Dans un esprit de douceur

Frères, si quelqu’un est pris en faute, vous, les spirituels, remettez-le dans le droit chemin en esprit de douceur ; mais prenez garde à vous-mêmes : vous pourriez être tentés, vous aussi. Portez les fardeaux les uns des autres : ainsi vous accomplirez la loi du Christ.
Ga 6,1-2

Antoinette Van Mossevelde
43-50

En deux versets à peine, Paul esquisse toute une manière de vivre !

Il s'agit de cette attitude qui cherche la guérison, de nouvelles opportunités, de la solidité au sein de la communauté, qui se met en quête de ce qui est perdu. Nous entendons ici un écho aux paroles de Jésus dans l'Évangile de Luc : « Il y a plus de joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de salut. » (Luc 15,7)

Il ne s’agit pas de devenir des champions de la charité, mais bien de vivre dans un « esprit de douceur ». De cet esprit de douceur, le psaume 37 et la troisième béatitude en font écho: « Heureux les doux, car ils auront la terre en héritage». (Matt. 5, 5)

L'esprit de douceur révèle sa pleine dimension dans les ‘situations difficiles’, dans les conflits, là où se trouvent injustice et violence. Il ne s'agit pas de subir ou de permettre que les crimes se produisent. Bien au contraire, l’esprit de douceur nous invite à agir de manière tendre, en ne permettant pas qu’une attitude puisse être imposée par les agissements d’une autre personne. Il s’agit de refuser que notre comportement soit dicté par un autre, mais qu’il le soit plutôt par notre tendre force d'action. Pour cela, il nous faut témoigner de notre capacité de résistance non violente et de notre courage de nous impliquer face à la misère —qu'une personne se fait à elle-même ou aux autres— et face à l'injustice dont les gens sont et restent responsables. L’esprit de douceur ne nous laisse pas seuls face à ces enjeux.

La douceur accepte notre désir mais aussi notre incapacité à être la personne que nous voudrions être. Elle traite avec soin nos côtés vulnérables et défaillants, et ceux des autres. Une telle capacité se développe lorsqu'elle s’enracine dans une force, douce et généreuse : celle du Souffle créateur, de l'Esprit qui rassemble ce qui est divisé.

En fonction des personnes et dans certaines situations, la construction de la fraternité requiert plus que de la charité. Cela suppose le développement de notre sécurité sociale, l'annulation de la dette de tant de pays du tiers monde, l'engagement en faveur d'un système fiscal équitable et d'un commerce mondial équitable,... Il s'agit d'actions de solidarité dans lesquelles nous nous aidons à "porter les fardeaux les uns des autres"

Antoinette Van Mossevelde
Gent

In een geest van zachtmoedigheid

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