50 jours pour vivre le temps pascal

Pentecôte

Auteur: Philippe Cochinaux
Date: Dimanche 23 mai
Référence: Jn 15, 26-27 ; 16, 12-15

 

"L’Esprit de vérité vous conduira dans la vérité tout entière." (Jean 16, 13) 

Avez-vous déjà remarqué que la Pentecôte est une histoire à couper le souffle. Elle est tellement extraordinaire, que je manque de souffle pour vous la raconter au risque même de m'essouffler sans pour autant craindre de rendre le souffle. La vie vaut tellement la peine d'être vécue. Reprenant alors mon souffle, je me dis que c'est époustouflant ce qui est arrivé il y a deux mille ans. Il est d'ailleurs étonnant de constater que cette fête de la Pentecôte n'a plus tellement la côte parmi de nombreux chrétiens aujourd'hui [...]

Le cri du Cerf

Auteur: Ludovic Namurois
Date: Samedi 22 mai
Référence: Jean 16, 13

 

Une très ancienne légende raconte que saint Patrick, qui se rendait à Tara pour y porter la foi chrétienne, échappa à une embuscade dressée par le roi païen Lóegaire mac Néill grâce au pouvoir d’une hymne de sa composition.

Alors qu’ils priaient, le saint patron de l’Irlande et ses compagnons apparurent à leurs agresseurs sous la forme d’une horde de cerfs sauvages et, ainsi protégés par la miraculeuse illusion, arrivèrent sans encombre à destination.

Extrêmement populaire dans le monde anglo-saxon la « Cuirasse » ou « Lorica » de saint Patrick a également inspiré le compositeur Estonien Arvo Pärt dont l’œuvre chorale « The Deer’s cry » (2007) reprend presque intégralement le texte des strophes 8 et 9. En voici une version interprétée en 2019 par l’ensemble vocal VOCES8.

La philosophe Simone Weil écrivait : « le Christ aime qu’on lui préfère la vérité, car avant d’être le Christ, il est la vérité. »

Plus que jamais en cette veille de Pentecôte, laissons l’Esprit nous mener à « la vérité ». Elle qui n’est ni un corpus de pensée, ni une collection de dogmes mais qui se vit dans la rencontre intime et la fréquentation assidue de la Parole.

Non content de nous inviter à une rencontre, l’Esprit nous introduit « dans la vérité tout entière », dans une communion toujours plus profonde avec Jésus. Il nous le fait reconnaître au cœur des replis les plus obscurs de notre vie quotidienne et nous permet de rejoindre saint Patrick dans sa prière :

Christ avec moi, le Christ devant moi, le Christ derrière moi,
Christ en moi, Christ en dessous de moi, Christ au-dessus de moi,
Christ à ma droite, Christ à ma gauche,
Christ quand je me couche, Christ quand je m'assieds…
Christ dans le cœur de tous ceux qui pensent à moi,
Christ dans la bouche de tous ceux qui parlent de moi,
Christ dans chaque œil qui me voit,
Christ dans toutes les oreilles qui m'entendent.
Christ avec moi.

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7. L’absence réelle ?

Auteur: Marie Monnet
Date: Vendredi 21 mai

 

Nous utilisons beaucoup une expression que nous ne comprenons pas toujours bien, celle de la présence réelle. Si l’on organise un concert dans une église, on enlève la « présence réelle ». Jésus n’aimerait-il pas la musique ? Cette « présence réelle » n’est-elle pas tout aussi bien une « absence réelle » ? Depuis l’Ascension, les chrétiens ressentent cette absence réelle. Et pourtant, ils ressentent aussi une mystérieuse présence. Ils forment un corps, une communion des saints, qui se joue de l’espace et même du temps. Qu’ils soient célèbres ou non, petits ou grands, nous le rappelons le 1er novembre, et le disons à chaque credo : nous croyons à la communion des saints. Cette communion n’est-elle pas La présence qui transcende toute absence ?

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6. La distance permet d’expérimenter sa propre créativité

Auteur: Marie Monnet
Date: Jeudi 20 mai
Référence: Jn 15, 7-8

 

« Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples » (Jn 15, 7-8). Encore un paradoxe, une apparente contradiction : il s’en va et il demande de « demeurer en lui ». « Demeurer en lui et porter fruit », vivre dans le souffle de sa créativité. Expérimenter sa présence dans un retrait qui oblige aux initiatives, qui contraint à faire des choix. L’Esprit est celui qui personnalise, qui responsabilise, qui met l’Église, l’humanité, « en demeure » de décider. Il n’est pas interdit de demander l’intelligence, l’élan et la constance pour accomplir la part qui nous revient.

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5. La distance permet le don de l’Esprit

Auteur: Marie Monnet
Date: Mercredi 19 mai
Référence: Jean 16, 5-7

 

« Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande : “Où vas-tu ?” Mais, parce que je vous dis cela, la tristesse remplit votre cœur. Pourtant, je vous dis la vérité : il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. » Comment comprendre cette affirmation très dure : « Il vous est bon que je m’en aille » ? Comment percevoir que cette absence est condition d’un autre type de présence, celle de l’Esprit ? En ne cherchant pas d’abord à le comprendre mais à l’expérimenter, et cela en y croyant à fond : l’Esprit nous est donné. Et cela se ressent dans ce que l’on fait.

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4. La distance fait naître la parole

Auteur: Marie Monnet
Date: Mardi 18 mai

 

Quand on est loin, il faut s’écrire ou s’appeler, se risquer dans les mots. Entre les amoureux, un temps de séparation, d’impatience et de distance, est souvent le temps privilégié d’un échange fondateur. Cette recherche de l’autre traverse toute la Bible, depuis « Adam, où es-tu ? » jusqu’au « Maranatha, viens Seigneur Jésus », en passant par le « Où est-il ton Dieu ? » du psaume 41 ou bien le soupir de la bien-aimée du Cantique des Cantiques : « où est-il celui que mon cœur aime ? » (Ct 3,1). L’absence, la frustration accentue le mystère, fait monter le désir. Elle conduit à parler, à se dire, à s’avouer, à connaître le risque d’une réponse imprévue.

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3. Nécessaire séparation : l’envoi

Auteur: Marie Monnet
Date: Lundi 17 mai

 

Jourdain de Saxe, second Maître de l’Ordre des Prêcheurs, évoque le moment décisif où saint Dominique a décidé de « disperser les frères ». « Il invoqua le Saint-Esprit. Il convoqua tous les frères et leur dit qu'il avait pris dans son cœur la décision de les envoyer tous à travers le monde, en dépit de leur petit nombre, et que désormais ils n'habiteraient plus tous ensemble » *. Cette décision est fondatrice de l’itinérance dominicaine, en écho à l’itinérance évangélique.  « Vous serez dispersés ». Fini le temps où vous étiez entre vous, partageant les mêmes références, les mêmes racines, le même humour.  Il ne s’agit pas d’un choix personnel mais d’un envoi en mission. Les frères de Dominique ne comprennent pas sa décision. « Chacun s'étonna de l'entendre proclamer catégoriquement une décision si rapidement prise ». Il leur répondit « Je sais ce que je fais ». Jésus disait : « Le grain entassé pourrit ».

 *Libellus de principiis Ordinis Praedicatorum

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2. Douloureuse séparation : « vous aurez à souffrir »

Auteur: Marie Monnet
Date: Dimanche 16 mai

 

Partir, c’est mourir un peu. L’Ascension de Jésus est, pour les apôtres, une nouvelle séparation, un nouveau traumatisme. La passion, comme le mot l’indique, était subie. Il s’agit maintenant d’un abandon volontaire. Seraient-ils abonnés aux séparations ? Leur faudra-t-il s’y habituer ? Mais comment pourrait-on le vivre sereinement ? Jésus lui-même est inquiet : « dans le monde, vous aurez à souffrir ». Dans sa prière, il dit son angoisse : « le monde les a pris en haine », parce qu’ils ont accueilli sa Parole. Mais le temps est fini où il pouvait « veiller sur eux ». Il est vrai que l’un d’eux s’est perdu, et qu’il fut impossible de l’en empêcher. Mise en abîme de notre liberté.

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1. Bienheureuse séparation

Auteur: Marie Monnet
Date: Samedi 15 mai

 

« Je pars » mais « je serai avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ». C’est cette absence-présence que nous interrogerons ensemble cette semaine, entre l’Ascension et la Pentecôte.

Dans la Genèse, Dieu crée par séparation. Séparation des ténèbres et de la lumière, séparation des eaux d’en haut et des eaux d’en bas, du sec et de l’humide. Séparation des espèces, séparation de l’homme et de la femme… La séparation, par la parole, permet de sortir de la confusion, de sortir du « chaos » dit-on en grec, du « tohu-bohu » dit-on en hébreu. « Je pars », dit Jésus. Et nous ne savons pas bien où il va. « Je pars » disait Abraham. Il ne savait pas où il allait… Moïse entraîne les hébreux vers la terre promise : c’est encore un départ, un exode, condition de liberté. Certes, ils sont tous morts dans le désert, mais un peuple y est né. Comment pourrait-il y avoir une naissance sans une séparation ? Nous le vivons à notre manière en temps de pandémie. Aussi pénible que cela puisse être, la séparation, la quarantaine, la distance ne sont-elles pas les plus sûrs moyens de la survie ?

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: De hemel aarden


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Le sourire de l'Ange

Auteur: Ludovic Namurois
Date: Vendredi 14 mai
Référence: Jn 1,50

 

Vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme.

Parmi les centaines de statues qui peuplent la cathédrale de Reims, il en est une qui attire le regard du visiteur attentif. Elle est nichée à gauche du portail nord de la façade occidentale de l’édifice. Cette sculpture figure un ange à la posture pleine de vie, au visage légèrement penché vers le spectateur, aux yeux rieurs et au sourire énigmatique qui semble nous inviter à participer à la joie du ciel dont il est le messager.

En septembre 1914, alors que la ville est pilonnée par les tirs de l’artillerie allemande, l’échafaudage situé sur le portail nord prend feu. L’incendie provoque l’effondrement de poutres enflammées. L’une d’elle décapite l’ange. Sa tête tombe au sol quatre mètres plus bas et se brise. Après la guerre, le chef est reconstitué à partir des fragments d’origine et remis à sa place en 1926.

En voici un, dirait Trenet, qui a su « garder quelques sourires pour se moquer des jours sans joie » ! J’aime imaginer que depuis plus de 800 ans, à travers toutes les vicissitudes de l’histoire, l’ange réaffirme la solidité de la promesse qui nous as été faite : le mal, la souffrance et la mort n’auront pas le dernier mot !

Aux corps éthérés, je préfère certes la compagnie glaiseuse de mes semblables mais je pense qu’il faut prendre garde à cette sclérose de la pensée et du cœur qui tendrait à réduire la communauté du vivant à notre humanité et à ce qui lui ressemble.

L’Ange au sourire m’invite à me réjouir de cette fraternité cosmique qui prend sa source dans l’amour infini de Dieu pour toute la Création.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Tot het uiteinde van de aarde

Le temps des témoins

Auteur: Ludovic Namurois
Date: Jeudi 13 mai
Référence: Ac 1, 1-11

 

Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. (Ac 1, 11)

Lors de réunions de famille ou de rencontre amicales, peut-être avez-vous déjà été confrontés à la frustration que génère le comportement de ces personnes qui semblent s’intéresser à ce que vous avez à dire mais qui, tout en acquiesçant à vos propos, ramènent inlassablement la discussion à leurs propres opinions, voire à leurs obsessions.

Les disciples semblent être atteints par cette manie. Le verset 3 nous apprend que Jésus leur a parlé du Royaume de Dieu durant les quarante jours de ses apparitions. Eux le questionnent à propos du royaume pour Israël. Ils en sont encore à attendre la restauration de la royauté de David selon les prophéties messianiques en caressant le souvenir d’un passé glorieux, alors que le Christ parle d’un temps radicalement nouveau.

« Il ne vous appartient pas de connaître les temps (chronos) et les moments (kairos) » leur dit-il. Le choix des mots grecs n’est pas innocent. Nous pourrions paraphraser en disant : « Il ne vous appartient pas de connaître le moment particulier de la manifestation de Dieu dans le continu du temps humain ». Toutes les spéculations sur le sujet sont vaines car cette question relève du mystère de Dieu.

Ce qui est certain, en revanche, c’est que la séparation est imminente. Avec l’aide de l’Esprit qui leur est une nouvelle fois promis, les apôtres sont invités à abandonner leurs chimères et à se préparer à accueillir en eux le Royaume.

Enfin, à l’instant même où Jésus disparaît dans la nuée, les anges annoncent sa venue déployant ainsi, entre l’Ascension et la Parousie, le temps des témoins de l’Évangile, notre temps si nous avons pris garde à ne pas nous brûler les yeux à « scruter le ciel » ou à ne pas nous égarer à « chercher le vivant parmi les morts. » (Lc 24,5)

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Tot leven gedragen


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Laisser partir

Auteur: Ludovic Namurois
Date: Mardi 11 mai
Référence: Jn 16, 5-11

 

Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande : “Où vas-tu ?” Mais, parce que je vous dis cela, la tristesse remplit votre cœur.

Le Seigneur parle une nouvelle fois de son départ. Quelques pages plus tôt, à Thomas qui reconnaissait ignorer où il allait, Jésus a répondu : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »

Dans le passage que nous lisons aujourd’hui, ne subsiste que le silence, une sorte de mutisme amer et une bonne dose de tristesse.

Certains prétendent qu’on ne devient adulte que lorsqu’on a perdu ses parents. Jésus connaissait peut-être cette sentence. C’est en tout cas ce que devait penser saint Augustin dans son commentaire à l’évangile de Jean (94, 4) en mettant ces quelques mots dans la bouche du Christ : « Verbe fait chair, j'habite au milieu de vous, sans doute ; mais je ne veux plus que vous m'aimiez d'une manière charnelle, et que contents de ce lait, vous désiriez être toujours des enfants. »

Il sait, Jésus, que certaines séparations font grandir et qu’il lui reste peu de temps pour mener ses disciples de l’affectivité à la foi.

A leur suite, laissons le Christ s’en aller. Il ne nous appartient pas. Laissons-le défricher devant nos pas les chemins qui mènent au Père car Il est la destination de notre voyage. Et puis, acceptons avec gratitude le compagnon de route qui nous est donné : l’Esprit qui, à la différence du Christ terrestre demeure auprès de nous, en nous et pour toujours.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Geen mens ooit verloren


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Les "monstres" innocents

Auteur: Ludovic Namurois
Date: Lundi 10 mai
Référence: Ps. 149, 4

 

Car le Seigneur aime son peuple, il donne aux humbles l’éclat de la victoire.

« Quelles bizarreries ne trouve-t-on pas dans une grande ville, quand on sait se promener et regarder ? La vie fourmille de monstres innocents. » La lecture de ces quelques lignes tirées des Petits Poèmes en prose de Baudelaire me ramène en mémoire le souvenir du fantôme perdu dans un pardessus délavé, pieds nus dans des godillots, cheveux ébouriffés, regard habité, qui par un froid matin d’hiver m’a prophétisé la venue du « règne des rats ».

La misère nous désarçonne quand elle n’a pas le bon goût de rester à distance, quand, par surprise, elle nous saute à la gorge. Le plus souvent, nous détournons le regard, nous pressons le pas et ravalons notre mauvaise conscience. Ce jour-là, dans une ruelle déserte, j’ai écouté un de ces « monstres » égrener le chapelet de ses échecs. Et, lorsque je lui ai demandé ce que je pouvais faire pour lui, il m’a répondu : « Tu t’es arrêté, ce n’est déjà pas si mal. Je peux me passer d’à peu près tout si un regard croise le mien, de temps en temps. »

Depuis, lorsque le dégoût, la gêne ou l’indifférence me guette, je mets ma prière dans le cri du poète : « O créateur ! Peut-il exister des monstres aux yeux de Celui-là seul qui sait pourquoi ils existent, comment ils se sont faits et comment ils auraient pu ne pas se faire ? ».

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Een man wandelt met zijn schaduw


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Demeurez dans mon amour

Auteur: Ludovic Namurois
Date: Dimanche 9 mai
Référence: Jn 15, 9-17

 

Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.

Aimer n’est donc pas suffisant ! Il nous faut donc aimer comme Jésus nous a aimé et même donner notre vie pour ceux que nous aimons de cet amour. Je confesse avoir longtemps hésité à escalader cette montagne dont le sommet paraît inaccessible à toute personne ordinaire.

Nous percevons bien que ce dont il est question ici n’a rien à voir avec une recherche de bonheur et d’épanouissement. L’amour-désir, proprement humain, est certes moteur du progrès personnel et social mais il est ambivalent, capable du meilleurscomme du pire. Du meilleur lorsqu’il nous incite à œuvrer pour la justice, la paix et le bien commun, mais aussi du pire lorsqu’il nous pousse à utiliser les autres comme marchepieds ou objets de plaisir. Nous voudrions qu’il comble les manques, les failles, de notre nature humaine mais au bout du compte il nous laisse le plus souvent déçus, tristes et insatisfaits.

Pour exprimer l’amour auquel nous convoque Jésus, les premiers chrétiens ont dû développer un nouveau vocabulaire. Le mot grec agapè, qui revient comme un mantra dans ce passage, désigne le don de soi, l’amour gratuit, désintéressé. De cet amour-agapè nous sommes incapable par nous mêmes. L’apôtre Paul nous dit qu’il « a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint » (Rm 5,5). Accepter ce don, en vivre, nous permet d'adopter le regard que Dieu porte sur chaque être. Un regard qui relève, encourage et soigne l’humanité blessée.

« On ne fait rien pour rien » disait mon grand-père maternel qui ne croyait ni à Dieu, ni à diable. Adolescent cette affirmation m’attristait d’autant plus que je ne trouvais aucun exemple pour la contredire. Aujourd’hui, le Christ vient une nouvelle fois nous dire : « Demeurez dans mon amour » et soudain, il devient envisageable de recevoir chaque homme, chaque femme, comme notre frère ou notre sœur, inconditionnellement et qu’ainsi « notre joie soit parfaite » !

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Bestaan in God


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C’est la blessure qui a permis le sauvetage

Auteur: Myriam Gosseye
Date: Samedi 8 mai

 

J’ai fait partie d’un groupe charismatique de "recommençants" et nos questions récurrentes étaient « Pourquoi croyons nous ? » et « qu’avons-nous fait pour cela » ?

Toutes les tentatives de réponses autocentrées telles que : « Sommes-nous meilleurs que d’autres ? » Ou comme : « Avons-nous fait des choses qui méritaient une attention toute particulière de Dieu » ne nous menaient à rien d’autre qu’a une fermeture du cœur sur nous-mêmes et finirent par nous sembler vaines. Une chance pour nous,  car nous aurions pu nous prendre pour " le nombril du monde" ou mieux, pour les "144.000 élus de Dieu".

Ce n’est que  plus tard, au détour d’une lecture commune de l’exhortation apostolique Christifideles Laici de Jean Paul II, que certains d’entre nous retombèrent  de toute leur  hauteur. Dans cette exhortation apostolique,  le pape Jean Paul II, reprenait les paroles que nous avons déjà examinées en début de semaine : « En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn. 15,5,) mais aussi : « C’est moi qui vous ai choisis et établis pour que vous alliez (et) que vous donniez du fruit (…) » (Jn. 15,16).

L’un de nous, viticulteur, nous expliqua  que pour bonifier le vin, on peut pratiquer une greffe, petite blessure par laquelle les deux parties de vignes entrent en contact et les deux sèves se mêlent. C’était donc en réalité une blessure en nous, une fragilité, une faiblesse  qui avait  permis à la sève de la vigne du Christ de nous revitaliser puisque sans Lui nous ne pouvions rien. Nous étions en fait en perdition, et Son attention s’était  particulièrement portée sur nous. Et nous voila revenus à notre vraie hauteur, brebis perdues mais chanceuses au point d’avoir attiré Son regard, d’en être sauvées afin d’être appelées a en faire bénéficier d’autres.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Als de wereld u haat...


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Pour ceux qu’on aime

Auteur: Myriam Gosseye
Date: Vendredi 7 mai

 

Le vendredi, jour du don du Seigneur de Lui-même pour ceux qu’il aime, est un jour à la fois sombre et magnifique mais difficilement compréhensible, en dehors d’une foi pure.

En lisant ce passage des Evangiles qui retracent la Passion de Notre Seigneur, je suis bien souvent tentée  de me dire : c’est insensé ! Qui peut, à part quelques grandes figures extraordinaires, aller  jusque là ? Quelle folie effectivement, comme le dit Saint Paul !

Face à ce sacrifice grandiose et mystérieux du Christ, je ne peux m’empêcher de contempler la petite voie de Sainte Thérèse de Lisieux qui, avec ses "petits " moyens, désire aimer les autres. Dans ses manuscrits autobiographiques, elle écrit à sa prieure : « J’ai compris combien mon amour pour mes sœurs était imparfait (…) ». Mais  plus loin, elle se rend compte que, de sa hauteur, elle peut néanmoins pratiquer « la charité parfaite » car la charité ne « doit point rester enfermée dans le fond du cœur » (Magnificat Mai 2021, p.120).

Bien entendu, cette sainte qu’on appelle "la petite Thérèse" fut  à la fois insignifiante au regard de ses sœurs mais extraordinaire pour le reste du monde. Elle pratiqua cet art du don d’amour dans les plus petits actes, de façon parfaite.

De notre côté, si nous ne pouvons toujours être  de la même trempe, nous pouvons néanmoins suivre, même "petitement" (sic) cette voie qu’elle  nous a montré, nous pouvons même, avec la grâce de Dieu donné à profusion, nous engouffrer par cette porte qu’elle nous a  ouverte. Rien ne nous empêche de développer, autant que faire se peut, au jour le jour, cet art pratique de l’amour qui est l’unique chemin du Royaume.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Dit is mijn gebod


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Une création merveilleuse et fragile

Auteur: Myriam Gosseye
Date: Jeudi 6 mai

 

Après une chute importante qui m’a handicapée pour un long moment, j’ai reçu une  carte illustrée d’une photo de toutes jeunes pousses sur les branches d’un arbre fruitier. Ce symbole de la vie merveilleuse de la création, m’a véritablement emplie de douceur et même de bonheur.

 Ce 5è jeudi de Pâques, la Parole du matin adressée par Paul aux Colossiens, les exhorte à rester enracinés, édifiés dans le Christ Jésus. Et nous voila reporté à la vigne du Seigneur qui nous nourrit de sa Vie et nous fait grandir en sagesse et  en joie si nous y restons solidement attachés.

L’image de la Vie en Christ,  vigne nourricière, ne nous est compréhensible que parce que  nous-mêmes, en notre corps, vivons au sein d’une création qui nous donne vie et nourriture. De ce point de vue, on se rend compte en lisant l’Ancien et le Nouveau Testament, que La Bible n’a pas attendu les écologistes modernes pour nous montrer à quel point cette création est belle, foisonnante, nourrissante pour le corps, l’âme et l’esprit. Depuis le jardin d’Eden perdu, en passant par les lys des champs et le cep de la vigne, Dieu créateur nous a fait naître au milieu d’une merveille fragile dont nous devons prendre soin si nous voulons pouvoir y vivre.

En sa notion d’écologie intégrale, le pape François nous rappelle combien nous ne pouvons dominer  ni la nature ni nos frères et sœurs humains, au risque de tout saccager, comme il nous apparait aujourd’hui. Si nous voulons continuer à vivre en cette création, il nous est rappelé que nous ne pouvons ni posséder, ni détruire notre terre y compris au moyen d’une économie prédatrice. Notre propre bonheur dépend entièrement de l’épanouissement global de toute vie elle-même créée par le  Dieu Vivant.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Blijf in mijn liefde


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Pour que nos cœurs lui répondent

Auteur: Myriam Gosseye
Date: Mercredi 5 mai

 

L’hymne des vêpres proclame dans sa deuxième strophe «  Ses mains ont tout créé Pour que nos cœurs lui répondent »

Je me suis rappelée une conférence  préparée en collaboration avec une théologienne de la faculté de théologie de l’UCLouvain. On s’était inspirées  de la tradition de l’Eglise concernant "l’homme créé à l’image de Dieu" (imago Dei) et des questions que cela pouvait soulever en aumônerie hospitalière. Ainsi se posait la question de savoir jusqu’où, en tant qu’aumônier catholique,  respecter scrupuleusement  la position spirituelle du patient et quand éventuellement considérer comme vital spirituellement de le rencontrer, en abordant de façon directe  cette conception de l’humain « imago Dei », avec tout ce que cela peut vouloir dire en termes de position éthique et anthropologique.

Aujourd’hui encore en lisant cette hymne mais aussi l’affirmation de St Augustin dans un extrait de son sermon 81 (Magnificat mai 2021,p100) : « Autre chose, en effet est ce que nous voulons parce que nous sommes dans le Christ, et autre chose ce que nous voulons parce que nous sommes encore en ce monde », je me dis que, comme chrétiens aujourd’hui,  nous sommes bien souvent perplexes, dans notre propre recherche de ce qui est juste (ajusté)  de désirer pour nous-mêmes mais aussi  pour l’autre avec qui nous entrons en relation.

Comment, même en tant que croyants, pouvoir : « vouloir (uniquement) ce qui n’est pas étranger au salut » comme l’affirme encore ce même sermon 81? A fortiori, lorsque nous sommes baignés dans une culture aussi fortement étrangère à cette conception de la relation essentielle entre l’homme et Dieu ? Le risque est grand soit de tout relativiser, comme l’affirmait le pape Benoit XVI, soit de s’enfermer dans une vérité immuable ; deux positions rassurantes dans un monde aussi complexe.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Elke rank die wel vrucht draagt zuivert Hij


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Amour terrestre et espérance céleste

Auteur: Myriam Gosseye
Date: Mardi 4 mai
Référence: Jn 14, 27-31a

 

Ces dernières années ont vu se multiplier  le nombre de décès tant dans ma famille qu’au sein de notre congrégation. Chaque fois, et certaines fois plus que d’autres, se pose  la même interrogation, celle-là même probablement que laisse  le Christ à ces disciples, lorsque il leur dit avant de les quitter «  Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père » (Jn14, 28a). Comment tenir la juste mesure entre l’authenticité de notre attachement de cœur pour la personne qui s’en va, et la recherche du Royaume entamée dans la foi ?

Il y a quelques années, lors d’un accompagnement que je faisais en aumônerie hospitalière, une maman dont la fillette de 10 ans venait de mourir, se mit, comme on peut s’y attendre, à sangloter de tout son cœur. Soudain, pourtant, relevant la tête, elle me dit qu’elle ne devrait pas pleurer car sa petite lui avait dit, en s’éveillant d’un précédent épisode de "mort cérébrale" : « tu sais maman, quand je mourrai vraiment, tu ne dois pas t’en faire, c’est si beau là bas ! ». Et aussitôt, cependant,  voilà cette pauvre mère qui se remet à pleurer de plus belle. Quel déchirement ce cœur de mère éprouvait-il  de perdre cet enfant de chair et d’os, ce petit être, "chair de sa chair". Quelle difficulté, cette âme de croyante, avait-elle, quoique prévenue,  à concevoir la réalité d’une "autre existence " ou plutôt d’une existence transformée, à la fois la même et toute autre.

Notre cerveau humain peine à concevoir l’ailleurs d’une existence terrestre. Cette affirmation d’une autre vie  parait parfois si désirable mais bien souvent tellement inconcevable. Toute une vie de tension vers le Royaume et même semble-t-il de renoncement progressif aux choses terrestres, semble nécessaire pour tenter d’y  atteindre.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Vrede laat Ik u; mijn vrede geef ik u


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Des géants aux pieds d’argile

Auteur: Myriam Gosseye
Date: Lundi 3 mai
Référence: 1 Co 15, 1-8 & Jn 14, 6-14

 

Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit.

Ce lundi de la 5e semaine de Pâques, nous place sous l’égide de deux des apôtres : Philippe et Jacques. Que du beau monde auquel on peut difficilement se comparer pourrait-on se dire. Et pourtant !

Tous deux ont bien suivis  Jésus tout au long de sa vie. Quelle fidélité !

Chacun à sa manière a promu la foi en Christ ! Le premier, Philippe, désirait de tout son être voir le Père et le faire voir à tous. Le second, Jacques, " frère " de Jésus, va, quant à lui,  jusqu’au martyr pour enfin " aller voir " ce Père dont Jésus a tant parlé. Quelle constance !

La tradition veut aussi qu’on ait  enterré leurs reliques  sous l’autel de la Basilique des douze apôtres à Rome, ils ont donc été fidèles à leur engagement pour le Christ jusqu’au bout. Quel Courage en ces temps difficiles !

Quels hommes, quels défis, quelle hauteur impossible à atteindre pour nous, pauvres mortels !

Et pourtant, comme chacun de nous, ils ont bien eu leurs fragilités, leurs faiblesses. C’est ainsi qu’une remarque  reprise  dans les Evangiles, à un endroit clé de la vie de Jésus,  nous font comprendre que nul, pas même ces géants de la foi, n’est parfait d’emblée.

Ainsi,  l’évangéliste Marc nous fait savoir dans la description de l’arrestation de Jésus au jardin de Gethsémani qu’: "Alors tous l’abandonnèrent et prirent la fuite". Ouf ! Eux aussi donc !

Quoi que nous en pensions du courage et de la fidélité des apôtres et autres saints magnifiques, les Evangiles nous montrent que le chemin à la suite du Christ, celui de la sainteté,  est fait bien souvent, plus de faiblesse  que de grandeur. Ah ! Nous aussi donc !

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La vie secrète des êtres

Auteur: Myriam Gosseye
Date: Dimanche 2 mai
Référence: Jean 15,1-8

 

Lorsque j’entends ce passage de l’ Evangile de Jean (15,1-8), je ne peux m’empêcher de penser à ce beau livre d’un forestier allemand, P. Wohlleben, qui nous dévoile la vie cachée qui foisonne dans nos  forêts, une vie qui se nourrit d’intenses échanges entre ces arbres qu’on croirait pourtant inertes et solitaires.

« Je suis la vigne, vous êtes les sarments » : Le Seigneur, quant à Lui, nous rappelle, il me semble,  combien, dans le secret de nos êtres, coule une sève mystérieuse et magnifique qui se nourrit à la source de Sa Propre Vie. Quelle insondable merveille !

En nous coule donc une Vie intense -  quoiqu’invisible aux aveugles que nous sommes - qui nous parvient d’ailleurs, de plus loin que nous,  de nos multitudes de frères et sœurs humains et au-delà, bien plus loin, bien plus  haut, de notre frère ainé, le Christ, Fils du Dieu Vivant. Il est donc la source qui nous immerge dans la  "vraie" Vie pourrait on dire, celle qui  baigne notre être profond, dans un bain d’Eternité.

« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui là portera du fruit, car en dehors de moi, vous ne pouvez rien  faire » : A l’image de Notre Seigneur, et de tous les êtres célestes, nous restons donc clairement libres pourtant d’en "faire" bon usage ….ou pas. Mais en dehors de Lui cependant : « Nous ne pouvons RIEN faire » ! Rien… c’est moins que rien, comme aurait dit un célèbre humoriste…..IL ne s’y passe pas grand-chose !

Un cadeau vital nous est offert, mode d’emploi inclus : c’est à nous de voir ce que nous décidons. Profonde réflexion ! Grave décision !

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La connaissance

Auteur: Zbigniew Krysiewicz
Date: Samedi 1er mai
Référence: Jean 14,7-14

 

Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres.

Les paroles de Dieu sont différentes. Elles n’ont aucune forme grammaticale propre, elles ne sont pas mises en phrases, elles ne peuvent pas être prononcées. Elles doivent être vécues.

Nous pouvons bien avoir appris ce que nous savons au sujet de Dieu par nos familles, nos professeurs, nos prêtres, nos amis ou n’importe qui d’autre ; nous pouvons étudier minutieusement et en profondeur, nous pouvons chercher de toutes nos forces ; nous pouvons bien avoir été informés sur ses mystères, sur sa gloire, sa tendre compassion et son pardon inépuisable ; nous avons pu assembler une certaine connaissance à son propos, et nous pouvons même donner une réponse propre à la question le concernant si quelqu’un nous demande. Mais cette réponse reste au niveau de la spéculation. Toutes les informations que nous pouvons amasser concernant Dieu restent superficielles.

La vérité est que seul Dieu peut nous révéler Dieu. Nous ne pouvons connaître Dieu qu’à travers Dieu. Toutes les autres définitions de Dieu restent externes. Nos mots et nos pensées nous amènent à la porte de son mystère, mais ils n’apportent pas la clé pour entrer. Seul Dieu peut nous révéler Dieu. Il est le seul Maître. Le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres.

« Personne n’est capable de dire : ‘Jésus est Seigneur’ sinon dans l’Esprit Saint » (1 Cor 12,3). Personne n’est capable de dire qui est Dieu sinon dans l’Esprit Saint. C’est l’œuvre de l’Esprit Saint qui permet de révéler le mystère de Dieu en nos cœurs et en nos esprits. C’est l’Esprit Saint qui « vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables. » (Rom 8, 26). C’est ainsi que nous expérimentons un âge au-delà du temps. La vie éternelle. La connaissance de Dieu.

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Le questionnement

Auteur: Zbigniew Krysiewicz
Date: Vendredi 30 avril
Référence: Jean 14,1-6

 

Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? »

Après un si long temps passé ensemble, après avoir été témoins des miracles accomplis par Jésus, après avoir écouté ses paroles, ses prédications, ses explications, il semble que les disciples n’ont rien compris. Et Thomas pose cette question innocente: "en fait, où vas-tu, je n’ai pas tout à fait compris…"

Cette question nous montre quelque chose de crucial. Être disciple de Jésus signifie ne pas avoir peur de parfois poser des questions complètement naïves, voire stupides. J’ai de l’admiration pour Thomas. Au lieu de prétendre avoir tout compris comme un bon étudiant le ferait, il a posé une question pour s’assurer de tout comprendre parfaitement. C’est cette question qui fait de lui un véritable disciple, celui qui ose désirer connaître ce que le Maître a à lui dire, le message qui lui servira toute sa vie. Et c’est le même Thomas qui, plus tard, questionnera la Résurrection de son Maître en disant : « à moins que je ne touche son côté, je ne croirai pas ». Et c’est encore le même Thomas qui exprimera plus tard : « Mon Seigneur et mon Dieu ! », avec les yeux remplis de larmes d’amour et de confiance.

Les questions honnêtes nous conduisent à la vérité. Jésus a dit une fois : « ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. », c’est-à-dire à ceux qui sont prêts à écouter et à poser des questions ; à ceux qui gardent l’esprit ouvert et ne prennent pas tout pour acquis ; ceux qui ne prétendent pas tout savoir ; ceux qui ne jouent pas aux savants ; ceux qui comprennent que la vie et les mystères de Dieu sont bien plus grands que les définitions faciles et toutes-faites. Être disciple de Jésus c’est reconnaître qu’il y a toujours plus à découvrir que ce que l’on sait déjà; c’est conserver l’humilité et l’honnêteté de se dire qu’il y a toujours beaucoup à apprendre. Cette ouverture nous permet d’être enseignés par le seul Maître ; d’apprendre comment devenir aionios.

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L'amour

Auteur: Zbigniew Krysiewicz
Date: Jeudi 29 avril
Référence: Jean 13,16-20

 

Je vous dis ces choses dès maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez que moi, JE SUIS.

Je suis. Un des noms mystérieux de Dieu. Tout passe; les choses étaient, elles sont maintenant, et elles finiront par disparaître. "Vanité des vanités, tout est vanité !" , dit Qohélet. Seul Dieu est, et ceux qui participent à sa nature.

Quelle est sa nature qui coexiste avec son être? « Dieu est amour » témoigne saint Jean (1 Jean 4,8b). L’amour est son vrai nom révélé par Jésus-Christ. Être et aimer sont la même réalité de l’unicité de Dieu.

Les humains, ils sont d’abord, et ensuite seulement ils peuvent aimer. C’est pourquoi Jésus nous montre une voie à suivre, même au-delà de l’être. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » (Jean 15,13)

L’amour est plus important que la vie. Ceux qui vivent sans amour, bien qu’ils pensent vivre, sont déjà morts. A l’opposé, ceux qui vivent cloués au lit en stade terminal, bien qu’ils semblent être en train de mourir, s’ils sont remplis d’amour, ils vivent comme jamais auparavant. L’amour est plus grand que la vie. Ce n’est pas la vie qui a le plus de valeur, c’est l’amour. La vie a une fin, tout comme la foi, et l’espérance trouve alors son accomplissement. Seul l’amour persiste. De même, sans amour, l’Église est morte. Sans amour, notre liturgie est vide. « Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour » (1 Jean 4,7-8)

L’amour participe à la nature même de Dieu. C’est ainsi que Dieu est présent dans le monde. C’est ainsi que sa présence demeure en nous - comment sa vie demeure en nous. Cette vie-amour, si elle est pratiquée, si elle est vécue, devient de plus en plus mature, de plus en plus mûre, elle devient aoinos.

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Le commandement

Auteur: Zbigniew Krysiewicz
Date: Mercredi 28 avril
Référence: Jean 12,44-50

 

Et je sais que son commandement est vie éternelle.

Le commandement de Dieu est la vie éternelle. Et la vie éternelle consiste en la qualité et la maturité de notre individualité, façonnée par la grâce qui opère dans le temps (voir la méditation du mardi). Par conséquent, il semble que ce soit le commandement qui fait que la vie éternelle se réalise, ou plus précisément, c’est en suivant le commandement (car il est de la nature du commandement d’être mis en pratique) que la vie éternelle reçoit sa qualité.

Et quel est le commandement?  « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jean 13,34)

Évidemment, l’amour n’est pas facile. Pour éviter les malentendus, Jésus dit: « aime comme je vous ai aimé. » Qui aimait-il? A-t-il aimé les gens et ses disciples parce qu'ils étaient gentils, charmants, intelligents et beaux? Non. Ça, ce n’est pas de l’amour. Il les aimait pour les rendre beaux. Et nous, nous aussi, nous n’aimons pas une autre personne parce qu’elle est belle. Nous aimons une autre personne pour la rendre belle. C’est le vrai pouvoir transformateur et la vraie puissance transformatrice de l’amour.

Et comment a-t-il aimé ? Dans sa vie Jésus a guéri les affligés. Il a lié ensemble les vies brisées, il a rendu la vue aux aveugles, il a fait marcher les boiteux à nouveau. L’amour ce n’est pas un beau et naïf sentiment. L’amour se réalise dans l’action. Aidez ceux qui se sentent déprimés pour qu’ils puissent se relever. Aidez ceux qui ne peuvent pas envisager l’avenir à reconnaître leur valeur. Aidez ceux qui se sentent abandonnés à marcher avec un courage nouveau. En le pratiquant, l’amour reçoit son caractère individuel et spécifique. Il devient éternel.

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La vie éternelle

Auteur: Zbigniew Krysiewicz
Date: Mardi 27 avril
Référence: Jean 10,22-30

 

Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle.

Probablement, la plupart d’entre nous, si on leur demandait ce qu’est la vie éternelle, répondraient que c’est quelque chose qui se situe dans le futur. Une vie sans temps et au-delà du temps, quelque part là-haut dans les cieux – la vie qui peut-être un jour pourrait devenir la nôtre. Nous essayons de croire que le moment de la mort n’est rien d’autre qu’un passage vers un autre monde, vers une autre dimension, vers la vie par excellence, sans souffrances ni douleur, la vie en plénitude, la vie qui - exactement - n’a pas de fin, et que l’on peut appeler "éternelle".

Ce n’est apparemment pas exactement ce que dit Jésus dans l’Evangile. Dans la version grecque de ses paroles, il y a un mot qui nous traduisons par "éternel", et qui en grec, aionios, un adjectif dérivé de aion, qui signifie un âge, n’a pas nécessairement une notion du temps future. Même au contraire ; aionios fonctionne simultanément en dehors du temps, à l’intérieur du temps et au-delà du temps. En effet, cela fait référence à quelque chose qui possède un caractère particulier qui est défini par son âge, sa maturité, et sa qualité incomparable. C’est comme un vin beau, vieux et parfaitement mûr.

C’est quelque chose à goûter dès aujourd’hui. La vie éternelle se réalise maintenant, au moment même où vous lisez ce texte. Le royaume de Dieu est parmi vous, il est en vous. C’est maintenant.

Ce qui signifie: si la grâce de Dieu est en vous et opère en vous, elle vous transforme afin que vous puissiez recevoir votre propre caractère individuel et unique, votre propre caractère âgé, semblable au vin. La grâce de Dieu donne un goût à tout en vous et autour de vous, et vous rend, vous-même, plein de goût. La grâce vous fait mûrir. La grâce vous rend aionios, avec une qualité irremplaçable, exceptionnelle et particulière.

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La voix

Auteur: Zbigniew Krysiewicz
Date: Lundi 26 avril
Référence: Jean 10, 1-10

 

Les brebis écoutent sa voix (…) Il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix.

Imaginez que vous avez quitté votre propre pays quand vous étiez enfant. Encore jeune mais assez vieux pour apprendre la langue, exprimer vos premières pensées, ressentir votre entourage ou déguster vos biscuits préférés.

Vous avez quitté votre pays et depuis lors, vous n’avez eu aucun contact avec vos familles et amis, ni la possibilité de parler votre propre langue. Avec le temps, vos souvenirs se sont estompés, votre capacité à parler votre langue a diminué au point que vous avez même oublié l’avoir jamais connue auparavant. Désormais, toute votre vie a été vécue dans une nouvelle langue adoptée.

Mais voici un miracle : vos parents viennent vous voir. La joie de retrouvaille est indescriptible. Mais ils parlent une langue que vous ne comprenez pas. Cependant, leurs voix vous semblent familières, elles résonnent à vos oreilles et à votre âme, et font vibrer votre être tout entier, jusqu’à la dernière cellule de votre corps. Ils vous appellent par votre nom, alors les souvenirs enfouis reviennent et retrouvent leur ancrage ; vous, vous-même, vous retrouvez vos racines.

Dieu nous a parlé dès avant notre naissance. Quelque part, en lui-même. Et son langage reste ancré en nous. Peut-être ne l’avons nous pas utilisé depuis longtemps. Peut-être avons nous oublié comment il sonne, parfois au point qu’il nous semble désormais irréel. Mais, ce langage secret hérité de Dieu reste toujours ancré en nous.

Vous l’avez sans doute entendue de nombreuses fois : cette douce intuition qui indique la voie, qui vous suggère discrètement des solutions. Parfois, vous ne savez même pas pourquoi cette voix intérieure vous parle de manière si convaincante, si familière.

Il est peut-être le temps de réapprendre votre propre langue? Pour entrer dans la vie qui s’appelle aionios (voir la méditation du mardi).

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Identité

Auteur: Zbigniew Krysiewicz
Date: Dimanche 25 avril
Référence: Jean 10,11-18

 

Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père.

Saint Jean, tout au long de son Évangile, se concentre sur un seul objectif principal : la révélation de qui est réellement Dieu. A l’approche de la connaissance de l’identité de Dieu - si jamais on peut la connaître – nous pouvons ensuite nous interroger sur notre propre identité.

Il semble nécessaire afin d’entrer dans une relation équilibrée, que les deux côtés existent de manière distincte de tout autre personne. Par conséquent, pour entrer en relation avec Dieu, il doit être lui-même distinct, bien que moi aussi, je doive présenter un caractère personnel distinctif et irremplaçable.

Et pourtant, nous sommes confrontés à cette image particulière que Jésus a appliquée dans l’Evangile d’aujourd’hui : nous sommes les brebis. Même si une brebis c’est une créature plaisante, elle ne témoigne pas toujours du plus haut degré d’intelligence, et bien souvent son comportement peut se résumer à une expression : ‘suivre le troupeau’. Elle est douce et gentille, mais il semble que ce ne soit pas suffisant pour établir une comparaison. La question de savoir si les brebis peuvent posséder un caractère individuel, je la laisse de côté.

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Au-delà de nos échecs

Auteur: Jean-Baptiste Dianda
Date: Samedi 24 avril
Référence: Jean 6, 68

 

Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.

Le Christ est vraiment ressuscité parmi nous, il a vaincu la mort. Et pourtant… il est des jours où nous passons de la vie à la mort… Des moments où les forces de mort —nos échecs— prennent le dessus. Malgré les multiples crises et diverses difficultés de la période que nous traversons, une lumière est possible si nous regardons vers l’avenir en nous laissant porter par l’espérance d’un monde nouveau. Un monde meilleur, à construire ensemble, est possible dans la douceur de la résurrection. Oui, il est possible de toujours recommencer, au-delà de tous nos échecs, il est donc possible d’espérer au-delà de toute espérance.

Facile à dire diront certains… Il y a bien des personnes parmi nous qui ne croient plus en une telle espérance… Relisons alors l’évangile de ce jour : « C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. »

Il ne tient qu’à nous, dès aujourd’hui, d’accueillir un tel courage, de nous mettre à l’écoute de l’Esprit qui vivifie. D’espérer contre toute espérance, de commencer, recommencer, pour aller au-delà de nos échecs. Seigneur, à qui irions-nous ? Passé de la mort à la vie, tu nous montres un chemin au-delà de nos échecs.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Een hogepriester, ons nabij

Ouvre-toi à sa nouveauté

Auteur: Jean-Baptiste Dianda
Date: Vendredi 23 avril
Référence: Ac 9, 9

 

La voix lui répondit : Relève-toi et entre dans la ville : on te dira ce que tu dois faire. Ses compagnons de route s’étaient arrêtés, muets de stupeur.

J’ai eu ma première expérience de curé de paroisse à Kinshasa, en RDC. C’était au début des années 1990 et le contexte socio-économique et politique de cette époque était particulièrement dégradé ! Après le pillage de la ville de Kinshasa, le taux de chômage était très élevé et toutes les infrastructures étaient détruites. Mon travail comme curé consistait à fournir de l’aide, mais je ne disposais de rien. Un jour, un homme vint me voir et me demanda d’urgence de l’aide —aussi minime soit-elle ! Je lui dis simplement que je n’avais rien… mais que si par la grâce de Dieu je disposais d’un peu d’argent, je lui en remettrais sur le champ ! J’étais incapable de faire quelque chose pour lui et j’en souffrais. Sur ces entrefaites, survint une dame qui me demanda : « Monsieur le curé, pourquoi êtes-vous triste ? Manquez-vous d’argent ? » Je lui répondis « Madame, si vous venez me voir pour m’apporter de l’argent, donnez-le à ce monsieur ». Elle s’exécuta et me donna encore un billet ! L’homme repartit chez lui tout heureux… et moi, je suis resté là tout tremblant ! Quelle incroyable surprise ! Quel don !

Dans une belle formule de méditation pour Pâques, le Pape François nous exhorte à nous ouvrir à l’inattendu de Dieu. « Jésus marche avec toi chaque jour, dans la situation que tu vis, dans l’épreuve que tu traverses, dans les rêves que tu portes en toi. Même si tout te semble perdu, ouvre-toi avec étonnement à sa nouveauté : il te surprendra. »

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Leven in dankbaarheid


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Stimuler notre courage

Auteur: Jean-Baptiste Dianda
Date: Jeudi 22 avril
Référence: Jean 6, 51

 

Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie.

Depuis quelques années, rien ne se passe dans nos sociétés comme espéré. La crise est partout ! Après les attentats meurtriers survenus dans bien des pays et, nous sommes maintenant tous frappés de près ou de loin par la pandémie. Et nous nous posons des questions sur notre foi et même sur notre propre existence : "Est-ce que j’abandonne ? Est-ce que je capitule devant le mal?"

Le Christ —le Dieu de l’espérance— est allé jusqu’au bout de la logique de l’amour. A sa suite, notre réponse ne doit pas être la crainte, mais bien l’amour. Reprenons alors le récit du pain de vie. « Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts; mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas. » Il n’y a pas que la nourriture de la désespérance, celle dont nous sommes gavés au quotidien. Mais il y a aussi cette nourriture qui ne périt pas : celle d’un amour qui ne cesse de se donner, qui continue à nous rassurer. Le Christ est cette force, cette chair donnée, qui stimule notre courage pour avancer, même dans un monde trouble et agité par la pandémie et les diverses crises sociales et économiques.

Voilà pourquoi, nous devons de continuer à transmettre cette joie de Pâques au monde malgré tout et stimuler notre courage : il est plus que jamais nécessaire ! Et il donne goût et saveur !

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Meer dan een wachter uitkijkt naar de morgen


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Joie et lumière

Auteur: Jean-Baptiste Dianda
Date: Mercredi 21 avril
Référence: Jean 6,40

 

La volonté de mon Père, c’est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie éternelle… 

Comment comprendre l’idée selon laquelle chacun de nous est déjà ressuscité et  que les portes du royaume des cieux s’ouvrent pour accueillir les croyants ? Tout au long du temps pascal l’Église ne cesse de chanter la louange du Seigneur qui nous offre cette promesse et « nous a rendu la vie ». Le passage de l’évangile de Saint Jean lu ce jour se termine par la citation qui semble être le projet ultime de Dieu pour chacun de nous: « La volonté de mon Père, c’est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie éternelle… »

Le Christ ressuscité nous remplit de joie et de lumière. Et dans cette lumière du Christ, toute l’histoire des humains prend sa vraie dimension. Chacun et chacune d’entre nous peut découvrir sa propre histoire. Dans la lumière du Christ se dévoile notre vraie destinée et le terme de notre route : « Chacun de nous est déjà ressuscité ».

Voilà pourquoi les disciples dès le début n’ont pas gardé pour eux cette joie et cette lumière divines. Ils parcourent le pays en annonçant la Bonne Nouvelle de la parole de vie, vie nouvelle. Cette semence qui a suscité partout la foi au Christ Ressuscité. Comme Les disciples, nos contacts offrent des occasions de partager notre foi partout où c’est possible et témoigner de cette lumineuse annonce :le Christ est vraiment ressuscité. C’est bien la foi en l’amour de Dieu qui nous sauve et qui nous fait entrer à la suite de Jésus dans le Royaume de Dieu, synonyme de vie éternelle. La foi nous fait ainsi participer à la résurrection du Christ, résurrection qui est, à son tour, synonyme de renaissance.

En ce temps de Pâques, c’est à chacun et chacune de nous de relire sa propre histoire et de découvrir sa lumineuse destinée… tellement incroyable et tellement concret pourtant : chacun de nous est déjà ressuscité !

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: In een ander, nieuw licht


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Au bout de l’amour

Auteur: Jean-Baptiste Dianda
Date: Mardi 20 avril
Référence: Actes 7, 60

 

Seigneur, ne leur compte pas ce péché.

Le Christ est vraiment ressuscité ! Celui qui a donné sa vie pour ses amis continue de guider son peuple, son troupeau. Par la table du sacrement pascal, il lui donne des forces...

Dans les premiers temps du Christianisme, après l’heureuse annonce de la résurrection, les disciples ont dû rendre témoignage de leur foi… et faire l’épreuve de l’adversité. Le christianisme naissant a dû ainsi affronter des questions vitales, notamment dans ses relations avec le judaïsme, dans l’annonce aux païens. Comment témoigner du Christ mort et ressuscité sans marquer une rupture avec le judaïsme ?

La lecture des Actes des Apôtres d’aujourd’hui nous parle du martyr d’Etienne. Etienne est le premier à verser son sang au nom du Christ, et à prier pour ses bourreaux. « Seigneur Jésus, reçoit mon esprit. » Et puis « Seigneur, ne leur compte pas ce péché. » Quel bel exemple de pardon ! Quelle belle prière! Elle est celle du Christ lui-même sur la Croix! N’est-ce pas une voie à suivre pour les disciples de tous les temps? Une expression de l’amour sans faille! 

A nous d’aiguiser notre regard pour voir ces témoins, comme Etienne, qui osent encore aujourd’hui prier pour leurs bourreaux. Les paroles d’une victime des attentats terroristes me viennent ainsi à l’esprit : « aujourd’hui encore, nous ne devons pas oublier que ‘le Christ est plus grand que ceux qui l’ont condamné, que ceux qui nous crachent encore dessus, que ceux qui nous martyrisent. La résurrection prend tout son sens parce que c’est elle que nous devons annoncer. Nous ne pouvons pas nous arrêter à la croix. Tout puissant, Dieu est allé au bout de l’amour. Notre réponse ne doit pas la crainte, mais l’amour. »

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Omwille van uw Naam

Sur tous les toits du monde !

Auteur: Jean-Baptiste Dianda
Date: Lundi 19 avril
Référence: Jean 6, 29

 

L’Oeuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé.

Il est des jours où la joie de Pâques semble bien éloignée de notre quotidien. C’est comme si la page était tournée... Et pourtant, il y a des signes ! La liturgie du jour nous propose la lecture du récit du pain de vie. Il s’achève par ce verset : « L’Oeuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » Comment lire et comprendre ce récit de la multiplication de pain dans ce contexte ?

Parmi les nombreux signes et indices que nous a laissés le Ressuscité pour le reconnaître, le premier est « la fraction du pain » et le partage. C’est à cela que les disciples d’Emmaüs l’ont reconnu. Ils ont cru et confessé que « Le Seigneur est vraiment ressuscité. » Finie la peur, fini le doute ! Ils peuvent l’annoncer sur tous les toits du monde avec les autres disciples du Seigneur !

C’est donc dans des simples gestes de fraternité, de partage, que la joie de pascale se dessine et se découvre. Si une page semble tournée, les lectures du jour nous invite à discerner des signes !

Dans le récit de la multiplication des pains, le Christ nous invite à travailler pour la nourriture qui demeure ! Pour recevoir celle-ci, il faut faire les œuvres de Dieu, c’est-à-dire « croire au Christ Ressuscité ». Lui le pain qui descend du ciel pour la vie du monde. Voilà une joie simple : celle qui descend du ciel : celle du geste simple, du partage, à portée de main, à hauteur d’homme…

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Een Psalmvers bij het opstaan


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Evangéliser les profondeurs

Auteur: Jean-Baptiste Dianda
Date: Dimanche 18 avril
Référence: Lc 24, 48

 

A vous d’en être les témoins.

Depuis la passion et la mort de Jésus, d’étranges événements se passent pour les Apôtres... Ils reçoivent des informations en tout genre leur affirmant que le Maître est vivant. Ils sont partagés entre une joie contenue, le doute et la déception. Pour certains, la vie n’a plus de sens car tout s’est brutalement terminé avec la mort du Maître sur la croix. Le temps s’est arrêté pour eux. Comme nous, ils ont besoin de paix pour se rassurer, pour apaiser leurs cœurs.

A la vue de Jésus, les disciples sont troublés et effrayés, … Face à leur crainte, Jésus établit ses disciples dans la confiance. En évangélisant nos profondeurs, là où nous-mêmes n’osons parfois pas descendre, le Christ s’invite ainsi dans nos enfermements, nos doutes, nos soucis. Par le don de sa paix, il nous demande de marcher à sa suite dans la confiance, le cœur apaisé. Comme des enfants tenant la main de leurs parents, il nous invite à avancer sans se soucier de la difficulté du chemin, ni même de la route à suivre.

C’est alors que le Ressuscité ouvre nos regards, nos cœurs, à la réalité de sa Présence à nos côtés : « Je suis là, je te tiens par la main, je t’accompagne à chaque pas ». 

Le Seigneur ressuscité s’est montré aux disciples d’Emmaüs. Et pourtant, ceux-ci ne l’ont pas reconnu ! Le Christ ressuscité est obligé de donner des signes de reconnaissance, des indices par lesquels ses propres disciples peuvent l’identifier. Il rompt le pain. Il se laisse toucher. Il mange du poisson avec ses amis… Les Apôtres ont pu être témoins de la Présence d’un Vivant à leurs côtés, non d’un fantôme ! Et nous ? Le Christ n’est-il pas également vivant pour chacun de nous, hier comme aujourd’hui ? Ne cesse-t-il pas de murmurer au plus profond de notre cœur : « La paix soit avec toi » ?

Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Hij komt werkelijk onder ons aanwezig


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La table et la parole

Auteur: Aurélien Zincq
Date: Samedi 17 avril
Référence: Actes 6, 1-7

 

Il n’est pas bon que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables. (Ac 6, 2)

« Il n’est pas bon que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables ». De prédicateurs, les apôtres seraient-ils devenus des aubergistes ? Que veut dire cette étrange expression « servir aux tables » ? On imagine Pierre et ses amis un tablier autour des reins servant à table rafraichissements et petites préparations traditionnelles. Effectivement, ils ont sans doute d’autres choses à faire que de jouer au serveur. En réalité, le service des tables signifie, dans le langage imagé de l’époque, le service caritatif : distribuer des aliments et des soins aux plus démunis. C’était une pratique courante à la synagogue – que les apôtres ont repris. Mais n’est-ce pas là, au fond, l’essentiel du message chrétien : venir en aide aux plus pauvres ? Est-ce qu’il ne vaut pas mieux, parfois, délaisser la chaire pour le service de la chair ?...

Mais l’homme ne se nourrit pas seulement de pain, disait Jésus. Et si les apôtres négligent le service de la Parole, alors qui enseignera ? Qui fera des disciples qui iront à leur tour faire connaître la bonne nouvelle qui nous a été révélée en Jésus ? Hegel écrit quelque part : « Occupez-vous de vous nourrir et de vous vêtir, le Royaume de Dieu vous sera donné de surcroît ». On imagine mal le Royaume rempli d’affamés. Les chrétiens doivent prendre leur part, et une large part, dans les services caritatifs. Mais si on ne sait pas que l’on travaille au service du Royaume à venir, alors toutes nos bonnes actions restent sans visée, sans finalité. Elles sont des actes de réconfort qui touchent seulement la chair et non l’esprit. Le service des tables doit être au service de la Parole.

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Que ta volonté soit faite !

Auteur: Aurélien Zincq
Date: Vendredi 16 avril
Référence: Actes 5, 27-33

 

Si leur résolution ou leur entreprise vient des hommes, elle tombera. Mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez pas les faire tomber. (Ac 5, 38-39)

Le pharisien Gamaliel passe pour un sage, un homme de bien. C’est à lui, en effet, que les apôtres doivent d’avoir été libérés. L’argument utilisé par Gamaliel est simple : si l’entreprise des apôtres vient des hommes, alors elle s’écroulera d’elle-même ; si leur entreprise vient de Dieu alors, bien sûr, elle subsistera. Convaincu par l’argumentation du docteur de la loi, le Conseil décide de relâcher les apôtres. Les membres du Conseil s’en tirent à bon compte : ils évitent la colère des hommes – qui pourraient leur reprocher d’avoir assassinés les apôtres bien qu’ils n’avaient commis aucune faute – et ils évitent la colère de Dieu – au cas où, effectivement, l’initiative de la mission de Pierre et de ses amis viendrait de Lui. Gamaliel est prudent : il vaut mieux ne pas se trouver en guerre contre Dieu !

À première vue, l’idée de Gamaliel parait la plus humaine. Elle laisse aux apôtres le bénéfice du doute. Mais est-ce bien le cas ? Ne serait-ce pas plutôt un profond scepticisme qui anime la proposition de Gamaliel ? On peut penser que Gamaliel ne croit pas à l’origine divine de la mission des apôtres. Sa proposition serait un subterfuge pour que le Conseil ne doive pas prendre position. Sous l’apparence de s’en remettre à Dieu, la proposition de Gamaliel peut être vue comme l’exemple parfait d’une attitude qui ne désire pas accomplir la volonté de Dieu. Les grands prêtres ne souhaitent que poursuivre leurs propres intérêts. Ils n’ont aucune envie de se mettre à l’écoute de la Parole.

Nous aussi nous agissons parfois comme Gamaliel. Nous laissons les choses suivre leur cours, nous disant que ce qui doit arriver finira bien par arriver. Au contraire, ce qui importe est de savoir comment agir ou ne pas agir. Il faut pour cela vouloir que s’opère en nous un discernement salutaire. Avec Jésus et les apôtres, nous pouvons dire : « Que ta volonté soit faite » !

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Du ciel à la terre

Auteur: Aurélien Zincq
Date: Jeudi 15 avril
Référence: Actes 5, 27-33

 

Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous. Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. (Jn 3, 31)

La troisième demande du Notre Père se dit en latin « Fiat vo­luntas tua, sicut in cae­lo et in terra », que l’on traduit en français par « Que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel ». Vous l’aurez sans doute remarqué, le ciel et la terre sont inversés en français. Ce n’est pas grave. La demande reste identique sur le fond. Toutefois, cela nous fait perdre une partie du dynamisme qui anime la prière. Le passage du ciel à la terre a son importance. Cet ordre articule les demandes « célestes » aux demandes « terrestres ». Du ciel à la terre, cela veut dire que nous passons des demandes pour Dieu lui-même (la sanctification de son Nom, la venue de son Règne, l’accomplissement de sa Volonté) aux demandes qui nous concernent (le pain, le pardon des offenses, la protection contre les tentations et la délivrance du mal).

Les apôtres jouent le rôle de transmetteur entre le ciel et la terre. Ils continuent l’entreprise initiée par Jésus – « Celui qui vient d’en haut ». Dans l’évangile de Jean, il est écrit que « Celui qui vient du Ciel est au-dessus de tous, il témoigne de ce qu’il a vu et entendu » (Jn 3, 31-32). Désormais, il revient aux apôtres de poursuivre le mouvement de transmission du ciel à la terre. Eux aussi doivent proclamer ce qu’ils ont vu et entendu. Ils ont pour tâche de continuer à communiquer ce qui vient d’en haut. Cette tâche est à présent la nôtre.

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Un ange passe

Auteur: Aurélien Zincq
Date: Mercredi 14 avril
Référence: Actes 5, 17-26

 

Pendant la nuit, l’Ange du Seigneur ouvrit les portes de la prison et les fit sortir. (Ac 5, 19)

Arrêtés pour avoir prêché publiquement, les apôtres s’apprêtent à passer la nuit en prison – « sous bonne garde », précise-t-on. Or, pendant la nuit, un ange du Seigneur vient ouvrir les portes de la prison et les fait sortir. Stupéfaction du Sanhédrin qui s’attendait à juger les apôtres au petit matin ! Comment, se demandent les grands prêtres, ont-ils pu s’échapper ? Le cachot était parfaitement verrouillé et les gardes étaient en faction devant les portes ! Cerise sur le gâteau, on vient leur annoncer que les apôtres se tiennent à nouveau dans le Temple et continuent à enseigner.

Un ange du Seigneur ?... Un allié secret des apôtres parmi les gardes ? Une personne courageuse qui trouve inique de mettre en prison des hommes qui guérissent et qui expulsent les esprits impurs ? Cette figure de l’ange qui vient libérer les apôtres de leur geôle me fait penser à ces « petites mains » de la Résistance durant la deuxième guerre. Je ne parle pas des grands résistants, mais de tous ceux qui, inconnus, comme l’ange, ont accepté de délivrer un message, de faire parvenir de la nourriture, ou ont ouvert une porte quand on la croyait définitivement fermée.

Il y a de nombreux anges dans le monde. Dans les brumes du quotidien, on ne les distingue pas toujours très bien… Ils sont pourtant bel et bien présents : actifs et œuvrant à notre salut. On pensait se trouver dans un cachot obscur et voilà que quelqu’un vient en ouvrir la porte… comme par miracle. Nous aussi soyons ces anges.

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Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve

Auteur: Aurélien Zincq
Date: Mardi 13 avril
Référence: Jean 3, 7b-15

 

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. (Jn 3, 14-15)

« De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé » (Jn 3, 14). La comparaison que fait Jésus de sa propre mort avec l’épisode du serpent de bronze a de quoi surprendre. Pourquoi Jésus se compare-t-il lui-même à un serpent ? Au premier abord, cela ne semble pas une image très bien choisie : le serpent est en effet un animal connoté négativement dans les Écritures… Y en aurait-il alors une signification positive et bénéfique ?

Dans l’épisode auquel Jésus fait référence (Ex 21, 4-9), le peuple hébreu est en plein désert et se met à douter de Dieu. Celui-ci leur envoie alors des serpents pour les punir de leur manque de confiance. Le peuple implorant Moïse, il intercède en sa faveur auprès de Dieu, qui lui demande alors de planter un serpent tout en haut d’un mât – ce sera le fameux serpent de bronze. Ainsi, dès qu’une personne sera mordue, elle regardera le serpent et sera guérie. Le poison est désormais le remède. Le peuple met de nouveau sa confiance en Dieu.

Le corps de Jésus crucifié peut signifier toute la souffrance et la misère dans le monde : un innocent est mis à mort sauvagement. Mais ce corps que nous contemplons, c’est aussi celui qui nous sauve. De symbole de mort, la croix est devenue symbole de vie. Le serpent tuait, il devient à présent ce qui guérit. Il en va de même pour nous : la mort étend parfois son ombre sur nos vies. Nous préfèrerions la fuir. La Bible suggère plutôt que c’est à regarder ce qui nous fait peur que nous pouvons nous en libérer. Si, comme le dit le poète Hölderlin, « là où croît le péril croît aussi ce qui sauve », nous savons désormais, nous Chrétiens, que « là où le péché abonde, la grâce surabonde » (Rm 5, 20).

Lees de meditatie van de dag in het nederlands : Ik geef je een levend hart

Celui qui ne connaît pas l’histoire est-il condamné à la revivre ?

Auteur: Aurélien Zincq
Date: Lundi 12 avril
Référence: Actes 4, 23-31

 

Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. (Jn 3,8)

Vous connaissez peut-être cette citation, faussement attribuée à Karl Marx : « Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre »…. Il semble que les apôtres la connaissaient déjà ! Pierre et Jean qui guérissent un infirme, qui enseignent la résurrection du Christ, qui sont arrêtés par les grands prêtres, accusés puis relâchés faute qu’une raison ait été trouvée pour les condamner… Il y a là comme un air de « déjà-vu ». Quelques temps auparavant, Jésus était arrêté et accusé devant le Sanhédrin, mais il devait hélas connaître la fin que l’on sait…

Contre toute attente, les apôtres sont libérés et peuvent venir raconter à la communauté ce qu’ils ont vécu et comment ils s’en sont sortis. Tous poussent des cris de joie et demandent à Dieu de leur donner, comme à Pierre et à Jean, l’assurance nécessaire pour proclamer la Parole. À cette demande, Dieu répond favorablement. Le local où ils étaient rassemblés se met à trembler : une nouvelle Pentecôte se produit, inattendue. L’Esprit, nous avait prévenu Jésus, est comme le vent : il souffle où il veut et, si l’on entend sa voix, on ne sait ni d’où il vient ni où il va (Jn 3, 8).

L’histoire aurait pu se répéter. Cela n’a pas été le cas. Pierre a-t-il tiré les leçons de son expérience passée ? On peut l’espérer. Mais ce qui a changé, depuis la dernière Pâque, c’est l’attitude fondamentale de Pierre : il accepte enfin que l’Esprit s’empare de lui. Il ose ! Aujourd’hui, acceptons nous aussi que le souffle de l’Esprit s’empare de nous. N’ayons pas peur et ouvrons-nous à ce que Dieu voudra faire advenir !

Lees de meditatie van de dag in het nederlands : Je moet van twee kanten komen om elkaar te ontmoeten (Stef Bos)


Crédit photo : Flickr/Lawrence OP [CC]

Contempler la vie

Auteur: Ludovic Namurois
Date: Mercredi 12 mai
Référence: Ac 2, 32

 

Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins. (Ac 2, 32)

Nos chemins de campagne sont encore jalonnés par ces témoins de la piété de nos ancêtres qui dressent vers le ciel un Christ cloué à deux poutres, tantôt agonisant, tantôt extatique.

Croyez bien que je ne méprise pas les larmes de compassion que ce spectacle fait naître chez certains, ni la méditation profonde qu’il nourrit chez d’autres mais je ne peux que me laisser saisir par le contraste avec l’art funéraire laissé par les premières communautés chrétiennes. Le motif de la croix en était pratiquement absent. La piété s’exprimait alors au moyen de scènes tirées de passages des Écritures symbolisant la résurrection : l’arche de Noé, la traversée de la mer Rouge, la baleine de Jonas, le retour à la vie de Lazare (cf. illustration). Les Épître et les Actes parlent le même langage, on n’y entend pas l’annonce d’un deuil mais la proclamation d’une victoire.

Par quel étrange cheminement la tradition catholique nous a-t-elle mené de la contemplation de la vie à celle de la mort ? Le générique de fin de l’histoire du Salut doit-il se dérouler sur l’image figée d’un corps martyrisé n’attendant plus que la charité du tombeau ? Est-ce cela la Bonne Nouvelle ?

Le gibet ne peut être signe de joie et de liberté qu’à la lumière de Pâques. Alors seulement, notre espérance peut se glisser dans l’espace laissé par une présence transfigurée. Il me semble que c’est ce qu’exprime cette croix avec simplicité et profondeur.

 Lees de meditatie van de dag in het nederlands: Oprecht verontwaardigd en in gesprek


Crédit photos : 

  1. Auteur inconnu, domaine public, via Wikimedia Commons : La résurrection de Lazare, Rome, Catacombe di via Latina, 4e siècle.
  2. Myriam Tonus, 2014

Un corps mystique et économique

Auteur: Aurélien Zincq
Date: Dimanche 11 avril
Référence: Actes 4, 32-35

 

Ils avaient tout en commun. (Actes 4, 32)

Les quelques versets des Actes que nous lisons aujourd’hui esquissent le portrait d’une communauté chrétienne idéale. Des hommes et des femmes de toute condition et de toute provenance vivent ensemble comme s’ils possédaient « un seul cœur et une seule âme ». Cette métaphore vaut la peine d’être relevée. Elle indique que la multitude des croyants, par la commune confession de la résurrection du Christ, est réunie de façon à constituer un « organisme ». N’est-ce pas là toutefois une image trop romantique ou idéaliste de la communauté chrétienne primitive ? En réalité, ce qui lie les membres de cet organisme prend une forme bien concrète : la mise en commun de tous les biens. La multitude ne vit pas que d’amour et d’eau fraîche – même si cet amour est celui du Christ et cette eau celle de la grâce. C’est une certaine gestion des biens matériels qui agrège les membres de la première communauté chrétienne. L’Église primitive témoigne de ce que le corps mystique du Christ est aussi un corps économique.

Un théologien protestant a parlé d’un « communisme de l’amour » pour définir la première communauté chrétienne. Ne nous laissons cependant pas trop séduire par l’expression. Il ne semble y avoir nulle forme d’égalitarisme dans la communauté des croyants. En effet, les apôtres y jouissent d’un statut prééminent. Si une grande grâce repose sur tous les membres, une grande puissance marque spécifiquement le témoignage rendu par les apôtres. Cette puissance s’exprime dans la gestion des biens communautaires. Les Actes n’hésitent pas à décrire le système économique en place : « Tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons les vendaient, et ils apportaient le montant de la vente pour le déposer aux pieds des Apôtres » (Ac 4, 34-35). Il revenait ensuite à ces derniers d’évaluer leur répartition auprès des membres de la communauté. Ici encore, on est plongé dans le concret : les biens sont distribués « en fonction des besoins de chacun » (Ac 4, 36). Y a-t-il plus bel idéal matériel, sur cette terre, que de recevoir ce dont on a vraiment besoin ? Ni trop, ni trop peu. Suffisamment pour vivre décemment, mais pas trop pour ne pas se perdre dans le superflu. Cet idéal de la communauté des biens tel que pratiqué par l’Église primitive connaîtra une postérité des plus diverses. S’il est inscrit dans la règle des ordres mendiants (par exemple les Dominicains et les Franciscains), la double exigence de mise en commun des biens et de leur répartition selon les besoins de chacun constitue une « utopie » qui n’est pas près d’être appliquée à l’ensemble des chrétiens. Toutefois, est-il possible aujourd’hui de s’en inspirer ? Sous quelle forme l’utopie de la communauté primitive peut-elle ouvrir un horizon de sens pratique dès à présent ?

Trois enseignements relatifs à notre quotidien peuvent être tirés de ce passage des Actes. Premièrement, il faut prendre attention au fait que la mise en commun des biens relève de la liberté de chacun des membres de la communauté. Personne n’est forcé de vendre et de donner. Les membres de la communauté, comme le défendra Pierre, sont libres de faire ce qu’ils veulent de leurs biens et de leur argent (Ac 5, 4). Le don à la communauté ne peut être extorqué. Chacun est libre de donner – ou pas. Nous pouvons, nous aussi, faire nôtre cette liberté du don. Tout en étant conscient des nécessités auxquelles doit faire face notre communauté et notre Église, sachons donner librement, sans oublier les finalités concrètes auxquelles va servir notre don.

On notera ensuite que la dynamique du don concerne l’ensemble de la communauté – et pas seulement les apôtres. La mise en commun et le partage des biens est le fait de tous les membres de la communauté. L’Église est soutenue librement par tous ses membres. Il n’y en a pas qui sont plus « égaux » que d’autres… En transposant à notre époque, on dirait que ce ne sont pas certains membres de l’Église (les religieux, par exemple) qui pratiquent la mise en commun des biens, mais l’ensemble des baptisés. Bien sûr, cela reste un idéal. Mais il peut nous inspirer à nouveau : ne laissons pas reposer sur la tête de quelques-uns l’exercice de la charité communautaire. Si le corps mystique du Christ – l’Église – est aussi un corps économique, alors n’hésitons pas à nous engager sur ce plan aussi. À l’idéal de la mise en commun des biens peut venir répondre celui de la pratique active de l’aumône et de l’investissement de notre temps pour l’Église (Ac 9, 36).

Enfin, un point important est celui de l’attention qui prévaut dans la redistribution des biens. Certes, « à chacun selon ses besoins », mais encore faut-il connaître ces besoins. Cela demande attention, écoute et discernement. Le nécessaire qui revient à chacun n’est pas attribué arbitrairement, selon des critères décidés à l’avance et sans aucun soin pour la personne concernée. À nouveau, nous sommes loin de toute idée de rationalisation et de planification… Pour distribuer les biens en fonction des besoins, il importe de connaître l’autre et de le reconnaître aussi dans ses manques. Ce soin apporté à ce dont l’autre a besoin c’est, là encore, une attitude que nous pouvons faire nôtre : ne pas nous substituer à la volonté d’autrui, mais être à son écoute.

La communauté des biens telle qu’elle a été vécue par l’Église primitive reste un idéal qui doit nous guider aujourd’hui encore – et peut-être plus que jamais en cette période où les inégalités de richesses n’ont jamais été aussi importantes. Ce n’est pas parce qu’une forme de vie appartient au passé et que, de prime abord, elle paraît très éloignée de notre style de vie actuel que nous ne pouvons pas nous l’approprier. Dès les débuts de l’Église, le message d’amour et de liberté de Jésus s’est concrétisé en termes économiques. Cela doit toujours inspirer notre engagement chrétien.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands : Thomas of de tweeling geloof en twijfel

Quand la chair parle

Auteur: Myriam Tonus
Date: Samedi 10 avril
Référence: Mc 16,15

 

Proclamez l'Évangile à toute la création.

Comme c'est étonnant : la plupart des traductions de ces versets proposent d'annoncer l'Évangile à toutes les créatures (ou tous les êtres humains). Comme si la création se résumait aux seuls humains – avec peut-être tout de même quelques animaux ! Comme si, en prime, il s'agissait d'aller délivrer un discours ou de catéchiser toute la population terrestre… On sait ce qu'il advient des discours : ils finissent toujours par devenir inaudibles et s'éteindre. Proclamer l'heureuse annonce à toute la création, ne serait-ce pas plutôt – écho de la Parole – se faire semence et levain, sel et lumière ? Et qui donc peut cela si ce n'est qui nous sommes, c'est-à-dire chair et sang, affects et pensée, puissance et fragilité ? « Vous êtes le corps du Christ ! » (1Co 12,27) : le croyons-nous vraiment, ou bien n'est-ce qu'une de ces images qui font du bien sans vraiment troubler notre être profond ? La question importe, car si vraiment nous consentons à cette identité, alors l'Évangile ne sera heureuse annonce que si s'opère en nous le trajet qui va de la tête au cœur. Que si nous devenons parole vive, par-delà nos limites, infirmités et casseroles que nous traînons. Et si nous laissons parler en nous la Parole, alors ce sera sans exclusive  : pour vouloir la vie de chacune et chacun et de tous, et la vie de tout ce qui est – comme au temps de la Création – dans l'air et sur terre et dans les eaux. « Il vit que cela était bon » : telle est la bonne nouvelle dès la Genèse, qu'il nous revient d'incarner aujourd'hui.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands : Ontgoocheling in de kerk


Crédit photo : Flickr/Tomasz Baranowski [CC]

L'équerre et la folie

Auteur: Myriam Tonus
Date: Vendredi 9 avril
Référence: Ps 117,22

 

La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d'angle.

Il suffit de regarder un tout-petit pour s'en convaincre : l'être humain est un constructeur dans l'âme ! Entasser l'un sur l'autre des blocs ou des objets, jusqu'à ce que l'édifice ne tienne que par une sorte d'équilibre aussi fragile que miraculeux : n'est-ce pas la matrice de construction de nos vies ? À tout le moins, dit-on à l'enfant, il faut que le sol soit stable et les briques, bien d'équerre. Pas de risque inutile et surtout, miser sur des valeurs sûres ! On ne fonde pas une vie sur des chimères… Sans doute est-ce bien ce que se sont dit les disciples de Jésus après sa mort. Ils avaient cru que le grand soir allait arriver et que la folie qu'ils avaient faite de laisser là leurs filets pour le suivre serait payée de postes triomphaux, sinon dans ce monde-ci, du moins dans celui de Dieu ! Et puis, où irait le monde si l'on devait croire, c'est-à-dire se fier à celles et ceux qui ne paient pas de mine, qui demeurent étrangers à tout pouvoir, qui n'ont qu'un seul désir : celui de faire advenir un monde autre ? Autant choisir un sol de guingois pour bâtir une bonne maison ! Sagesse des hommes, folie de Dieu… On n'en finit jamais d'être converti, c'est-à-dire bouleversé par cette puissance de la douceur qui est aussi bien force d'accouchement. Oser (se) construire sur la fragilité, l'intranquillité, l'humilité, faire de l'agapè son équerre : C'est l'impensable. C'est la seule vie qui vaille.

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Crédit photo : iStock/Bogdanhoda

Le soin du jardinier

Auteur: Myriam Tonus
Date: Jeudi 8 avril
Référence: Ps 8,7b

 

Tu mets toute chose à ses pieds.

 Par quelle funeste ruse de l'Histoire a-t-on fini par croire que Dieu veut que ses créatures lui soient soumises, sans volonté ni désir propre ? Lorsqu'il crée la terre, il la confie aux humains, les chargeant en quelque sorte de poursuivre son œuvre. Le psaume 8 va jusqu'à utiliser une image que l'on croirait destinée à une divinité : « Tu mets toute chose à ses pieds »… Faut-il que l'humain ait du divin une image dévoyée, pour se comporter en despote absolu plutôt qu'en jardinier soucieux de ce qu'il a semé ? La pandémie a relégué au second, voire troisième plan les malheurs de la planète, alors même qu'il est possible, disent des scientifiques, que cette pandémie soit l'un des fruits pourris de l'exploitation sans limites de notre milieu naturel. Les jeunes, futurs jardiniers de la création malade, ne cessent d'alerter, d'interpeller leurs aînés. La voix des sans voix – pauvres, migrants, exploités de toutes latitudes – devrait elle aussi nous empêcher de dormir. Qu'avons-nous fait de ce trésor remis entre nos mains, déposé à nos pieds? Quels gestionnaires sommes-nous, qui laissons s'épuiser et mourir ce que d'autres ont semé, sans même voir que c'est nous-mêmes que nous blessons lorsque nous blessons notre terre ? Si nous osons croire que nous sommes éveillés à la vie à la suite de Celui qui nous a donné à connaître le créateur, alors il nous faut retrouver le geste, et aussi la patience et l'humilité qui sont ceux du jardinier, à l'aube de la (re)création.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands : Een vreemde gast


Crédit photo : Flickr/Renee Grayson [CC]

Le regard de Pierre

Auteur: Myriam Tonus
Date: Mercredi 7 avril
Référence: Ac 3,8

 

… et il marchait.

Une fois encore, la Parole du jour ressemble à une invitation à l'exercice physique ! Bien utile, au fond, dans la situation que nous connaissons depuis un an. Confinés, limités dans nos sorties, privés de certaines de nos libertés, nous pourrions finir par ressembler à cet aveugle complètement dépendant des bonnes volontés qui l'installent comme un paquet dans un lieu de passage afin qu'il puisse mendier de quoi survivre – dépendance totale, autonomie zéro ! Le pauvre homme n'y peut cependant rien : que faire lorsqu'on est infirme de naissance ? Oui, que faire lorsqu'on est privé de droits, de ressources, d'existence propre ? Eh bien, on peut encore faire une chose : regarder l'autre, répondre à l'appel d'un regard. « Regarde-nous ! », dit Pierre. D'abord et toujours, créer du lien. Un lien qui ne donne ni ne réclame, un lien de pure gratuité, de pure grâce. Moment où le regard voit en autrui ce qu'il ne sait ou n'ose même pas. Un regard d'agapè, cet amour qui veut que l'autre, quel qu'il soit, vive et advienne à qui il est vraiment : un sujet, et non un objet que l'on enferme dans la dépendance. Le regard de Pierre est celui de Dieu ; il est aussi le nôtre lorsque nous croyons en autrui, en sa capacité de se lever, de marcher, d'avancer ; ou lorsque nous consentons à nous laisser relever par son regard et que nous découvrons, émerveillés, que la puissance de ce regard peut nous délier d'une paralysie que nous pensions sans remède. Il n'est de foi, en Dieu et en l'humain (c'est tout un), qu'en chemin.

Lees de meditatie van de dag in het nederlands : Noem me bij mijn naam


Crédit photo : iStock/AleksandarGeorgiev

En quête

Auteur: Myriam Tonus
Date: Mardi 6 avril
Référence: Jn 20,15

 

Qui cherches-tu ? 

Cette question, que Jésus pose à Marie-Madeleine en pleurs, elle est proprement vertigineuse. C'est la seule, au fond, qui fait venir au jour ce qui est caché au plus profond de notre cœur. Savons-nous, d'ailleurs, nous-mêmes ce que nous désirons vraiment ? Comme Marie-Madeleine, toute à son chagrin, nous risquons bien de répondre par ce qui paraît une évidence: nous voudrions être heureux, que la mort n'emporte pas nos amours, pouvoir jouir des biens qui donnent des couleurs à la vie. C'est légitime et ce n'est déjà pas si facile, tellement l'air du temps nous pousse à confondre besoins, désirs et illusions… La question, d'ailleurs, ne porte pas sur des objets, mais bien sur une personne : qui cherches-tu ? Là encore, réponse d'évidence: Marie-Madeleine cherche celui qui n'est plus, un souvenir, une image du passé. Comme elle, nous voudrions arrêter le temps, qui fait grandir et s'éloigner les enfants, se distendre les liens, qui fragilise le corps. Peut-on vivre dans la seule mémoire des bonheurs en-allés ? Qui cherches-tu? Notre modernité, elle, nous souffle à l'oreille qu'il faut se chercher – et se trouver – soi-même. Ne crions pas trop vite à l'individualisme. Le ressuscité va littéralement éveiller Marie… par son prénom, comme on éveille en douceur un enfant. Nommer quelqu'un, c'est l'appeler à l'existence, le faire advenir de manière unique. Pour être en relation, il faut habiter son être propre. Si la foi est relation, il est bon que nous entendions cette voix qui murmure notre nom...

Lees de meditatie van de dag in het nederlands : Aanbidden of navolgen

Ailleurs, autrement

Auteur: Myriam Tonus
Date: Lundi 5 avril
Référence: Mt 28,10b

 

En Galilée, c'est là qu'ils me verront.

 Pour un peu, l'évangile de ce jour (Mt 28,8-15) finirait par donner le tournis, tant les verbes de déplacements sont nombreux : quitter, courir, aller, venir, être en chemin… Comme si le premier effet du tombeau vide était de susciter chez les disciples de Jésus une forme de dynamisme aux antipodes de la mort. Voici même que le ressuscité vient à la rencontre des femmes ! Là, surprise. Ou plutôt, comme un réflexe qui saisit celles qui le cherchaient : elles lui saisissent les pieds et se prosternent. Et quoi ? N'est-ce pas là un beau geste d'adoration, inspiré par la joie d'avoir enfin retrouvé l'objet de leur désir ? N'est-ce pas ce que doit faire celui ou celle qui dit croire en Jésus Christ ? Mais peut-on entraver le Vivant, le retenir pour soi ? Dieu nous demande-t-il de vivre en baissant la tête ? Les paroles du Christ disent tout le contraire : d'abord et avant tout, chasser la peur qui paralyse ; et puis partir, parler, aller en Galilée…  La Galilée, dans les Évangiles, c'est la région que méprise le pouvoir religieux, une région de petites gens, peu raffinée, pas toujours bien famée (« Que peut-il sortir de bon de Nazareth ? » Jn 1,46). C'est là, en ce lieu sans grandeur ni pouvoir, pas très fiable au plan religieux, que celles et ceux qui le cherchent peuvent pourtant retrouver le visage du Dieu de Jésus Christ. Et nous, quelle est notre Galilée ?

Lees de meditatie van de dag in het nederlands : De dood voorbij

En vie !

Auteur: Myriam Tonus
Date: Dimanche 4 avril
Référence: Col 3,1a ; 3b

 

Vous êtes ressuscités…
Votre vie est cachée avec le Christ en Dieu 

 Oui, le Christ est ressuscité, « réveillé » selon le verbe grec. Mais nous aussi, avec lui ! La fête de Pâques, passage de Jésus par la mort vers la vie en Dieu, c'est aussi notre passage. Oh, bien sûr, passée la joie de cette heureuse annonce, notre quotidien va probablement reprendre son cours un peu paresseux, un peu aplati, à hauteur de vie humaine… Mais c'est quoi, la vie ? La vie biologique de Jésus s'est achevée à sa mort et il en est de même pour chaque être humain. Dire cela, c'est réduire la vie à une seule dimension, certes importante – pourrions-nous exister sans corps ? –, mais qui ne rend pas compte de l'extraordinaire puissance de ce qu'on appelle la « vie », celle qui fait bourgeonner au printemps un arbre apparemment mort, qui fait fleurir entre les pierres une improbable fleur ; celle qui donne à des hommes, des femmes ou des peuples qui ont vécu la destruction de traverser l'enfer et de se reconstruire. Étincelle fragile, presque invisible, qui demeure aux tréfonds de tout être, si vil, misérable, coupable soit-il. Cette vie qui nous révèle plus grands que nous-mêmes, c'est elle que Jésus est venu éveiller en celles et ceux qu'il a approchés. « Ta foi t'a sauvé ! », disait-il. Croire en lui et croire en cette vie, c'est un seul et même mouvement : c'est oser croire qu'il y a en nous ce que ses disciples ont vu en lui : une puissance de vie proprement divine, cette vie-là – la zoè – que la mort n'a pu détruire chez Jésus, qu'elle ne pourra détruire chez nous non plus. Bien sûr, nous n'en sommes pas conscients à chaque instant, cela reste caché en Dieu, avec le Christ vivant. Il est là,  l'inouï de Pâques : cette promesse que nous pouvons, si nous le voulons, commencer à goûter, dès maintenant, la saveur d'un vie vraiment autre…

Lees de meditatie van de dag in het nederlands : Lotgenoten en tochtgenoten


Crédit photo : jack-sooksan

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Méditations en néerlandais

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