Paul devant le Sanhédrin

Myriam Tonus
Samedi après l'Ascension

Paul devant le Sanhédrin

Actes 22,30;23,22

Le lendemain, le commandant voulut savoir avec certitude de quoi les Juifs l’accusaient. Il lui fit enlever ses liens ; puis il convoqua les grands prêtres et tout le Conseil suprême, et il fit descendre Paul pour l’amener devant eux. Fixant du regard le Conseil suprême, Paul déclara : « Frères, c’est en toute bonne conscience que je me suis comporté devant Dieu jusqu’à ce jour. »  Le grand prêtre Ananias ordonna à ceux qui étaient auprès de lui de le frapper sur la bouche.   Alors Paul lui dit : « C’est Dieu qui va te frapper, espèce de mur blanchi ! Tu sièges ici pour me juger conformément à la Loi, et contrairement à la Loi tu donnes l’ordre de me frapper ! »   Ceux qui étaient là dirent : « Tu insultes le grand prêtre de Dieu ? » 

Paul reprit : « Je ne savais pas, frères, que c’était le grand prêtre. Il est écrit en effet : Tu ne diras pas de mal d’un chef de ton peuple. »   Sachant que le Conseil suprême se répartissait entre sadducéens et pharisiens, Paul s’écria devant eux : « Frères, moi, je suis pharisien, fils de pharisiens. C’est à cause de notre espérance, la résurrection des morts, que je passe en jugement. »   À peine avait-il dit cela, qu’il y eut un affrontement entre pharisiens et sadducéens, et l’assemblée se divisa.   En effet, les sadducéens disent qu’il n’y a pas de résurrection, pas plus que d’ange ni d’esprit, tandis que les pharisiens professent tout cela.   Il se fit alors un grand vacarme. Quelques scribes du côté des pharisiens se levèrent et protestèrent vigoureusement : « Nous ne trouvons rien de mal chez cet homme. Et si c’était un esprit qui lui avait parlé, ou un ange ? »   L’affrontement devint très violent, et le commandant craignit que Paul ne se fasse écharper. Il ordonna à la troupe de descendre pour l’arracher à la mêlée et le ramener dans la forteresse.   La nuit suivante, le Seigneur vint auprès de Paul et lui dit : « Courage ! Le témoignage que tu m’as rendu à Jérusalem, il faut que tu le rendes aussi à Rome. »   Lorsqu’il fit jour, les Juifs organisèrent un rassemblement où ils se jurèrent, sous peine d’anathème, de ne plus manger ni boire tant qu’ils n’auraient pas tué Paul.   Les auteurs de cette conjuration étaient plus de quarante.   Ils vinrent trouver les grands prêtres et les anciens pour leur dire : « Nous nous sommes juré, sous peine d’anathème, de ne prendre aucune nourriture tant que nous n’aurons pas tué Paul.   Alors vous, d’accord avec le Conseil suprême, faites un rapport au commandant pour qu’il le fasse comparaître devant vous sous prétexte de mener une enquête plus approfondie sur son cas. Nous nous tenons prêts pour le supprimer avant qu’il n’arrive. »   Mais le fils de la sœur de Paul eut connaissance du guet-apens ; il se présenta à la forteresse et, une fois entré, avertit Paul.   Paul alors appela l’un des centurions et lui dit : « Emmène ce garçon chez le commandant : il doit l’avertir de quelque chose. »   Le centurion le prit avec lui et le mena chez le commandant, auquel il dit : « Le prisonnier Paul m’a appelé pour me demander de t’amener ce jeune garçon qui a quelque chose à te dire. »   Le commandant prit celui-ci par la main, l’emmena à l’écart et l’interrogea en particulier : « De quoi dois-tu m’avertir ? »   Il répondit : « Les Juifs ont convenu de te demander de faire comparaître Paul demain devant le Conseil suprême sous prétexte d’une information plus approfondie sur son cas.   Mais toi, ne leur fais pas confiance ; en effet, parmi eux plus de quarante hommes préparent un guet-apens contre lui : ils se sont juré, sous peine d’anathème, de ne plus manger ni boire tant qu’ils ne l’auront pas supprimé. Et maintenant, ils se tiennent prêts en attendant ton accord. »   Le commandant renvoya le jeune garçon en lui donnant cette consigne : « Ne raconte à personne que tu m’as rapporté tout cela. »

 

 

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