Vous avez été appelés à la liberté

Et moi, frères, si, comme certains le prétendent, je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté ? Car alors cette prédication abolirait le scandale de la Croix. Qu’ils aillent donc jusqu’à se mutiler, ceux qui sèment le désordre chez vous. Vous, frères, vous avez été appelés à la liberté. Mais que cette liberté ne soit pas un prétexte pour votre égoïsme ; au contraire, mettez-vous, par amour, au service les uns des autres.
Ga 5, 11-14


Mary Lucy

29-50

En ce temps d’épidémie, toutes sortes de restrictions sont imposées à nos activités quotidiennes. Nous acceptons ces mesures dans leur intérêt pour le bien commun... mais cela signifie-t-il réellement que nous sommes devenus moins libres ?

La liberté est un des droits de l'homme les plus précieux. Comme croyants, nous considérons cette liberté comme un principe fondamental de notre humanité, donné par Dieu. Par le baptême, nous recevons une nouvelle liberté intérieure. Saint Paul nous le rappelle : « Vous avez été appelés à la liberté » (Gal 5, 13).

Mais qu'est-ce que cette liberté ? Afin de parvenir à une bonne compréhension, nous devons tourner nos yeux vers la Croix. Avec les yeux du monde, le Crucifié n'est pas une image de force et de victoire, mais de faiblesse et de défaite. C'est le « scandale de la croix ». Malgré sa toute-puissante, Jésus a choisi la faiblesse : « Nul ne peut m’enlever ma vie : je la donne de moi-même.» (Jn 10, 18). C'est ainsi que la croix devient le signe décisif de la liberté. Par amour pour nous et afin d'accomplir la volonté du Père, Jésus prend sa croix et donne librement sa vie. Jésus nous donne l'exemple de la liberté par le don de soi, et non de la liberté comme ‘prétexte d’égoïsme’.

Comme chrétiens, nous participons déjà à la vie éternelle grâce à la puissance divine qui vit en nos cœurs. Par cette grâce, nous pouvons accomplir des actes d'amour. L'amour nous appelle à aller au-delà de simples gestes de bonté. Avec le souffle de l’Esprit, nous apprenons à servir notre prochain à l'exemple de Jésus. Une telle liberté intérieure et véritable ne grandit en nous que lorsque nous prenons notre propre croix avec amour et que nous suivons Jésus.

Zr. Mary Lucy Sundry
Sittard (NL)

U werd geroepen tot vrijheid

 

Le chemin de l’amour : le plus grand défi de notre humanité

Car toute la Loi est accomplie dans l’unique parole que voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres.
Ga 5, 15-16


Blandine Vanderlinden
Dominique van Duyse

30-50

Le message de Jésus-Christ, que rappelle Paul dans l’ensemble de sa lettre, porte sur deux valeurs essentielles et liées, la liberté et l’amour. Toutes deux forment un couple indissociable et constituent le socle de notre humanité.

Nous sommes libres —et responsables— de nos choix, alors comment les orienter ? Comment leur donner sens ? La réponse nous est donnée par Jésus-Christ dans son commandement suprême.

Arrêtons-nous sur le terme amour. Que signifie vraiment aimer ? Qu’est-ce qu’aimer ? Pour nous, aimer est fondamentalement un acte de foi, il est également une décision, et il n’y a pas d’amour sans liberté.

Un acte de foi. On ne sait pas dire pourquoi on aime son partenaire, ses enfants, son voisin.  On aime son enfant parce qu’il est son enfant. C’est tout. C’est ainsi… Il n’y a pas d’autre explication…  C’est un acte de foi. Il  peut s’exprimer en "je crois en toi".

Une décision, une posture. Aimer c’est décider de porter un regard d’amour vers l’autre, vers la vie. C’est décider que ma vie soit orientée vers, et par, l’amour. Aimer son prochain s’exprime par la bienveillance, le respect, par tout acte lui permettant d’épanouir tout son soi, de prendre son envol. Les exemples d’actes d’amour sont innombrables aujourd’hui : le corps médical qui se dévoue au risque de sa propre santé, les commerçants qui travaillent avec cœur dans des conditions difficiles, les bénévoles qui rendent de multiples services, … Plus humblement aussi, mais tout aussi fort et important, nous pouvons retrouver l’acceptation et le respect du confinement, le port du masque pour protéger l’autre, ou tout simplement apporter de la joie autour de soi.

Une liberté. Aimer est un élan du cœur, un geste gratuit et sans attente. Si on ne s’aime pas, nos portes intérieures sont fermées. S’aimer soi-même permet d’être libéré de toutes nos peurs et blessures et de s’ouvrir. S’ouvrir à oser aimer l’autre, le seul chemin vers plus d’humanité : un fameux défi !

Blandine Vanderlinden
Dominique Van Duyse
Liège

 Het pad van de liefde : de grootste uitdaging van onze mensheid

 

Dieu est à nos côtés

Je vous le dis : marchez sous la conduite de l’Esprit Saint, et vous ne risquerez pas de satisfaire les convoitises de la chair. Car les tendances de la chair s’opposent à l’Esprit, et les tendances de l’Esprit s’opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire tout ce que vous voudriez. 
Ga 5, 16-17


Patrick Lens

31-50

Le problème est connu: parfois nous faisons des choses que nous préférerions faire différemment. Nous ne le remarquons généralement qu'après. Ou nous ne faisons pas ce que nous voulons réellement. Ensuite, nous ressentons généralement quelque chose comme du découragement et de la fatigue. Ajoutez à cela une bonne dose de perfectionnisme, ou une pensée défaitiste : cela ne devait pas m'arriver!

Paul soupire parfois: «Homme malheureux que je suis.» C’est facile à comprendre. Être chrétien est considéré par beaucoup de gens en termes de morale ou d'engagement. Bien sûr que c’est bien, mais cette vision a aussi ses angles morts. La plupart des chrétiens oublient que la foi est aussi un combat spirituel.

Il n'y a pas seulement en nous de l'impuissance, mais aussi de la résistance. Il y a aussi la faiblesse, la division intérieure. La Bible appelle cela le péché. Il ne s'agit pas seulement des nombreuses choses que nous pouvons mal faire, mais d'une tendance, une zone de non-liberté en nous. Jésus est venu nous en délivrer. Pour cela, le jour de Pâques et à la Pentecôte, il nous donne son Esprit.

Il se bat de notre côté, car nous ne pouvons pas le faire seuls. C'est quelque chose que beaucoup de croyants oublient, ou qu’ils ne savent même pas du tout. C'est la raison pour laquelle ils se découragent si vite. Ils pensent qu'ils doivent être parfaits pour être un bon chrétien, mais ils découvrent que ce n'est pas si facile et, dès lors, ils abandonnent.

Non, un bon chrétien est quelqu'un qui est prêt à se battre, ou plutôt qui est prêt à accepter qu'il a besoin d'aide. C'est le péché en nous qui nous empêche d'être libres, et nous ne pouvons le combattre qu'avec l'aide de l'Esprit. Nous pensons si vite que Dieu n'est pas satisfait de nous parce que nous faisons des erreurs, mais nous oublions que Dieu, par Son Esprit, est en fait de notre côté.

Patrick Lens
Bruxelles

God staat aan onze kant 

 

Paul a été entendu


Michel Van Aerde

Paul a été entendu
Chapitre 5

Il n’est pas question de bâtir une théologie sur quelques versets, pas même sur un chapitre. Nous devons nous garder de monter en épingle quelques mots. Mais nous pouvons réfléchir aux conséquences lointaines des appels de l’Apôtre et nous demander, au vu de l’actualité, s’il n’a pas été entendu à l’excès.

Durant ce temps de confinement, certains auront vu sur Netflix « Unorthodox », une histoire vraie. Esty,  jeune hassidique newyorkaise de 19 ans, fuit son mariage et sa communauté ultra-orthodoxe, pour se réinventer à Berlin en vue d’une formation musicale et d’une insertion sociale moderne.

Cette lente et douloureuse métamorphose donne tout son relief aux propos de Paul mais celui-ci n’est-il pas dépassé par la réalité ? La circoncision ne fait plus problème depuis longtemps, la confession non plus, le mariage de moins en moins, le baptême des enfants est reporté à leur maturité. En ces temps de confinement l’eucharistie n’est pas possible. Les prêtres partagent la condition commune. Ils souffrent sans recevoir le sacrement des malades. Ils meurent sans le viatique. Ils se passent d’enterrement religieux. A Saint-Pierre de Rome, la liturgie adopte un minimalisme tel que Luther, Calvin ou Zwingli protesteraient. Il ne reste plus rien, si ce n’est la foi. La foi nue, sans religion.

Le pape François souhaitait « une Eglise en sortie ». Nous y sommes. Elle est universelle, catholique. Et si les signes sont invisibles, l’Esprit n’en souffle pas moins. C’est le cas pour toutes les institutions. Les universités sont à distance, les consultations médicales aussi. L’approvisionnement se fait par livraison ou par « drive » (car on mange encore, comme on prie encore). Le paiement est « sans contact ». Il n’y a plus « d’espèces sonnantes et trébuchantes », plus même de « monnaie fiduciaire » donc. Tout est encore plus affaire de confiance. Le chiffre des morts ne cesse d’augmenter mais la bourse remonte déjà car on entrevoit la fin du confinement. L’espérance renaît, du moins l’espoir des financiers, car l’espérance est une vertu théologale. Et puisque l’espoir renaît, l’argent revient, même s’il a été déjà distribué par milliers de milliards, virtuellement.

L’Eglise est devenue universelle, sans plus aucune frontière, tout comme la solution à notre crise sanitaire. Car on le voit bien. Même si les gouvernements en appellent à la guerre, c’est à l’humanité entière de se mobiliser, de s’organiser pour lutter. La solution réelle est au niveau international. L’humanité ne s’est jamais sentie aussi interdépendante, unie pour le meilleur et pour le pire. Elle apprend, tant bien que mal, dans un esprit commun que l’on identifiera ou non, à s’organiser. Il faut produire des masques, des respirateurs, des médicaments et surtout le fameux vaccin qui seul apportera le salut. Ce « salut » sera pour tous ou il ne sera pour personne. Et ce geste occasionnel, auquel peu de théologiens nieront une valeur spirituelle, sans qu’aucune espèce de foi ne soit nécessaire, ex opere operato, comme on disait jadis, produira l’effet attendu.

Je propose cette analogie que Paul n’aurait peut-être pas rejetée : il y a un moment où les « gestes barrières », où l’isolement dans son identité nationale, familiale, ne suffit plus. Il faut affronter le mal lui-même, c’est à dire la mort. Et, comme dans un vaccin, on se laisse inoculer le virus (atténué) : il faut « y passer »,  « passer par cette mort à soi-même » (que signifie le baptême), pour vivre vraiment déconfiné, ressuscité.

Le vaccin : une sorte de baptême ? Le baptême : une sorte de vaccin, contre la pire des morts, la mort spirituelle ? Et, si l’on va plus loin, l’Esprit : un anti-corps, un anti-inflammatoire régulateur ?

Michel Van Aerde
Bruxelles

 

Les forces terribles de la chair

Mais si vous vous laissez conduire par l’Esprit, vous n’êtes pas soumis à la Loi. On sait bien à quelles actions mène la chair : inconduite, impureté, débauche, idolâtrie, sorcellerie, haines, rivalité, jalousie, emportements, intrigues, divisions, sectarisme, envie, beuveries, orgies et autres choses du même genre. Je vous préviens, comme je l’ai déjà fait : ceux qui commettent de telles actions ne recevront pas en héritage le royaume de Dieu.
Ga 5, 18-21


Raphaël Devillers
32-50

« La chair et l’esprit » : le couple de mots, que Paul vient d’employer, est célèbre mais n’est pas toujours bien compris. Ils ne désignent pas « le corps et l’âme ». La chair n’est pas la sexualité (on parle des péchés de la chair) et l’esprit n’est pas l’intériorité, la spiritualité. 

La chair, c’est la nature humaine laissée à elle-même, volcan incontrôlable de besoins et d’irascibilité. L’Esprit désigne la Force divine qui est donnée par le Christ et qui libère l’homme. Enchantés d’apprendre par Paul qu’ils ne sont plus sous la Loi mais libres sous l’Esprit, des Galates ont mal compris cette liberté et sous estimé la puissance des désirs de la chair. Puisque Jésus libérait de la Loi, on pouvait donc suivre ses penchants égoïstes, satisfaire sa recherche du bonheur, fuir le danger de la différence. 

Paul les met en garde contre cette dérive et leur rappelle le mal que peuvent causer les sollicitations de la chair. Il donne une liste de 16 actions de la chair laissée à elle-même. 

D’abord 3 déviances de la sexualité : « libertinage, impureté, débauche ». Mais Paul ne s’attarde pas davantage : il n’est pas l’obsédé sexuel que l’on a parfois dénoncé. Ensuite 2 perversions du culte divin : « idolâtrie et magie ». Faire ses propres dieux et les utiliser à son service. Vient alors la liste la plus longue, donc la plus importante, celle de 8 péchés contre l’amour du prochain : « haines, discorde, jalousie, emportements, rivalités, dissensions, factions, envie ».  Enfin les excès de table : « beuveries, ripailles et autres choses semblables ». 

Que l’on ne dise pas que ce n’est pas si grave. Paul répète ce qu’il avait déjà enseigné : les acteurs de ces choses n’entrent pas dans le Royaume de Dieu. 

Tout tourne autour du rejet de l’autre. Paul ne venait-il pas de dire que le cœur de la vie accomplie est : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » ? Et il va poursuivre dans la même ligne en parlant du « fruit de l’Esprit ». 

Annoncer la liberté par l’Esprit fait peur car cette liberté n’est vraie que dans une existence donnée pour les autres. Jusqu’à la croix. Ainsi a fait Jésus.

Raphaël Devillers
Liège

De verschrikkelijke krachten van het vlees 

 

Amour

Mais voici le fruit de l’Esprit : amour
Ga 5,22


Antoinette Van Mossevelde
33-50

Dans les versets précédents, Paul nous a dressé la liste des actions qu'une vie sans foi peut amener. Ce qui suit maintenant est un encouragement à vivre selon l'Esprit.

L'Esprit —fragile, étrange et insaisissable— devient ainsi visible et concret dans le comportement humain. Le fruit de l'Esprit est l'amour: le fait de vivre d'un amour créateur qui nous désire dans la vie et nous aime. Qui désire et aime chaque personne. Qui nous demande de reconnaître et de traiter les autres comme nous-mêmes : comme désiré et digne d'amour. Car chacun est une image unique du Créateur selon les mots bouleversants de la Genèse (Gn 1:26).

Accueillir un tel amour et lui permettre de s'épanouir pleinement dans notre vie est loin d'être évident. Cela se heurte constamment à ce que Paul appelle les œuvres de la chair et de notre nature pécheresse : cette tendance humaine à rechercher d'abord ce qui est immédiatement tangible ou une gratification instantanée, les ambitions de l'ego qui considère d'abord ses propres intérêts, la peur d'être insignifiant qui conduit à des petits comportements mesquins,...

Pourtant, il nous est possible d’apprendre un tel amour : en faisant confiance en l'amour créateur de Dieu, commencement de toute vie et de chaque nouvelle vie. Il s’agit de s’abandonner petit à petit à Dieu qui, en Jésus, se montre solidaire de chacun de nous. Jésus de Nazareth est l'incarnation même de ce commandement qui résume toute la Torah : tu aimeras ton prochain comme toi-même (Gal. 5:14 ; Lév. 19:18). Dieu se fait homme dans un Amour qui invite et accueille tout le monde sans exception. L’Esprit de vie est ainsi destiné à tous ceux qui sont exclus. Qu’il nous embrase pour ne laisser tomber personne en dehors d’un tel amour, même un ennemi !

Voilà pourquoi nous sommes libérés : pour aimer, et pour être une bénédiction les uns pour les autres.

Antoinette Van Mossevelde
Gent

 

 

Joie

JOIE
Ga 5,22


Marianne Goffoël
34-50

La joie est l’un des fruits de l’Esprit, nous dit Saint Paul ! Selon le dictionnaire la joie est une émotion agréable, un sentiment de satisfaction ou de plaisir de durée limitée…. La joie dont nous parle l’Apôtre est tout autre, au point de constituer cet élément fondateur de sa foi en Christ. Cette joie s’enracine et se nourrit de cette rencontre personnelle avec le Christ, qui bouleversa sa vie sur la route de Damas.

Les exemples d’une telle joie abondent dans l’évangile. Comme dans le récit d’Emmaüs, l’évangile du soir de Pâques : « (…) Et ils se dirent l’un à l’autre : « notre cœur ne brûlait-il pas en nous tandis qu’il nous parlait en chemin et nous ouvrait les Ecritures » (Lc 24,32). Quelque chose s’est passé au plus profond d’eux-mêmes, l’expérience d’une rencontre,  celle de la présence de Dieu qui  se dévoile au cœur même de cette rencontre.

Ou encore  Marie, « qui partit en hâte (…). Elle entra dans la maison de Zacharie et salua sa cousine Elisabeth » (Lc 1, 39-40). Une explosion de joie réciproque ! « Lorsqu’Elisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant bondit dans son sein et Elisabeth fut remplie de l’Esprit-Saint » (Luc 1, 41)  et Marie de s’écrier  « … mon esprit s’est rempli d’allégresse à cause de Dieu, mon Sauveur … » (Lc 1, 47).

Ces trois exemples, bien loin d’évoquer un enthousiasme passager, nous disent une certitude joyeuse, expression d’une réalité incroyable, extraordinaire. Cette réalité est fruit de l’Esprit, source d’une énergie communicative, moment clé d’une vie, souvenir impérissable, moment-source, référence vitale lors de moments plus difficiles.

Le Christ  nous donne sa vie. Vivons de sa vie même,  « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2,20).   A la suite de tous ces personnages, avec notre propre expérience chantons, en toute occasion, « Alléluia »,  pour exprimer cette joie.

Marianne Goffoël
Bruxelles

 

 

Paix

Paix
Ga 5,22


Marcel Braekers
35-50

Paul énumère toute une série de qualités pour décrire ce qu’est, selon lui, la vie selon l’Esprit. Il n'a manifestement pas oublié sa formation stoïcienne. Paul, devenu disciple du Christ, va cependant beaucoup plus loin. Il décrit maintenant l'homme nouveau, celui en qui l'Esprit de Dieu et de Jésus-Christ est à l'œuvre.

Aujourd’hui, commentons une de ces qualités : la « paix ».

Nous pourrions penser que s'il y a une condition ou une qualité de vie que nous avons à portée de mains, c'est bien la paix. Toutes les querelles, les guerres, les disputes de famille, les querelles de voisinage sont le résultat de la jalousie, de la cupidité, de la domination, etc. En réglant cela, les gens ne pourraient-ils pas vivre en paix par eux-mêmes ? Pourtant, Paul pense différemment. Certes, régler les conflits que je viens d’énumérer est essentiel, mais ils ne touchent que le niveau le plus élémentaire de la paix. Il s’agit de la paix la plus accessible et la plus gérable. Pour Paul, une dimension plus profonde est la paix comprise comme un don de l'Esprit. C'est la paix que nous ressentons lorsque nous nous sommes réconciliés avec nous-mêmes, la paix qui survient lorsque la vie offre une nouvelle perspective, peu importe ce qui s'est passé, c’est la paix ressentie parce que nous nous sentons aimés au plus profond de nous-mêmes.

N’avons-nous pas besoin de cette paix profonde et spirituelle pour établir la paix quotidienne de nos cœurs ? Ceux qui se savent reconnus et aimés au plus profond d'eux-mêmes ont ainsi une base solide pour se réconcilier, pour abandonner toute suffisance, pour faire un premier geste de rapprochement. Le don de l'Esprit provoque ainsi un profond bouleversement chez ceux qui sont convertis au Christ !

Marcel Braekers
Heverlee