C’est par l’Esprit que nous attendons la justice

Vous qui cherchez la justification par la Loi, vous vous êtes séparés du Christ, vous êtes déchus de la grâce. Nous, c’est par l’Esprit, en effet, que de la foi nous attendons la justice espérée. Car, dans le Christ Jésus, ce qui a de la valeur, ce n’est pas que l’on soit circoncis ou non, mais c’est la foi, qui agit par la charité.
Ga 5, 4-6


Tommy Vandendriessche

27-50

La bonté et la miséricorde de Dieu sont centrales dans le Premier Testament.   La Loi de Dieu est chantée comme un don, comme une « grâce ». Pourtant, les paroles de Paul ont souvent été interprétées comme amenant une opposition entre la Loi et la Grâce. Il n'y a pourtant aucune raison de croire que le judaïsme a eu tendance à devenir davantage légaliste à son époque. Nous pouvons en effet traduire « Torah » par «chemin de vie», peut-être même par «chemin d'amour». 

L'amour n'est pas possible sans passer par des actes concrets et des actions vertueuses. Pour Dietrich Bonhoeffer, la grâce serait alors « à bon marché ». Lorsque Paul parle de grâce, il ne s’agit en rien d’une bienveillance magique et automatique de Dieu. Paul a bien compris que nous avons souvent tendance à nous "justifier" en invoquant nos propres actes. Comme si, pour quelque chose ou quelqu'un, il nous fallait tenir des comptes. En ce sens, Paul fait de vifs reproches à ses coreligionnaires et ses contemporains. Et ces reproches sont adressés à nous-mêmes également.  L'autojustification revêt bien des formes, pas seulement religieuses : « J'ai mis mes talents au service de notre économie. J'ai donc droit à une certaine reconnaissance sociale ».

Dans notre culture néo-libérale, n’avons-nous pas parfois des difficultés à accepter que des personnes reçoivent des soins, de l'affection, des prestations ou des services sociaux tout à fait "gratuitement"? "Nous sommes souvent dans le « donnant donnant ». Nous voulons bien évidemment aider les personnes vulnérables (les pauvres, les réfugiés, les personnes psychologiquement fragiles, ...) mais c'est comme si elles devaient correspondre à l'image du "bon" pauvre, malade, ... La parabole des ouvriers de la onzième heure est aujourd'hui aussi provocatrice qu'au premier siècle !  Paul est catégorique : celui qui veut se justifier est déchu de la grâce.  Il n'est dès lors pas facile de voir notre vie comme "n'importe quel cadeau". Elle suppose une attention, un lien réel avec ce qui est vulnérable, mais aussi également avec ce qui est le plus fragile en nous. ​

Tommy Vandendriessche
Roeselare

Wij verwachten door de Geest de verhoopte gerechtigheid van het geloof 

 

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