Esprit, tu nous donneras de ta liberté

Dès lors, que personne ne vienne me tourmenter, car je porte dans mon corps les marques des souffrances de Jésus. Frères, que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit. Amen.

Ga 6,17-18

Dominique Olivier
50-50

Esprit comme le vent, nous ne savons pas d’où tu viens, Esprit comme le vent, nous ne savons pas où tu vas, tu nous donneras de ta liberté.

Cet hymne à l’Esprit Saint colle à notre actualité : fête de Pentecôte et méditation finale de la lettre de Paul aux Galates, un hymne musclé à la liberté.

La liberté est subtile. Elle a plusieurs couches. Au plus profond, la liberté intérieure est peut-être celle qui nous permet de dire haut et fort notre vérité, à l’exemple de Paul. Il prend sa liberté pour affirmer son attachement corporel au Christ et ce passage par le corps ne souffre aucune discussion. C’est le ‘je suis’ de Paul. Ainsi, personne ne peut m’empêcher de m’interroger sur le sens de mon existence. C’est ma liberté intérieure, fondamentale et ma foi en Christ vient, non pas la brider, mais la renforcer.

La liberté intérieure, se tricote avec la liberté relationnelle. Nous projetons tous sur autrui nos désirs comme des filins pour amarrer notre bateau affectif par peur de la solitude, pour tromper l’angoisse sur laquelle on navigue. On se ligote en ligotant autrui. Pourtant, les liens sont indispensables à notre survie. Ces liens nous permettent de nous amarrer ensemble, pour des durées variables, en pleine mer, pour une navigation de concert, toujours plus compliquée, incertaine, mais riche d’ouverture, en un mot de Vie. C’est cette double liberté subtile qu’utilise Paul quand il est capable, dans le même message, « d’engueuler » les Galates et de terminer sa lettre en les appelant frères. Il ne cherche pas à ligoter ses frères. Il cherche à les amarrer à la seule liberté possible, celle que donne l’Esprit du Christ comme enfants d’un même Père !

Sans une bonne dose d’espérance, impossible de naviguer en terre inconnue. Paul nous rappelle que la seule amarre possible est l’Esprit même du Christ, l’amour du Père qui nous aime, chacun, libre et rempli de joie. Qu’en ce jour de Pentecôte, l’Esprit nous donne de sa liberté !

Dominique Olivier
Liège