Du fils de l’esclave à la liberté d’enfant de Dieu

Il y est écrit en effet qu’Abraham a eu deux fils, l’un né de la servante, et l’autre de la femme libre. Le fils de la servante a été engendré selon la chair ; celui de la femme libre l’a été en raison d’une promesse de Dieu. Ces événements ont un sens symbolique : les deux femmes sont les deux Alliances. La première Alliance, celle du mont Sinaï, qui met au monde des enfants esclaves, c’est Agar, la servante. Agar est le mont Sinaï en Arabie, elle correspond à la Jérusalem actuelle, elle qui est esclave ainsi que ses enfants, tandis que la Jérusalem d’en haut est libre, et c’est elle, notre mère. L’Écriture dit en effet : Réjouis-toi, femme stérile, toi qui n’enfantes pas ; éclate en cris de joie, toi qui ne connais pas les douleurs de l’enfantement, car les enfants de la femme délaissée sont plus nombreux que ceux de la femme qui a son mari.
Ga 4, 22-27


Marianne Goffoël

24-50

Un jour, je parlais avec une amie bouddhiste de nos voies respectives, alors que nous nous promenions  dans le jardin d’un monastère chrétien. Soudain, dans un coin à l’abri des regards, nous nous sommes retrouvées devant un calvaire. Là se dressait une croix pointée vers le ciel et sur laquelle était cloué le Christ….  Pour moi, chrétienne, il s’agissait là d’une représentation habituelle. Par contre, la réaction de cette amie bouddhiste me surprit. Comment  —s’exclama-t-elle—  peut-on représenter une croix, instrument de torture et de supplice, sur laquelle est « pendue » une personne que les chrétiens prétendent être un Dieu ! Certes, une telle réaction devant une image aussi atroce est bien compréhensible, lorsque le sens échappe complètement à ceux qui y sont confrontés. C’est pourtant là le cœur de notre foi. Le temps pascal ravive en nous tout le mystère qu’il représente. Durant la nuit de Pâques, nous lisons le livre de l’Exode, et comment le Seigneur entendit le cri de son peuple et le libéra de la servitude d’Egypte. Une telle libération ne se fit pas sans peine. Si Dieu mit ainsi son Peuple en chemin, ce fut à travers bien des vicissitudes…. avant d’arriver à la terre promise.

Le Christ, à son tour, traverse la nuit de la Passion, dans la douleur, en portant le poids du mal et du péché du monde. Il revêt ainsi pleinement la condition humaine.  La croix est signe de torture, mais aussi instrument de libération. Il n’y a pas donc pas de libération sans souffrance à traverser, à « passer ».  Aujourd’hui encore, le mal et la souffrance  sont là… mais le Christ a vaincu le mal. Nous pouvons, à sa suite, passer de l’esclavage à la liberté d’enfants de Dieu.

Marianne Goffoël
Bruxelles

Van slavenkinderen naar de vrijheid van de kinderen Gods  

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