais extraordinaire pour le reste du monde. Elle pratiqua cet art du don d’amour dans les plus petits actes, de façon parfaite.

De notre côté, si nous ne pouvons toujours être  de la même trempe, nous pouvons néanmoins suivre, même "petitement" (sic) cette voie qu’elle  nous a montré, nous pouvons même, avec la grâce de Dieu donné à profusion, nous engouffrer par cette porte qu’elle nous a  ouverte. Rien ne nous empêche de développer, autant que faire se peut, au jour le jour, cet art pratique de l’amour qui est l’unique chemin du Royaume.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Dit is mijn gebod


Crédit photo : iStock/Chinnapong

C’est la blessure qui a permis le sauvetage

Auteur: Myriam Gosseye
Date: Samedi 8 mai

 

J’ai fait partie d’un groupe charismatique de "recommençants" et nos questions récurrentes étaient « Pourquoi croyons nous ? » et « qu’avons-nous fait pour cela » ?

Toutes les tentatives de réponses autocentrées telles que : « Sommes-nous meilleurs que d’autres ? » Ou comme : « Avons-nous fait des choses qui méritaient une attention toute particulière de Dieu » ne nous menaient à rien d’autre qu’a une fermeture du cœur sur nous-mêmes et finirent par nous sembler vaines. Une chance pour nous,  car nous aurions pu nous prendre pour " le nombril du monde" ou mieux, pour les "144.000 élus de Dieu".

Ce n’est que  plus tard, au détour d’une lecture commune de l’exhortation apostolique Christifideles Laici de Jean Paul II, que certains d’entre nous retombèrent  de toute leur  hauteur. Dans cette exhortation apostolique,  le pape Jean Paul II, reprenait les paroles que nous avons déjà examinées en début de semaine : « En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn. 15,5,) mais aussi : « C’est moi qui vous ai choisis et établis pour que vous alliez (et) que vous donniez du fruit (…) » (Jn. 15,16).

L’un de nous, viticulteur, nous expliqua  que pour bonifier le vin, on peut pratiquer une greffe, petite blessure par laquelle les deux parties de vignes entrent en contact et les deux sèves se mêlent. C’était donc en réalité une blessure en nous, une fragilité, une faiblesse  qui avait  permis à la sève de la vigne du Christ de nous revitaliser puisque sans Lui nous ne pouvions rien. Nous étions en fait en perdition, et Son attention s’était  particulièrement portée sur nous. Et nous voila revenus à notre vraie hauteur, brebis perdues mais chanceuses au point d’avoir attiré Son regard, d’en être sauvées afin d’être appelées a en faire bénéficier d’autres.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Als de wereld u haat...


Crédit photo : iStock/Imagesines

Méditations en néerlandais

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