50 jours pour vivre le temps pascal

Identité

Auteur: Zbigniew Krysiewicz
Date: Dimanche 25 avril
Référence: Jean 10,11-18

 

Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père.

Saint Jean, tout au long de son Évangile, se concentre sur un seul objectif principal : la révélation de qui est réellement Dieu. A l’approche de la connaissance de l’identité de Dieu - si jamais on peut la connaître – nous pouvons ensuite nous interroger sur notre propre identité.

Il semble nécessaire afin d’entrer dans une relation équilibrée, que les deux côtés existent de manière distincte de tout autre personne. Par conséquent, pour entrer en relation avec Dieu, il doit être lui-même distinct, bien que moi aussi, je doive présenter un caractère personnel distinctif et irremplaçable.

Et pourtant, nous sommes confrontés à cette image particulière que Jésus a appliquée dans l’Evangile d’aujourd’hui : nous sommes les brebis. Même si une brebis c’est une créature plaisante, elle ne témoigne pas toujours du plus haut degré d’intelligence, et bien souvent son comportement peut se résumer à une expression : ‘suivre le troupeau’. Elle est douce et gentille, mais il semble que ce ne soit pas suffisant pour établir une comparaison. La question de savoir si les brebis peuvent posséder un caractère individuel, je la laisse de côté.

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La voix

Auteur: Zbigniew Krysiewicz
Date: Lundi 26 avril
Référence: Jean 10, 1-10

 

Les brebis écoutent sa voix (…) Il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix.

Imaginez que vous avez quitté votre propre pays quand vous étiez enfant. Encore jeune mais assez vieux pour apprendre la langue, exprimer vos premières pensées, ressentir votre entourage ou déguster vos biscuits préférés.

Vous avez quitté votre pays et depuis lors, vous n’avez eu aucun contact avec vos familles et amis, ni la possibilité de parler votre propre langue. Avec le temps, vos souvenirs se sont estompés, votre capacité à parler votre langue a diminué au point que vous avez même oublié l’avoir jamais connue auparavant. Désormais, toute votre vie a été vécue dans une nouvelle langue adoptée.

Mais voici un miracle : vos parents viennent vous voir. La joie de retrouvaille est indescriptible. Mais ils parlent une langue que vous ne comprenez pas. Cependant, leurs voix vous semblent familières, elles résonnent à vos oreilles et à votre âme, et font vibrer votre être tout entier, jusqu’à la dernière cellule de votre corps. Ils vous appellent par votre nom, alors les souvenirs enfouis reviennent et retrouvent leur ancrage ; vous, vous-même, vous retrouvez vos racines.

Dieu nous a parlé dès avant notre naissance. Quelque part, en lui-même. Et son langage reste ancré en nous. Peut-être ne l’avons nous pas utilisé depuis longtemps. Peut-être avons nous oublié comment il sonne, parfois au point qu’il nous semble désormais irréel. Mais, ce langage secret hérité de Dieu reste toujours ancré en nous.

Vous l’avez sans doute entendue de nombreuses fois : cette douce intuition qui indique la voie, qui vous suggère discrètement des solutions. Parfois, vous ne savez même pas pourquoi cette voix intérieure vous parle de manière si convaincante, si familière.

Il est peut-être le temps de réapprendre votre propre langue? Pour entrer dans la vie qui s’appelle aionios (voir la méditation du mardi).

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La vie éternelle

Auteur: Zbigniew Krysiewicz
Date: Mardi 27 avril
Référence: Jean 10,22-30

 

Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle.

Probablement, la plupart d’entre nous, si on leur demandait ce qu’est la vie éternelle, répondraient que c’est quelque chose qui se situe dans le futur. Une vie sans temps et au-delà du temps, quelque part là-haut dans les cieux – la vie qui peut-être un jour pourrait devenir la nôtre. Nous essayons de croire que le moment de la mort n’est rien d’autre qu’un passage vers un autre monde, vers une autre dimension, vers la vie par excellence, sans souffrances ni douleur, la vie en plénitude, la vie qui - exactement - n’a pas de fin, et que l’on peut appeler "éternelle".

Ce n’est apparemment pas exactement ce que dit Jésus dans l’Evangile. Dans la version grecque de ses paroles, il y a un mot qui nous traduisons par "éternel", et qui en grec, aionios, un adjectif dérivé de aion, qui signifie un âge, n’a pas nécessairement une notion du temps future. Même au contraire ; aionios fonctionne simultanément en dehors du temps, à l’intérieur du temps et au-delà du temps. En effet, cela fait référence à quelque chose qui possède un caractère particulier qui est défini par son âge, sa maturité, et sa qualité incomparable. C’est comme un vin beau, vieux et parfaitement mûr.

C’est quelque chose à goûter dès aujourd’hui. La vie éternelle se réalise maintenant, au moment même où vous lisez ce texte. Le royaume de Dieu est parmi vous, il est en vous. C’est maintenant.

Ce qui signifie: si la grâce de Dieu est en vous et opère en vous, elle vous transforme afin que vous puissiez recevoir votre propre caractère individuel et unique, votre propre caractère âgé, semblable au vin. La grâce de Dieu donne un goût à tout en vous et autour de vous, et vous rend, vous-même, plein de goût. La grâce vous fait mûrir. La grâce vous rend aionios, avec une qualité irremplaçable, exceptionnelle et particulière.

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Le commandement

Auteur: Zbigniew Krysiewicz
Date: Mercredi 28 avril
Référence: Jean 12,44-50

 

Et je sais que son commandement est vie éternelle.

Le commandement de Dieu est la vie éternelle. Et la vie éternelle consiste en la qualité et la maturité de notre individualité, façonnée par la grâce qui opère dans le temps (voir la méditation du mardi). Par conséquent, il semble que ce soit le commandement qui fait que la vie éternelle se réalise, ou plus précisément, c’est en suivant le commandement (car il est de la nature du commandement d’être mis en pratique) que la vie éternelle reçoit sa qualité.

Et quel est le commandement?  « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jean 13,34)

Évidemment, l’amour n’est pas facile. Pour éviter les malentendus, Jésus dit: « aime comme je vous ai aimé. » Qui aimait-il? A-t-il aimé les gens et ses disciples parce qu'ils étaient gentils, charmants, intelligents et beaux? Non. Ça, ce n’est pas de l’amour. Il les aimait pour les rendre beaux. Et nous, nous aussi, nous n’aimons pas une autre personne parce qu’elle est belle. Nous aimons une autre personne pour la rendre belle. C’est le vrai pouvoir transformateur et la vraie puissance transformatrice de l’amour.

Et comment a-t-il aimé ? Dans sa vie Jésus a guéri les affligés. Il a lié ensemble les vies brisées, il a rendu la vue aux aveugles, il a fait marcher les boiteux à nouveau. L’amour ce n’est pas un beau et naïf sentiment. L’amour se réalise dans l’action. Aidez ceux qui se sentent déprimés pour qu’ils puissent se relever. Aidez ceux qui ne peuvent pas envisager l’avenir à reconnaître leur valeur. Aidez ceux qui se sentent abandonnés à marcher avec un courage nouveau. En le pratiquant, l’amour reçoit son caractère individuel et spécifique. Il devient éternel.

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L'amour

Auteur: Zbigniew Krysiewicz
Date: Jeudi 29 avril
Référence: Jean 13,16-20

 

Je vous dis ces choses dès maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez que moi, JE SUIS.

Je suis. Un des noms mystérieux de Dieu. Tout passe; les choses étaient, elles sont maintenant, et elles finiront par disparaître. "Vanité des vanités, tout est vanité !" , dit Qohélet. Seul Dieu est, et ceux qui participent à sa nature.

Quelle est sa nature qui coexiste avec son être? « Dieu est amour » témoigne saint Jean (1 Jean 4,8b). L’amour est son vrai nom révélé par Jésus-Christ. Être et aimer sont la même réalité de l’unicité de Dieu.

Les humains, ils sont d’abord, et ensuite seulement ils peuvent aimer. C’est pourquoi Jésus nous montre une voie à suivre, même au-delà de l’être. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » (Jean 15,13)

L’amour est plus important que la vie. Ceux qui vivent sans amour, bien qu’ils pensent vivre, sont déjà morts. A l’opposé, ceux qui vivent cloués au lit en stade terminal, bien qu’ils semblent être en train de mourir, s’ils sont remplis d’amour, ils vivent comme jamais auparavant. L’amour est plus grand que la vie. Ce n’est pas la vie qui a le plus de valeur, c’est l’amour. La vie a une fin, tout comme la foi, et l’espérance trouve alors son accomplissement. Seul l’amour persiste. De même, sans amour, l’Église est morte. Sans amour, notre liturgie est vide. « Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour » (1 Jean 4,7-8)

L’amour participe à la nature même de Dieu. C’est ainsi que Dieu est présent dans le monde. C’est ainsi que sa présence demeure en nous - comment sa vie demeure en nous. Cette vie-amour, si elle est pratiquée, si elle est vécue, devient de plus en plus mature, de plus en plus mûre, elle devient aoinos.

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Le questionnement

Auteur: Zbigniew Krysiewicz
Date: Vendredi 30 avril
Référence: Jean 14,1-6

 

Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? »

Après un si long temps passé ensemble, après avoir été témoins des miracles accomplis par Jésus, après avoir écouté ses paroles, ses prédications, ses explications, il semble que les disciples n’ont rien compris. Et Thomas pose cette question innocente: "en fait, où vas-tu, je n’ai pas tout à fait compris…"

Cette question nous montre quelque chose de crucial. Être disciple de Jésus signifie ne pas avoir peur de parfois poser des questions complètement naïves, voire stupides. J’ai de l’admiration pour Thomas. Au lieu de prétendre avoir tout compris comme un bon étudiant le ferait, il a posé une question pour s’assurer de tout comprendre parfaitement. C’est cette question qui fait de lui un véritable disciple, celui qui ose désirer connaître ce que le Maître a à lui dire, le message qui lui servira toute sa vie. Et c’est le même Thomas qui, plus tard, questionnera la Résurrection de son Maître en disant : « à moins que je ne touche son côté, je ne croirai pas ». Et c’est encore le même Thomas qui exprimera plus tard : « Mon Seigneur et mon Dieu ! », avec les yeux remplis de larmes d’amour et de confiance.

Les questions honnêtes nous conduisent à la vérité. Jésus a dit une fois : « ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. », c’est-à-dire à ceux qui sont prêts à écouter et à poser des questions ; à ceux qui gardent l’esprit ouvert et ne prennent pas tout pour acquis ; ceux qui ne prétendent pas tout savoir ; ceux qui ne jouent pas aux savants ; ceux qui comprennent que la vie et les mystères de Dieu sont bien plus grands que les définitions faciles et toutes-faites. Être disciple de Jésus c’est reconnaître qu’il y a toujours plus à découvrir que ce que l’on sait déjà; c’est conserver l’humilité et l’honnêteté de se dire qu’il y a toujours beaucoup à apprendre. Cette ouverture nous permet d’être enseignés par le seul Maître ; d’apprendre comment devenir aionios.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Supergemotiveerd


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La connaissance

Auteur: Zbigniew Krysiewicz
Date: Samedi 1er mai
Référence: Jean 14,7-14

 

Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres.

Les paroles de Dieu sont différentes. Elles n’ont aucune forme grammaticale propre, elles ne sont pas mises en phrases, elles ne peuvent pas être prononcées. Elles doivent être vécues.

Nous pouvons bien avoir appris ce que nous savons au sujet de Dieu par nos familles, nos professeurs, nos prêtres, nos amis ou n’importe qui d’autre ; nous pouvons étudier minutieusement et en profondeur, nous pouvons chercher de toutes nos forces ; nous pouvons bien avoir été informés sur ses mystères, sur sa gloire, sa tendre compassion et son pardon inépuisable ; nous avons pu assembler une certaine connaissance à son propos, et nous pouvons même donner une réponse propre à la question le concernant si quelqu’un nous demande. Mais cette réponse reste au niveau de la spéculation. Toutes les informations que nous pouvons amasser concernant Dieu restent superficielles.

La vérité est que seul Dieu peut nous révéler Dieu. Nous ne pouvons connaître Dieu qu’à travers Dieu. Toutes les autres définitions de Dieu restent externes. Nos mots et nos pensées nous amènent à la porte de son mystère, mais ils n’apportent pas la clé pour entrer. Seul Dieu peut nous révéler Dieu. Il est le seul Maître. Le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres.

« Personne n’est capable de dire : ‘Jésus est Seigneur’ sinon dans l’Esprit Saint » (1 Cor 12,3). Personne n’est capable de dire qui est Dieu sinon dans l’Esprit Saint. C’est l’œuvre de l’Esprit Saint qui permet de révéler le mystère de Dieu en nos cœurs et en nos esprits. C’est l’Esprit Saint qui « vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables. » (Rom 8, 26). C’est ainsi que nous expérimentons un âge au-delà du temps. La vie éternelle. La connaissance de Dieu.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Meer dan alles


Crédit photo : Flickr/Lawrence OP

Méditations en néerlandais

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