Ce que l’on a semé, on le récoltera

Celui qui reçoit l’enseignement de la Parole doit donner, à celui qui la lui transmet, une part de tous ses biens. Ne vous égarez pas : Dieu ne se laisse pas narguer. Ce que l’on a semé, on le récoltera. Celui qui a semé en vue de sa propre chair récoltera ce que produit la chair : la corruption ; mais celui qui a semé en vue de l’Esprit récoltera ce que produit l’Esprit : la vie éternelle.
Ga 6,5-8

Marcel Braekers
45-50

Le dernier chapitre de la lettre aux Galates est une suite de conseils quelque peu désordonnée. Il donne l'impression qu'un auteur ultérieur a rassemblé des déclarations éparses de Paul. Aux versets 6 à 10, il est dit : « Celui qui reçoit l’enseignement de la Parole doit donner, à celui qui la lui transmet, une part de tous ses biens. » La Naardense Bijbel  propose plus précisément que celui qui reçoit l’enseignement doit partager « toutes les bonnes choses ». On retrouve cette même exhortation dans la lettre aux Romains (15, 27) et dans la première lettre aux Corinthiens (1Cor 9,11). Chaque fois, il est clair que par « bonnes choses », il faut entendre un soutien matériel.

Il est étrange que Paul doive répéter cela à plusieurs reprises. Nous pourrions penser qu'il s'agit d'une forme élémentaire de fraternité. Les prêcheurs itinérants étaient des figures passionnées mais également vulnérables : certains d'entre eux étaient bien éduqués et servaient de modèle pour les autres, mais la plupart étaient plus faibles intellectuellement et avaient tout laissé derrière eux (ce qui souvent ne signifiait pas grand chose). Ce sont les premiers prédicateurs qui ont jeté les bases de l'Église postérieure. Dans les Évangiles —écrits beaucoup plus tard— ce mode de vie devient un conseil évangélique. « N'apportez rien pour la route, pas de bâton, pas de sac de voyage, pas de pain, pas d'argent, pas de vêtements. »

Paul a donc défendu ces personnes vulnérables alors qu'il n'en avait pas besoin pour lui-même. Son métier de fabricant de tentes était très populaire et il semble qu’il ait pu emporter quelques outils pour travailler. Il est cependant étrange de voir que de riches communautés —qui appréciaient écouter l'enseignement de prêcheurs itinérants —aient pu laisser ceux-ci à leur sort. Qu'avaient-elles alors compris du message ? Qu'est-ce que l'Esprit a fait naître en elles ?

L’enthousiasme insouciant et désintéressé contraste ainsi fortement avec l'attitude négligente et égocentrique de certains auditeurs. En définitive, une foi qui ne se montrerai pas solidaire aussi bien avec les personnes partageant les mêmes idées qu’avec les "autres" serait une foi plutôt ambiguë.

Marcel Braekers
Heverlee

Wat een mens zaait zal hij ook oogsten

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