Une révolution

En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ ; il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus. Et si vous appartenez au Christ, vous êtes de la descendance d’Abraham : vous êtes héritiers selon la promesse.
Ga 3, 27-29


Myriam Tonus

18-50

Paul, dans son hymne à la libération, repousse les limites aussi loin que possible. Ce ne sont plus seulement les devoirs religieux dont nous sommes affranchis, mais aussi des répartitions installées dans toutes les sociétés, qui justifient sans le dire le pouvoir de certains humains sur d'autres. Au temps de l'Apôtre, chacun est censé occuper sa place : hommes et femmes, esclaves et hommes libres, Juifs et païens. Les rapports sont, dans les faits, marqués par la domination : l'homme est le chef de la femme (Paul le rappellera dans sa lettre aux Ephésiens), le maître a autorité sur l'esclave, un Juif est supérieur à un païen. Cela ne saurait être remis en cause, personne d'ailleurs ne songe à le contester. Et voici que Paul semble effacer d'un seul mot toutes ces différences ! Cela signifierait-il qu'en Christ, tous les humains sont identiques ? Pas du tout. À de nombreuses reprises, Paul fait l'éloge de la diversité dans les communautés.

Ce qu'il proclame ici, c'est rien de moins que la fin des rapports de domination. C'est-à-dire qu'il pose l'égalité en horizon. Pas encore l'égalité de droits : au 1e siècle, on est encore dans des formes de société très hiérarchisées. Mais affirmer que les inégalités de statuts ne peuvent plus justifier des comportements de pouvoir et de domination, voilà qui est proprement révolutionnaire !  Que l'agapè – cet amour inconditionnel apporté par le Christ – circule entre homme et femme, maître et esclave, juif et païen, c'est renverser l'ordre du monde. Et c'est bien ce que Paul mettra lui-même en pratique dans sa vie : il met en avant ses collaboratrices féminines (mais oui !) ; il considère Onésime, esclave fugitif, comme son frère ; ses chères communautés sont faites de païens convertis. Libéré par le Christ, il proclame la libération entre humains. L'inouï de cette annonce demeure d'une actualité brûlante !

Myriam Tonus
Dampremy


 

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