Colère d'amour

Votre course partait bien. Qui vous a empêchés d’obéir à la vérité ? Cette influence-là ne vient pas de Celui qui vous appelle. Un peu de levain suffit pour que toute la pâte fermente. Moi, j’ai dans le Seigneur la conviction que vous, vous n’adopterez pas une autre façon de penser. Quant à celui qui met le trouble chez vous, il en subira la sanction, quel qu’il soit..
Ga 5, 7-10


Myriam Tonus

28-50

Paul, on le sent, est vraiment piqué au vif. Il est déçu, comme on peut l'être lorsqu'on pense avoir donné à l'autre le meilleur de soi, le meilleur pour lui… et qu'il prend un chemin qui ne le mènera nulle part. Comment comprendre, en effet, que l'on puisse ne pas être bouleversé, ainsi que Paul l'a été, par le message du Christ qui ouvre une extraordinaire voie de libération? Comment peut-on se soumettre à des règles humaines contraignantes alors qu'on est appelé par une parole qui ne veut que la vie de l'humain, sous le signe de la liberté et de l'amour ? La question demeure posée : comment peut-on confiner sa foi dans des formes rituelles, des obligations, une obéissance aveugle, alors même que notre filiation divine devrait nous donner de penser et d'agir comme le Christ lui-même ? 

"Un peu de levain suffit pour que toute la pâte fermente" : Paul possède l'art consommé de suggérer une chose et son contraire ! Le ferment fait lever la pâte, en effet, mais s'il n'est pas bon, il rendra le pain immangeable. Qu'est-ce donc qui fermente, chez les Galates ? Et en nos cœurs ? Bien des choses peuvent travailler les êtres humains : des discours creux, des illusions, un ego plein de lui-même. Mais probablement le levain dont parle Paul est-il plutôt comme ce bon vent qui gonfle les voiles et permet d'aller au large. Accueillir en soi le souffle divin, c'est déjà se mettre en route. Et disant cela, c'est comme si l'apôtre laissait tomber irritation et déception. Le voici qui retrouve sa bienveillance fraternelle, son amour et sa confiance en l'humain : "j'ai la conviction que vous n'adopterez pas une autre façon de penser". L'agapè veut le vrai et parfois il faut secouer ceux qu'on aime. Mais au final, unis dans une fraternelle tendresse, on passe par-delà les errances. Quant à celles et ceux qui s'ingénient à récupérer l'Évangile pour assoir leur pouvoir, eh bien cela finira par se retourner contre eux. Parole d'apôtre.

Myriam Tonus
Dampremy

Woede van de liefde 

 

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