50 jours pour vivre le temps pascal

Un corps mystique et économique

Auteur: Aurélien Zincq
Date: Dimanche 11 avril
Référence: Actes 4, 32-35

 

Ils avaient tout en commun. (Actes 4, 32)

Les quelques versets des Actes que nous lisons aujourd’hui esquissent le portrait d’une communauté chrétienne idéale. Des hommes et des femmes de toute condition et de toute provenance vivent ensemble comme s’ils possédaient « un seul cœur et une seule âme ». Cette métaphore vaut la peine d’être relevée. Elle indique que la multitude des croyants, par la commune confession de la résurrection du Christ, est réunie de façon à constituer un « organisme ». N’est-ce pas là toutefois une image trop romantique ou idéaliste de la communauté chrétienne primitive ? En réalité, ce qui lie les membres de cet organisme prend une forme bien concrète : la mise en commun de tous les biens. La multitude ne vit pas que d’amour et d’eau fraîche – même si cet amour est celui du Christ et cette eau celle de la grâce. C’est une certaine gestion des biens matériels qui agrège les membres de la première communauté chrétienne. L’Église primitive témoigne de ce que le corps mystique du Christ est aussi un corps économique.

Un théologien protestant a parlé d’un « communisme de l’amour » pour définir la première communauté chrétienne. Ne nous laissons cependant pas trop séduire par l’expression. Il ne semble y avoir nulle forme d’égalitarisme dans la communauté des croyants. En effet, les apôtres y jouissent d’un statut prééminent. Si une grande grâce repose sur tous les membres, une grande puissance marque spécifiquement le témoignage rendu par les apôtres. Cette puissance s’exprime dans la gestion des biens communautaires. Les Actes n’hésitent pas à décrire le système économique en place : « Tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons les vendaient, et ils apportaient le montant de la vente pour le déposer aux pieds des Apôtres » (Ac 4, 34-35). Il revenait ensuite à ces derniers d’évaluer leur répartition auprès des membres de la communauté. Ici encore, on est plongé dans le concret : les biens sont distribués « en fonction des besoins de chacun » (Ac 4, 36). Y a-t-il plus bel idéal matériel, sur cette terre, que de recevoir ce dont on a vraiment besoin ? Ni trop, ni trop peu. Suffisamment pour vivre décemment, mais pas trop pour ne pas se perdre dans le superflu. Cet idéal de la communauté des biens tel que pratiqué par l’Église primitive connaîtra une postérité des plus diverses. S’il est inscrit dans la règle des ordres mendiants (par exemple les Dominicains et les Franciscains), la double exigence de mise en commun des biens et de leur répartition selon les besoins de chacun constitue une « utopie » qui n’est pas près d’être appliquée à l’ensemble des chrétiens. Toutefois, est-il possible aujourd’hui de s’en inspirer ? Sous quelle forme l’utopie de la communauté primitive peut-elle ouvrir un horizon de sens pratique dès à présent ?

Trois enseignements relatifs à notre quotidien peuvent être tirés de ce passage des Actes. Premièrement, il faut prendre attention au fait que la mise en commun des biens relève de la liberté de chacun des membres de la communauté. Personne n’est forcé de vendre et de donner. Les membres de la communauté, comme le défendra Pierre, sont libres de faire ce qu’ils veulent de leurs biens et de leur argent (Ac 5, 4). Le don à la communauté ne peut être extorqué. Chacun est libre de donner – ou pas. Nous pouvons, nous aussi, faire nôtre cette liberté du don. Tout en étant conscient des nécessités auxquelles doit faire face notre communauté et notre Église, sachons donner librement, sans oublier les finalités concrètes auxquelles va servir notre don.

On notera ensuite que la dynamique du don concerne l’ensemble de la communauté – et pas seulement les apôtres. La mise en commun et le partage des biens est le fait de tous les membres de la communauté. L’Église est soutenue librement par tous ses membres. Il n’y en a pas qui sont plus « égaux » que d’autres… En transposant à notre époque, on dirait que ce ne sont pas certains membres de l’Église (les religieux, par exemple) qui pratiquent la mise en commun des biens, mais l’ensemble des baptisés. Bien sûr, cela reste un idéal. Mais il peut nous inspirer à nouveau : ne laissons pas reposer sur la tête de quelques-uns l’exercice de la charité communautaire. Si le corps mystique du Christ – l’Église – est aussi un corps économique, alors n’hésitons pas à nous engager sur ce plan aussi. À l’idéal de la mise en commun des biens peut venir répondre celui de la pratique active de l’aumône et de l’investissement de notre temps pour l’Église (Ac 9, 36).

Enfin, un point important est celui de l’attention qui prévaut dans la redistribution des biens. Certes, « à chacun selon ses besoins », mais encore faut-il connaître ces besoins. Cela demande attention, écoute et discernement. Le nécessaire qui revient à chacun n’est pas attribué arbitrairement, selon des critères décidés à l’avance et sans aucun soin pour la personne concernée. À nouveau, nous sommes loin de toute idée de rationalisation et de planification… Pour distribuer les biens en fonction des besoins, il importe de connaître l’autre et de le reconnaître aussi dans ses manques. Ce soin apporté à ce dont l’autre a besoin c’est, là encore, une attitude que nous pouvons faire nôtre : ne pas nous substituer à la volonté d’autrui, mais être à son écoute.

La communauté des biens telle qu’elle a été vécue par l’Église primitive reste un idéal qui doit nous guider aujourd’hui encore – et peut-être plus que jamais en cette période où les inégalités de richesses n’ont jamais été aussi importantes. Ce n’est pas parce qu’une forme de vie appartient au passé et que, de prime abord, elle paraît très éloignée de notre style de vie actuel que nous ne pouvons pas nous l’approprier. Dès les débuts de l’Église, le message d’amour et de liberté de Jésus s’est concrétisé en termes économiques. Cela doit toujours inspirer notre engagement chrétien.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands : Thomas of de tweeling geloof en twijfel

Celui qui ne connaît pas l’histoire est-il condamné à la revivre ?

Auteur: Aurélien Zincq
Date: Lundi 12 avril
Référence: Actes 4, 23-31

 

Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. (Jn 3,8)

Vous connaissez peut-être cette citation, faussement attribuée à Karl Marx : « Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre »…. Il semble que les apôtres la connaissaient déjà ! Pierre et Jean qui guérissent un infirme, qui enseignent la résurrection du Christ, qui sont arrêtés par les grands prêtres, accusés puis relâchés faute qu’une raison ait été trouvée pour les condamner… Il y a là comme un air de « déjà-vu ». Quelques temps auparavant, Jésus était arrêté et accusé devant le Sanhédrin, mais il devait hélas connaître la fin que l’on sait…

Contre toute attente, les apôtres sont libérés et peuvent venir raconter à la communauté ce qu’ils ont vécu et comment ils s’en sont sortis. Tous poussent des cris de joie et demandent à Dieu de leur donner, comme à Pierre et à Jean, l’assurance nécessaire pour proclamer la Parole. À cette demande, Dieu répond favorablement. Le local où ils étaient rassemblés se met à trembler : une nouvelle Pentecôte se produit, inattendue. L’Esprit, nous avait prévenu Jésus, est comme le vent : il souffle où il veut et, si l’on entend sa voix, on ne sait ni d’où il vient ni où il va (Jn 3, 8).

L’histoire aurait pu se répéter. Cela n’a pas été le cas. Pierre a-t-il tiré les leçons de son expérience passée ? On peut l’espérer. Mais ce qui a changé, depuis la dernière Pâque, c’est l’attitude fondamentale de Pierre : il accepte enfin que l’Esprit s’empare de lui. Il ose ! Aujourd’hui, acceptons nous aussi que le souffle de l’Esprit s’empare de nous. N’ayons pas peur et ouvrons-nous à ce que Dieu voudra faire advenir !

Lees de meditatie van de dag in het nederlands : Je moet van twee kanten komen om elkaar te ontmoeten (Stef Bos)


Crédit photo : Flickr/Lawrence OP [CC]

Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve

Auteur: Aurélien Zincq
Date: Mardi 13 avril
Référence: Jean 3, 7b-15

 

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. (Jn 3, 14-15)

« De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé » (Jn 3, 14). La comparaison que fait Jésus de sa propre mort avec l’épisode du serpent de bronze a de quoi surprendre. Pourquoi Jésus se compare-t-il lui-même à un serpent ? Au premier abord, cela ne semble pas une image très bien choisie : le serpent est en effet un animal connoté négativement dans les Écritures… Y en aurait-il alors une signification positive et bénéfique ?

Dans l’épisode auquel Jésus fait référence (Ex 21, 4-9), le peuple hébreu est en plein désert et se met à douter de Dieu. Celui-ci leur envoie alors des serpents pour les punir de leur manque de confiance. Le peuple implorant Moïse, il intercède en sa faveur auprès de Dieu, qui lui demande alors de planter un serpent tout en haut d’un mât – ce sera le fameux serpent de bronze. Ainsi, dès qu’une personne sera mordue, elle regardera le serpent et sera guérie. Le poison est désormais le remède. Le peuple met de nouveau sa confiance en Dieu.

Le corps de Jésus crucifié peut signifier toute la souffrance et la misère dans le monde : un innocent est mis à mort sauvagement. Mais ce corps que nous contemplons, c’est aussi celui qui nous sauve. De symbole de mort, la croix est devenue symbole de vie. Le serpent tuait, il devient à présent ce qui guérit. Il en va de même pour nous : la mort étend parfois son ombre sur nos vies. Nous préfèrerions la fuir. La Bible suggère plutôt que c’est à regarder ce qui nous fait peur que nous pouvons nous en libérer. Si, comme le dit le poète Hölderlin, « là où croît le péril croît aussi ce qui sauve », nous savons désormais, nous Chrétiens, que « là où le péché abonde, la grâce surabonde » (Rm 5, 20).

Lees de meditatie van de dag in het nederlands : Ik geef je een levend hart

Un ange passe

Auteur: Aurélien Zincq
Date: Mercredi 14 avril
Référence: Actes 5, 17-26

 

Pendant la nuit, l’Ange du Seigneur ouvrit les portes de la prison et les fit sortir. (Ac 5, 19)

Arrêtés pour avoir prêché publiquement, les apôtres s’apprêtent à passer la nuit en prison – « sous bonne garde », précise-t-on. Or, pendant la nuit, un ange du Seigneur vient ouvrir les portes de la prison et les fait sortir. Stupéfaction du Sanhédrin qui s’attendait à juger les apôtres au petit matin ! Comment, se demandent les grands prêtres, ont-ils pu s’échapper ? Le cachot était parfaitement verrouillé et les gardes étaient en faction devant les portes ! Cerise sur le gâteau, on vient leur annoncer que les apôtres se tiennent à nouveau dans le Temple et continuent à enseigner.

Un ange du Seigneur ?... Un allié secret des apôtres parmi les gardes ? Une personne courageuse qui trouve inique de mettre en prison des hommes qui guérissent et qui expulsent les esprits impurs ? Cette figure de l’ange qui vient libérer les apôtres de leur geôle me fait penser à ces « petites mains » de la Résistance durant la deuxième guerre. Je ne parle pas des grands résistants, mais de tous ceux qui, inconnus, comme l’ange, ont accepté de délivrer un message, de faire parvenir de la nourriture, ou ont ouvert une porte quand on la croyait définitivement fermée.

Il y a de nombreux anges dans le monde. Dans les brumes du quotidien, on ne les distingue pas toujours très bien… Ils sont pourtant bel et bien présents : actifs et œuvrant à notre salut. On pensait se trouver dans un cachot obscur et voilà que quelqu’un vient en ouvrir la porte… comme par miracle. Nous aussi soyons ces anges.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands : Wees altijd verheugd!


Crédit photo : Flickr/damian entwistle [CC]

Du ciel à la terre

Auteur: Aurélien Zincq
Date: Jeudi 15 avril
Référence: Actes 5, 27-33

 

Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous. Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. (Jn 3, 31)

La troisième demande du Notre Père se dit en latin « Fiat vo­luntas tua, sicut in cae­lo et in terra », que l’on traduit en français par « Que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel ». Vous l’aurez sans doute remarqué, le ciel et la terre sont inversés en français. Ce n’est pas grave. La demande reste identique sur le fond. Toutefois, cela nous fait perdre une partie du dynamisme qui anime la prière. Le passage du ciel à la terre a son importance. Cet ordre articule les demandes « célestes » aux demandes « terrestres ». Du ciel à la terre, cela veut dire que nous passons des demandes pour Dieu lui-même (la sanctification de son Nom, la venue de son Règne, l’accomplissement de sa Volonté) aux demandes qui nous concernent (le pain, le pardon des offenses, la protection contre les tentations et la délivrance du mal).

Les apôtres jouent le rôle de transmetteur entre le ciel et la terre. Ils continuent l’entreprise initiée par Jésus – « Celui qui vient d’en haut ». Dans l’évangile de Jean, il est écrit que « Celui qui vient du Ciel est au-dessus de tous, il témoigne de ce qu’il a vu et entendu » (Jn 3, 31-32). Désormais, il revient aux apôtres de poursuivre le mouvement de transmission du ciel à la terre. Eux aussi doivent proclamer ce qu’ils ont vu et entendu. Ils ont pour tâche de continuer à communiquer ce qui vient d’en haut. Cette tâche est à présent la nôtre.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Getuigen is een levenshouding

Que ta volonté soit faite !

Auteur: Aurélien Zincq
Date: Vendredi 16 avril
Référence: Actes 5, 27-33

 

Si leur résolution ou leur entreprise vient des hommes, elle tombera. Mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez pas les faire tomber. (Ac 5, 38-39)

Le pharisien Gamaliel passe pour un sage, un homme de bien. C’est à lui, en effet, que les apôtres doivent d’avoir été libérés. L’argument utilisé par Gamaliel est simple : si l’entreprise des apôtres vient des hommes, alors elle s’écroulera d’elle-même ; si leur entreprise vient de Dieu alors, bien sûr, elle subsistera. Convaincu par l’argumentation du docteur de la loi, le Conseil décide de relâcher les apôtres. Les membres du Conseil s’en tirent à bon compte : ils évitent la colère des hommes – qui pourraient leur reprocher d’avoir assassinés les apôtres bien qu’ils n’avaient commis aucune faute – et ils évitent la colère de Dieu – au cas où, effectivement, l’initiative de la mission de Pierre et de ses amis viendrait de Lui. Gamaliel est prudent : il vaut mieux ne pas se trouver en guerre contre Dieu !

À première vue, l’idée de Gamaliel parait la plus humaine. Elle laisse aux apôtres le bénéfice du doute. Mais est-ce bien le cas ? Ne serait-ce pas plutôt un profond scepticisme qui anime la proposition de Gamaliel ? On peut penser que Gamaliel ne croit pas à l’origine divine de la mission des apôtres. Sa proposition serait un subterfuge pour que le Conseil ne doive pas prendre position. Sous l’apparence de s’en remettre à Dieu, la proposition de Gamaliel peut être vue comme l’exemple parfait d’une attitude qui ne désire pas accomplir la volonté de Dieu. Les grands prêtres ne souhaitent que poursuivre leurs propres intérêts. Ils n’ont aucune envie de se mettre à l’écoute de la Parole.

Nous aussi nous agissons parfois comme Gamaliel. Nous laissons les choses suivre leur cours, nous disant que ce qui doit arriver finira bien par arriver. Au contraire, ce qui importe est de savoir comment agir ou ne pas agir. Il faut pour cela vouloir que s’opère en nous un discernement salutaire. Avec Jésus et les apôtres, nous pouvons dire : « Que ta volonté soit faite » !

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Met mijn hart kijken met jouw hart


Crédit photo : iStock/allanswart

La table et la parole

Auteur: Aurélien Zincq
Date: Samedi 17 avril
Référence: Actes 6, 1-7

 

Il n’est pas bon que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables. (Ac 6, 2)

« Il n’est pas bon que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables ». De prédicateurs, les apôtres seraient-ils devenus des aubergistes ? Que veut dire cette étrange expression « servir aux tables » ? On imagine Pierre et ses amis un tablier autour des reins servant à table rafraichissements et petites préparations traditionnelles. Effectivement, ils ont sans doute d’autres choses à faire que de jouer au serveur. En réalité, le service des tables signifie, dans le langage imagé de l’époque, le service caritatif : distribuer des aliments et des soins aux plus démunis. C’était une pratique courante à la synagogue – que les apôtres ont repris. Mais n’est-ce pas là, au fond, l’essentiel du message chrétien : venir en aide aux plus pauvres ? Est-ce qu’il ne vaut pas mieux, parfois, délaisser la chaire pour le service de la chair ?...

Mais l’homme ne se nourrit pas seulement de pain, disait Jésus. Et si les apôtres négligent le service de la Parole, alors qui enseignera ? Qui fera des disciples qui iront à leur tour faire connaître la bonne nouvelle qui nous a été révélée en Jésus ? Hegel écrit quelque part : « Occupez-vous de vous nourrir et de vous vêtir, le Royaume de Dieu vous sera donné de surcroît ». On imagine mal le Royaume rempli d’affamés. Les chrétiens doivent prendre leur part, et une large part, dans les services caritatifs. Mais si on ne sait pas que l’on travaille au service du Royaume à venir, alors toutes nos bonnes actions restent sans visée, sans finalité. Elles sont des actes de réconfort qui touchent seulement la chair et non l’esprit. Le service des tables doit être au service de la Parole.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands : 400 x wees niet bang!


Crédit photo : iStock/LucaLorenzelli

Méditations en néerlandais

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