Introduction à la lettre aux Galates
  • Séquence 1 : Introduction à la lettre aux Galates

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Persévérer et garder courage

PAUL, apôtre, – envoyé non par des hommes, ni par l’intermédiaire d’un homme, mais par Jésus Christ et par Dieu le Père qui l’a ressuscité d’entre les morts, – ainsi que tous les frères qui sont avec moi : aux Églises du pays galate. À vous, la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ, qui s’est donné pour nos péchés, afin de nous arracher à ce monde mauvais, selon la volonté de Dieu notre Père, à qui soit la gloire pour les siècles des siècles.
Ga 1,1-5


Patrick Lens

1-50

Cette année, Pâques se vit en mode mineur. «Les frères qui sont avec moi» écrit saint Paul. Bien peu de personnes ont la possibilité de dire de tels mots en ce temps de confinement. «Être arraché à ce monde mauvais» écrit-il également. Nous n'aurions peut-être pas aimé entendre cela l'année dernière. En attendant, nous pouvons bien imaginer qu’il nous est possible de vivre quelque chose. Nous vivons vraiment dans une situation difficile et c’est pourquoi nous devons peut-être mieux la comprendre. Quelle attitude devons-nous alors adopter à cet égard ?

Paul est un apôtre, envoyé non par des hommes, ni par l’intermédiaire d’un homme. Paul a été bouleversé par le Ressuscité et c'était peut-être la dernière chose à laquelle il s'attendait. Pour les chrétiens, Pâques est devenu une évidence. Mais certaines expériences limites peuvent aussi nous aider à réfléchir à ce qui nous est le plus fondamental : quel avenir nous est-il permis d’espérer ?  Jésus a parcouru seul son chemin, le passage étroit, le néant. Et son père l'a ressuscité d'entre les morts. De prime abord, un tel message est impossible.  Mais c’est peut-être aussi le seul qui nous reste...

Pour Pâques, nous aurons des œufs… mais il n’y aura pas d’Eucharistie. Certains d'entre nous seront seuls aujourd'hui. Heureusement, il y a internet pour maintenir le contact. Nous ne pouvons alors aujourd'hui que nous souhaiter mutuellement « la grâce et la paix ». C'est peut-être exactement ce dont nous avons besoin en ce temps : la grâce, la force de persévérer et de garder courage, avec la proximité bienfaisante avec Dieu. La paix en découle : elle est liée à l'acceptation de ce qui nous arrive ici et maintenant, mais aussi à l'idée que Dieu n'a pas d'autre choix que de vouloir ce qui est bon pour nous. Il l'a montré dans son Fils, lui qui s'est donné pour nos péchés, et qui a été élevé et fortifié par le Père, aujourd'hui également ! Après les ténèbres de la mort, Il se révèle à nouveau.

Joyeuse fête de Pâques

Patrick Lens
Bruxelles

Genade en vrede

 

Il n’y a qu’un Évangile

Je m’étonne que vous abandonniez si vite celui qui vous a appelés par la grâce du Christ, et que vous passiez à un Évangile différent. Ce n'en est pas un autre : il y a seulement des gens qui jettent le trouble parmi vous et qui veulent changer l’Évangile du Christ. Pourtant, si nous-mêmes, ou si un ange du ciel vous annonçait un Évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème ! Nous l’avons déjà dit, et je le répète encore : si quelqu’un vous annonce un Évangile différent de celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème !
Ga 1,6-9


Raphaël Devillers

2-50

D’habitude, après le salut d’adresse à ses destinataires, Paul enchaîne avec une action de grâce. Mais ici d’emblée il apostrophe les Galates de manière frontale, sur un ton ironique qui laisse percevoir sa colère. « J’admire avec quelle rapidité vous vous détournez de celui qui vous a appelés par la grâce du Christ pour passer à un autre Évangile ! ».

Ce qui est en cause est donc gravissime.  Après le départ de Paul, des hommes sont arrivés dans la communauté et l’ont chamboulée en affirmant, contre Paul, qu’il leur faut absolument revenir à la pratique de la circoncision et des préceptes de la Torah.

Paul bout de rage parce que cette affirmation torpille non ses idées personnelles mais le cœur même de la foi qui lui a été révélée sur le chemin de Damas et qu’il a résumée dès  le départ de sa lettre :  Jésus est Christ-Messie, Fils de Dieu, il s’est livré à la mort pour nous offrir le pardon des péchés et son Père l’a ressuscité. Par le don de son Esprit, nous sommes dans le nouveau monde et il n’y a rien à ajouter. Là est l’Évangile. L’unique Bonne Nouvelle. 

Mettre sa confiance dans ses actes, multiplier les œuvres pour « faire son salut », ce n’est rien moins que renverser l’Évangile. Péril d’autant plus grave qu’il joue sur la piété et les pratiques religieuses.  Et dans son emportement, Paul redouble une terrible menace. Si moi-même, dit-il, si un ange, si un homme vous annonce un autre message, qu’il soit anathème. C’est-à-dire qu’il subisse la malédiction de Dieu et soit exclu de la communauté. Paul n’exagère pas : il y va du tout de l’Évangile. Que dirait-il aujourd’hui à ces multitudes qui ont choisi comme Bonne Nouvelle la satisfaction des envies, le luxe, les voyages,  les méthodes de développement personnel, les doctrines ésotériques ? La lettre aux Galates recentre notre foi sur l’essentiel.

Raphaël Devillers
Liège

Er is geen ander evangelie

 

Est-ce à des hommes que je cherche à plaire ?

Maintenant, est-ce par des hommes ou par Dieu que je veux me faire approuver ? Est-ce donc à des hommes que je cherche à plaire ? Si j’en étais encore à plaire à des hommes, je ne serais pas serviteur du Christ. Frères, je tiens à ce que vous le sachiez, l’Évangile que j’ai proclamé n’est pas une invention humaine. Ce n’est pas non plus d’un homme que je l’ai reçu ou appris, mais par révélation de Jésus Christ.
Ga 1,10-12


Antoinette Van Mossevelde

3-50

« Comment pouvez-vous soutenir que c’est par des hommes que je veux me faire approuver ? J’ai pourtant maudit tous ceux qui prêchent un autre évangile ! » 

L'évangile que Paul proclame est accessible à quiconque, sans avoir à suivre la Torah des juifs. Ni la circoncision, ni les lois alimentaires ne sont des préalables pour suivre le chemin de Jésus de Nazareth. Non pas parce qu'il serait plus « facile » d'aller dans cette direction. Le message de Jésus n'a rien à voir avec la recherche d'un succès à bon marché. La mort infamante sur la croix le montre clairement. Il en résulte qu’une telle liberté appartient à l'essence même de l'évangile de Jésus-Christ. 

La justice que vise la Torah n'est pas atteinte par un strict respect des prescriptions. Le salut promis par Dieu ne vient pas de l'accomplissement de la loi. La vie de Jésus a continuellement montré à quel point un certain accomplissement rigide de la loi pouvait être source de discrimination et d’oppression. Et comment, finalement, les lois produisent parfois l'opposé de ce qu'elles sont censées apporter. 

C'est par la grâce de Dieu que l'homme est justifié et non par ses propres œuvres. Cette confiance en Dieu est plus importante que toutes les œuvres sur lesquelles nous pouvons compter. C'est seulement dans une telle foi que l'homme peut devenir vraiment libre. Libre de tout ce qui le lie à lui-même et à ses idoles; libre de tout ce qui n'est pas Dieu. Paul a découvert cette liberté en Christ. Une liberté qui nous apprend à être plein d’audace face à Dieu. 

Cette liberté et cette audace n'ont rien à voir avec un manque d’engagement. Au contraire, ils sont au service d'un amour solidaire qui s'adresse inconditionnellement à tout être humain, sans distinction. Aucune loi, aucun précepte, aucune règle ne peut s’opposer à l'aide aux personnes dans le besoin. 

Se mettre au service du Christ, c'est être libéré de l'envie de plaire aux hommes. Paul a découvert un telle liberté en Jésus-Christ, et il continuera à la défendre inlassablement, quelles que soient les critiques et les reproches qu'il endurera.

Antoinette Van Mossevelde
Gand

Zoek ik soms de gunst van de mensen?

 

Tous les chemins mènent... à Damas

Vous avez entendu parler du comportement que j’avais autrefois dans le judaïsme : je menais une persécution effrénée contre l’Église de Dieu, et je cherchais à la détruire. J’allais plus loin dans le judaïsme que la plupart de mes frères de race qui avaient mon âge, et, plus que les autres, je défendais avec une ardeur jalouse les traditions de mes pères. Mais Dieu m’avait mis à part dès le sein de ma mère ; dans sa grâce, il m’a appelé ; et il a trouvé bon de révéler en moi son Fils, pour que je l’annonce parmi les nations païennes.
Ga 1,13-16a


Marianne Goffoël

4-50

Les catéchistes de jadis –et peut-être encore d’aujourd’hui- ne manquaient pas d’imagination pour essayer de nous faire comprendre ce soudain retournement de Paul sur le chemin de Damas, auquel il fait allusion dans le passage de sa lettre aux Galates.  Il était tellement  bouleversé qu’il tomba de son cheval !  Les peintres, à partir du 12ème siècle se placèrent aussi dans ce sillage pour représenter cette conversion fulgurante…. Le récit rapporté au sujet de Saül  —c’était son nom « avant »— nous le relate ainsi. « Une lumière venant du ciel l’enveloppa soudain de sa clarté. Il tomba par terre » (Ac 9). 

L’image avancée par les catéchistes de jadis parle d’elle-même. L’explication ne réside pas, bien sûr,  dans une chute physique,  mais bien dans une chute toute spirituelle, toute intérieure. Tomber de son cheval, c’est tomber de haut ! Il n’y avait que les grands seigneurs qui se hissaient sur de telles montures… Saül est donc terrassé dans son orgueil et tombe de très haut grâce à cette lumière qui l’enveloppe de sa clarté, de cette rencontre personnelle avec Dieu.  

Il tombe de ses certitudes – qui volent en éclats. Lui, qui avait à cœur  d’accomplir les traditions de ses pères en persécutant l’Eglise de Dieu, tombe dans l’humilité qui fait la grandeur de Dieu. Il entre dans une relation d’un autre ordre. Il passe du combat contre les autres, au combat contre lui-même. Il passe de la mort à la vie, il se relève, tout comme le Christ.  Saül était le nom d’un roi… Il s’appellera bientôt « Paul », qui signifie « petit, humble, faible » lorsqu’il commencera sa nouvelle mission. Nous sommes tous appelés à passer par cette expérience,  un jour ou l’autre… Et cette expérience, fût-elle tonitruante ou silencieuse, sera à jamais un moment fondateur, qui nous poussera désormais  —irrésistiblement—  à annoncer l’Évangile du Christ autour de nous.

Marianne Goffoël
Bruxelles

Alle wegen leiden naar... Damascus

 

Je le déclare devant Dieu

Aussitôt, sans prendre l'avis de personne, sans même monter à Jérusalem pour y rencontrer ceux qui étaient Apôtres avant moi, je suis parti pour l’Arabie et, de là, je suis retourné à Damas. Puis, trois ans après, je suis monté à Jérusalem pour faire la connaissance de Pierre, et je suis resté quinze jours auprès de lui. Je n’ai vu aucun des autres Apôtres sauf Jacques, le frère du Seigneur. En vous écrivant cela, – je le déclare devant Dieu – je ne mens pas.  Ensuite, je me suis rendu dans les régions de Syrie et de Cilicie. Mais pour les Églises de Judée qui sont dans le Christ, mon visage restait inconnu ; elles avaient simplement entendu dire : « Celui qui nous persécutait naguère annonce aujourd’hui la foi qu’il cherchait alors à détruire. » Et l’on rendait gloire à Dieu à mon sujet.
Ga 1,16-24


Marcel Braekers

5-50

De nos jours, il est fréquent de voir des personnes qui partagent librement leurs histoires personnelles et intimes. Tel n'était pas le cas pas du temps de l'Antiquité, où il n'était pas habituel de dévoiler ses sentiments et de s'exposer de la sorte. Paul devait donc avoir une raison très sérieuse pour se présenter comme il le fait dans cet extrait. La raison est claire : il décrit comment il a été un défenseur zélé de la Torah —bien plus que la plupart de ses compatriotes— et comment il a poursuivi les convertis au Christianisme, en les persécutant jusqu'à la mort. Il décrit ainsi très concrètement et personnellement ce qu’un strict respect de la loi peut entraîner. Une attitude scandaleuse qui rend plus poignant encore son récit. A la suite de tous les grands prophètes, Paul mentionne en plus qu'il a été choisi par Dieu dès le sein de sa mère, ce qui ne fait que rendre plus terrifiant encore son comportement. Et pourtant, il nous décrit cet appel dans un récit aussi sobre que frappant. 

Que recherche Paul dans tout cela ? Il cherche à mettre en lumière la différence qu’il y a entre suivre la Loi et vivre de l'Esprit. Submergé par l'amour et la puissance du Christ ressuscité, il est devenu un autre homme. Chaque page de ses épîtres en témoigne : désormais, tous les hommes seront égaux. Les choses passeront mais seul l'amour subsistera. La vie et la mort doivent donc être comprises dans cette perspective.

Dieu, qui l'a appelé dès le sein de sa mère, l'a frappé de sa grâce en la personne de Jésus-Christ. Cela a déclenché chez Paul une attitude aussi radicale que celle qu’il avait lorsqu’il vivait sous la Loi.

Par la suite, Paul ne se rend pas à Jérusalem et ne rejoint pas la communauté naissante, mais part pour l'Arabie où il commence sa mission. Bien plus tard, il commencera à réaliser l'importance de la fraternité et retournera finalement à Jérusalem.  

Éprouvait-il à ce moment le besoin d’en savoir davantage ? Voulait-il à entendre de Pierre comment ce Jésus avait vécu lors de sa vie terrestre ?

Marcel Braekers
Heverlee

God is mijn getuige

Afin que demeure la vérité de l'Evangile

Puis, au bout de quatorze ans, je suis de nouveau monté à Jérusalem j’étais avec Barnabé, et j’avais aussi emmené Tite. J’y montais à la suite d’une révélation, et j’y ai exposé l’Évangile que je proclame parmi les nations ; je l’ai exposé en privé, aux personnages les plus importants, car je ne voulais pas risquer de courir ou d’avoir couru pour rien. Eh bien ! Tite, mon compagnon, qui est grec, n’a même pas été obligé de se faire circoncire. Il y avait pourtant les faux frères, ces intrus, qui s’étaient infiltrés comme des espions pour voir quelle liberté nous avons dans le Christ Jésus, leur but étant de nous réduire en esclavage ; mais, pas un seul instant, nous n’avons accepté de nous soumettre à eux, afin de maintenir pour vous la vérité de l’Évangile.
Ga 2,1-5


Claude Sélis

6-50

Chers frères,          

Comme vous vous le rappelez peut-être, j'étais déjà allé à Jérusalem pour rencontrer les notables de la Communauté. J'y suis retourné il y a peu, avec Barnabé et Tite, après des années de prédication en milieu païen. A Jérusalem, devant le Communauté et encore séparément devant les notables, j'ai ré-expliqué l'Evangile tel que je le prêchais à tous ces peuples nouveaux, comme vous. Ils étaient un peu étonné que je prêche à des gens qui n'étaient pas issus du judaïsme et ils se demandaient comment ces gens pouvaient y comprendre quelque chose. Ils s'inquiétaient surtout de savoir si ces gens avaient bien adopté toutes les coutumes et manières de prier du judaïsme.

Mais je leur ai expliqué que le message de Jésus Christ était indépendant de ces coutumes, que l'Evangile est un message qui peut parler et être bénéfique à tout le monde. Finalement, ils étaient bien d'accord et ils n'ont pas exigé, par exemple, que Tite, ce jeune Grec converti qui était avec moi, soit circoncis. Ce petit incident doit nous rappeler, chers frères, que nous devons tenir à l'essentiel, aux vrais valeurs de l'Evangile, et ne pas nous laisser enfermer dans des coutumes humaines propres à tel peuple ou à telle époque. L'Evangile nous libère de tout cela et c'est cette liberté que nous devons préserver pour nous laisser interpeller, au-delà de toutes ces habitudes et routines, au plus profond de nous par ce qu'il y a de plus profond dans l'Evangile.

Claude Sélis
Bruxelles
De waarheid van het Evangelie behouden blijft...

Un lien profond avec Jésus

 

Quant à ceux qui étaient tenus pour importants – mais ce qu’ils étaient alors ne compte guère pour moi, car Dieu est impartial envers les personnes –, ces gens importants ne m’ont imposé aucune obligation supplémentaire, mais au contraire, ils ont constaté que l’annonce de l’Évangile m’a été confiée pour les incirconcis (c’est-à-dire les païens), comme elle l’a été à Pierre pour les circoncis (c’est-à-dire les Juifs). En effet, si l’action de Dieu a fait de Pierre l’Apôtre des circoncis, elle a fait de moi l’Apôtre des nations païennes.
Ga 2, 6-8


Tommy Vandendriessche

7-50

Paul parle franchement. Non comme un diplomate posé mais comme une personne impétueuse, passionnée, convaincue de sa cause. Il ne se laisse pas impressionner par le moindre prestige social ou religieux. Sa fougue ne provient pas de l’enflure de son ego. L'ego de Paul n'est pas gonflé, mais bien rempli par Dieu. Mais de quel Dieu s'agit-il? Le Dieu manifesté en Jésus, victime, persécuté, crucifié, bouc émissaire. En définitive, il n’est pas possible de séparer ce que Paul écrit de son attachement à la personne de Jésus.

Paul n’oppose pas le « Dieu de Jésus » au « Dieu d'Israël ». Plus tôt dans sa lettre (1, 15-16), il avait déjà fait référence à l'histoire de la vocation de Jérémie. « La parole de Yahvé m'a été adressée : 'Avant de te former dans le sein de ta mère, je t'ai choisi' ». Yahvé, c'est le Dieu de l'exode et de la délivrance. « Je suis qui je suis ».
Il n’est donc pas possible de décrire la vie antérieure de Paul comme juive et simplement opposée à celle qui est la sienne désormais. A son époque, le mouvement Jésus n'était pas une religion indépendante mais un des mouvements au sein du judaïsme. Paul a donc continué à servir le Dieu de ses pères, mais d'une manière différente.

Dans sa Lettre aux Galates, Paul décrit la rencontre à Jérusalem avec les principaux dirigeants de la communauté chrétienne. La Lettre aux Galates est considérée comme la plus ancienne source écrite de ce concile d'apôtres. Lors de cette assemblée, il a été décidé que Paul était chargé de proclamer l’Évangile aux les païens (tous les non-juifs).

Les textes des premiers temps du christianisme brossent ainsi un tableau fascinant de la grande diversité au sein du mouvement de Jésus. Faut-il parler ici d' « unité dans la diversité » ? Une telle unité ne repose pas sur un compromis diplomatique —aussi précieux soit-il— mais sur un lien profond avec Jésus et, par conséquent, avec toutes les victimes et les boucs émissaires.

Tommy Vandendriessche
Roeselare

Een diepe verbondenheid met Jezus

Le souci des petits

 

Ayant reconnu la grâce qui m’a été donnée, Jacques, Pierre et Jean, qui sont considérés comme les colonnes de l’Église, nous ont tendu la main, à moi et à Barnabé, en signe de communion, montrant par là que nous sommes, nous, envoyés aux nations, et eux, aux circoncis. Ils nous ont seulement demandé de nous souvenir des pauvres, ce que j’ai pris grand soin de faire.
Ga 2, 9-10


 Myriam Tonus

8-50

C'était au temps de Paul comme aujourd'hui : il n'est jamais facile, pour une institution, d'intégrer la différence. Paul en a fait les frais, puisqu'on l'a accusé de n'être pas un vrai apôtre, de ne pas annoncer le vrai Évangile. D'être un dissident, en quelque sorte. Mais son obstination, portée par sa foi,  a fini par l'emporter puisque le voici reconnu par les colonnes – nous dirions aujourd’hui : les piliers – de l'Église. Cette reconnaissance aura des conséquences que n'imaginaient certainement pas Pierre Jacques et Jean ! En effet, Paul est désormais celui qui va porter la Parole "aux nations", c'est-à-dire qui va la sortir du monde Juif où elle était confinée. Rendons-nous compte : si Paul avait abandonné sa mission, nous ne serions pas là pour en parler ! C'est en effet son ardente volonté de ne poser aucune limite à l'annonce qui va permettre sa propagation par-delà toutes les frontières. Nous sommes les fils et filles lointains de cet empêcheur de prier en rond !      

Non, il n'est jamais facile, pour une institution, d'intégrer la nouveauté. Parler, aujourd'hui, de celles et ceux qui sont "à la marge" ou "aux frontières" de l'Église et de nos communautés, chercher à "ramener" vers nous les jeunes devenus indifférents : n'est-ce pas retomber dans ce vieux travers ? Paul, habité par le souffle de l'Évangile, nous encourage aujourd'hui à ne pas demeurer nécessairement dans notre enclos. Le souci des petits et des pauvres : tel est l'unique lien infrangible entre toutes les formes d'appartenance communautaire. Pour le reste, ce Souffle échappe à nos catégories car nul ne sait ni d'où il vient, ni où il va…

Myriam Tonus
Dampremy

De zorg voor kleinen


La figure de Pierre

 

Mais quand Pierre est venu à Antioche, je me suis opposé à lui ouvertement, parce qu’il était dans son tort. En effet, avant l’arrivée de quelques personnes de l’entourage de Jacques, Pierre prenait ses repas avec les fidèles d’origine païenne. Mais après leur arrivée, il prit l’habitude de se retirer et de se tenir à l’écart, par crainte de ceux qui étaient d’origine juive. Tous les autres fidèles d’origine juive jouèrent la même comédie que lui, si bien que Barnabé lui-même se laissa entraîner dans ce jeu. Mais quand je vis que ceux-ci ne marchaient pas droit selon la vérité de l’Évangile, je dis à Pierre devant tout le monde : « Si toi qui es juif, tu vis à la manière des païens et non des Juifs, pourquoi obliges-tu les païens à suivre les coutumes juives ? ».
Ga 2, 11-14


 Theresa Anne

9-50

La figure de Pierre telle qu’elle nous est présentée à travers les écritures nous permet de découvrir toute l’humanité de cet apôtre choisi par Jésus. Celle-ci est comme la nôtre, avec toutes ses incertitudes, ses faiblesses, mais également ses bonnes intentions.

Comme toujours, Pierre est dépassé par son angoisse et ses actions sont conditionnées par la peur. Les Actes des Apôtres (Ac 10:9-23) nous racontent une vision de Pierre : « On aurait dit une grande toile qui se posait sur la terre, avec tous les animaux impurs ». Après cette vision, Pierre laisse derrière lui ses vieilles pratiques concernant les aliments impurs. Pour la nourriture, il jouit dès lors de la « la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu » (Rom 8:21), jusqu'à ce qu'il vienne à Antioche, comme on peut le lire dans l’extrait du jour (Ga 2:11-14). Des chrétiens d’origine juive plus stricts l'approchent et Pierre prends peur. « Que penseraient-ils ? Ce que je fais est-il considéré comme honteux ? Ceux-ci vont ils quitter l'Église à cause de mon comportement ? »

Dans l’épisode où Jésus marche sur l'eau, l'attention de Pierre s'éloigne de Jésus (Mt. 14:24-33). Dans le récit de la passion, il va jusqu’à le renier. Ses craintes prennent encore le dessus  — mais pas le dernier mot ! Paul comprend donc qu'en ne voulant plus manger avec des païens, Pierre « ne marche pas droit selon la vérité de l’Évangile » (Gal 2, 11,14). En l'admonestant, Paul lui tend finalement la main, comme le Christ sur le lac. Et Pierre se repent. Voilà un encouragement pour nous tous, au milieu de nos peurs et de nos chutes répétées ! Par ses propres trébuchements, Pierre nous montre que la patience de Dieu à notre égard et face à nos trébuchements est infinie ; il veut prendre soin de nous (1 P 5,7). Avec Pierre, nous pouvons faire confiance en l'amour et la patience sans limite de Jésus (2 P 3,9).

Theresa Anne
Sittard (NL)

Het beeld van Petrus


Vivre au-dessus des lois

Nous, nous sommes des Juifs de naissance, et non pas de ces pécheurs d’origine païenne. Cependant, nous avons reconnu que ce n’est pas en pratiquant la loi de Moïse que l’homme devient juste devant Dieu, mais seulement par la foi en Jésus Christ ; c’est pourquoi nous avons cru, nous aussi, au Christ Jésus pour devenir des justes par la foi au Christ, et non par la pratique de la Loi, puisque, par la pratique de la Loi, personne ne deviendra juste. S’il était vrai qu’en cherchant à devenir des justes grâce au Christ, nous avons été trouvés pécheurs, nous aussi, cela ne voudrait-il pas dire que le Christ est au service du péché ? Il n’en est rien, bien sûr ! Si maintenant je revenais à la Loi que j’ai rejetée, reconstruisant ainsi ce que j’ai démoli, j’attesterais que j’ai eu tort de la rejeter.
Ga 2, 15-18


 Michelle Lambrecht

10-50

Comment puis-je m’ajuster à la vie qui m’est offerte ces derniers mois, comment vivre ma liberté dans les conditions de confinement qui me sont imposées ? Ma liberté que je plais à dire qu’elle me fait aimer ce que je dois aimer, qu’elle me fait aller là où je dois être… Comme toute bonne citoyenne, je respecte les lois mais m’interroge à donner un sens à tout cela… Suis-je alors dans le plan de Dieu ?  Cela me semble plus obscur et en même temps plus intense en ces moments difficiles. Plutôt que de me laisser envahir par la peur je fais confiance et je prends conscience : tout est justifié. Le silence qui m’entoure au contraire du vacarme habituel devient un silence intérieur qui nourrit ma foi. Je cherche à rendre ma vie Vivante et ce temps de la fête de Pâques m’apporte le réconfort et la confiance dont j’ai besoin pour vivre pleinement en accord avec moi-même, en suivant les Paroles du Christ.  Soyons des passionnés du Christ, capables de revenir à l’essentiel. Laissons de côté tout ce qui fait obstacle et nous empêche de vivre pleinement une complicité avec Celui qui donne sens à notre vie. Nous L’avons tous rencontré sur notre route, à des moments différents, en diverses circonstances mais Il a bouleversé notre existence même si cela n’a pas été comme pour Paul  « un évènement renversant ». Pour beaucoup d’entre nous, aussi, il y a un avant et un après !     Oui, vivons sans modération aux dessus des lois, ces lois qui nous protègent mais qui nous figent et nous privent d’une vraie rencontre avec le Christ.  Le message que l’Apôtre Paul écrit aux Galates est encore d’actualité presque 2000 ans plus tard : allons à l’essentiel, ne nous encombrons pas et vivons libre de la liberté de Celui qui nous libère !

Michelle Lambrecht
Liège

Buiten de wet staan

Etre en règle

Par la Loi, je suis mort à la Loi afin de vivre pour Dieu ; avec le Christ, je suis crucifié. Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi. Il n’est pas question pour moi de rejeter la grâce de Dieu. En effet, si c’était par la Loi qu’on devient juste, alors le Christ serait mort pour rien..
Ga 2, 19-21


 Patrick Lens

11-50

Pour beaucoup de personnes, croire signifie être en règle, suivre tous les commandements et leurs obligations et ne faire de mal à personne. La plupart des gens font de leur mieux, parfois dans des circonstances très difficiles. Certains se fixent des normes élevées et ce n'est jamais suffisant ! D'autres sont plus exigeants avec eux-mêmes que la loi ne l’est réellement pour eux. Dans l'extrait du jour, Paul affirme : "Par la loi, je suis mort à la Loi afin de vivre pour Dieu". Croire, c'est d’abord être en relation avec Dieu, accepter qu'il nous aime, qu'il a même un amour inconditionnel pour nous. Voilà pourquoi il nous faut "mourir à la loi". Cela ne signifie pas que la loi n'a plus aucune importance, mais plutôt qu'elle ne peut devenir le centre de gravité de notre relation à Dieu. Quoi qu'il arrive, nous pouvons toujours aller à lui, vivre pour lui.

"Avec le Christ, je suis crucifié". Jésus a été condamné ; selon la loi, il a même été maudit. Mais Dieu l'a justifié. Jésus s'est livré sur la croix pour montrer jusqu'où l'amour de Dieu pouvait aller. Pourquoi devrions-nous alors craindre Dieu? Si Dieu est allé aussi loin dans son amour, ne peut-il également pardonner nos péchés? Dès lors, plaire à Dieu ne consiste pas à "être en règle" —qui parmi nous pourrait dire cela?— mais bien à faire confiance en Dieu et se présenter à lui avec notre faiblesse. Car si tout était question de loi et de règlements, nous rejetterions la grâce. D'autre part, ce n'est pas parce que nous suivons une voie irréprochable que nous sommes acceptés par Dieu. En réalité, nous le sommes déjà et c'est pourquoi nous pouvons avoir cette même confiance en Dieu que Jésus a lui-même manifestée. Par son Esprit, il nous aide à réaliser en nous ce qu'il a fait dans sa vie, et vivre de telle manière que nous puissions, comme Paul, dire: "Moi, je ne vis plus, c'est le Christ qui vit en moi".

Patrick Lens
Brussel

In orde zijn


 

Comment être stupides à ce point ?

Galates stupides, qui donc vous a ensorcelés ? À vos yeux, pourtant, Jésus Christ a été présenté crucifié. Je n’ai qu’une question à vous poser : l’Esprit Saint, l’avez-vous reçu pour avoir pratiqué la Loi, ou pour avoir écouté le message de la foi ? Comment pouvez-vous être aussi fous ? Après avoir commencé par l’Esprit, allez-vous, maintenant, finir par la chair ? Auriez-vous vécu de si grandes choses en vain ? Si encore ce n’était qu’en vain !
Ga 3, 1-4


 Raphaël Devillers

12-50

« Stupides ! ». Il ne doit guère y avoir de paroissiens qui se font tancer de la sorte par leur curé. Mais Paul est outré, sidéré par le retournement qui a lieu dans la communauté. Alors qu’il avait tout fait pour leur dépeindre Jésus, le Christ crucifié, qui apporte la justification complète et définitive à celui qui croit, voilà que certains reprennent les pratiques de la Loi, la circoncision et les observances.   
Oui il faut vraiment être  stupide  pour revenir en arrière ! Paul va même jusqu’à se demander s’ils n’ont pas été victimes d’un ensorcellement : « Qui vous a envoûtés ? ».   
Oui ils sont stupides, ils manquent d’intelligence, ils auraient dû comprendre.   
Car que s’est-il passé lorsque Paul leur a annoncé la Bonne Nouvelle, lorsqu’ils ont cru que le salut était le don gracieux du Christ crucifié et vivant ? Ils ont fait une expérience toute nouvelle : ils ont constaté que cette foi ouvrait la porte à la force de l’Esprit de Dieu. Au lieu de s’interroger sans cesse pour savoir s’ils avaient bien accompli la Loi dans tous ses détails, au lieu de chercher toujours à être en règle, de vouloir faire leur salut par leurs prestations, ils ont expérimenté l’action de l’Esprit.  
La foi en Jésus éveillait une joie inouïe, permettait des initiatives nouvelles. En outre, cette foi supprimait les frontières entre Juifs et Païens : en Jésus, tous pouvaient vivre ensemble une communion totale.  Au lieu de faire, il suffisait de se laisser faire.   
Paul martèle à deux reprises : l’Esprit n’est pas donné par les œuvres de la Loi mais par « l’écoute de la foi » (ex akouès pisteôs »). La foi naît et se développe par l’écoute de l’Evangile et par la réponse de foi. Donc importance primordiale de l’annonce, avant la catéchèse.   
Jésus nous justifie, il nous pardonne, nous donne l’Esprit, nous rend enfants du Père : telle est la Bonne Nouvelle. Elle devient le cœur de notre existence.

Raphël Devillers
Liège

Hoe kan je nu zo stom zijn?


 

Par une promesse

Frères, j’emploie ici un langage humain. Quand un homme a fait un testament en bonne et due forme, personne ne peut l’annuler ou lui ajouter des clauses. 16 Or, les promesses ont été faites à Abraham ainsi qu’à sa descendance ; l’Écriture ne dit pas « et à tes descendants », comme si c’était pour plusieurs, mais et à ta descendance, comme pour un seul, qui est le Christ. 17 Alors je dis ceci : le testament fait par Dieu en bonne et due forme n’est pas révoqué par la Loi intervenue quatre cent trente ans après, ce qui abolirait la promesse. 18 Car si l’héritage s’obtient par la Loi, ce n’est plus par une promesse. Or c’est par une promesse que Dieu accorda sa faveur à Abraham.
Ga 3, 15-18


 Marcel Braekers

15-50

Dans cet extrait, Paul nous montre un bel exemple d'argumentation rabbinique. L'idée centrale est que la promesse d’alliance de Dieu avec son peuple et son histoire ne vaut pas seulement pour les Juifs mais s’applique bien à tous les peuples. Les Juifs ont justifié leur élection sur le fait qu'ils ont reçu les dix commandements par l'intermédiaire de Moïse et qu’ils ont essayé de garder ces commandements. Cependant, la promesse de Dieu remonte à Abraham, qui a vécu bien des siècles auparavant. Paul dit, en outre, que Dieu a fait cette promesse à Abraham « et à sa descendance ». Le mot est bien au singulier, ce qui implique que Dieu a fait cette promesse non pas à un peuple, mais bien à une personne. Pour lui, ce ne peut être que le Christ. De notre point de vue, ce raisonnement peut nous sembler quelque peu étrange. En réalité, il est typiquement rabbinique de construire tout un raisonnement sur un seul détail (le mot « descendance »). 

Pour Paul, cette promesse était plus importante que la Loi. Elle lui donne même son propre sens. Promesse et Testament sont ici synonymes. Dieu a donc conclu une alliance avec Abraham et seul Dieu peut changer ce testament, pas les hommes. Le raisonnement est ici quelque peu compliqué, mais ce que Paul veut montrer, c'est que les Juifs doivent renoncer à leur attitude quelque peu chauvine comme peuple élu. Par le Christ, l'héritier d'Abraham, la grâce —une bénédiction— est donnée pour l’humanité entière. Il s’agit pour Paul de l’enjeu essentiel, parce qu'il y a maintenant une perspective où tous les peuples et toutes les races peuvent partager le même amour, dans une alliance universelle. Paul transcende ainsi tout nationalisme étroit et tout particularisme et montre un nouveau chemin d'amour sans limites..

Marcel Braekers
Heverlee

Door een belofte


 

Pour une fidélité vivante

Alors pourquoi la Loi ? Elle a été ajoutée, pour que les transgressions soient rendues manifestes, jusqu’à la venue de la descendance à qui ont été faites les promesses, et elle a été établie par des anges par l’entremise d’un médiateur. Ce médiateur en représente plus d’un, mais Dieu, lui, est un. La Loi est-elle donc contre les promesses de Dieu ? Absolument pas. S’il nous avait été donné une loi capable de nous faire vivre, alors vraiment la Loi rendrait juste. Mais l’Écriture a tout enfermé sous la domination du péché, afin que ce soit par la foi en Jésus Christ que la promesse s’accomplisse pour les croyants.
Ga 3, 15-18


 Claude Sélis

16-50

    Je pense, chers frères, que vous accordez bien trop de place à la Loi. Surtout que, en fait, vous avez réduit la Loi à un certain nombre de préceptes, d'obligations ou d'interdictions. Je comprends cette déviation. Au départ, elle est bien intentionnée. Vous vouliez prendre la Loi au sérieux. Vous vouliez donc que les prêtres traduisent cette Loi en de multiples préceptes concrets. Ainsi vous seriez sûrs de ce qu'il faut faire ou pas faire pour plaire à Dieu, sans plus réfléchir. Oserais-je vous dire que, pour vous, la Loi est devenue une machine à bonne conscience d'une part et une machine à péchés d'autre part ? Or ce n'était pas cela l'esprit de la Loi que Moïse vous a donnée. Son but était de rendre Dieu présent entre vous, en vous, dans toute la communauté. Bien sûr, cela passe par des comportements concrets. Mais leur respect purement formaliste n'en fait plus du tout une présence de Dieu au monde mais un tableau de performances personnelles.     

De plus, chers frères, depuis que vous avez reçu la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, avez-vous vraiment encore besoin de cette Loi (qui n'est -au fond- qu'un texte) alors que vous avez eu la grâce de rencontrer une Personne, celle de Jésus-Christ, aboutissement de la promesse antique d'une alliance avec Dieu et qui n'est plus un simple médiateur comme Moïse. Ce Jésus ne vous demande pas de respecter un catalogue de consignes mais de vivre de son message, en esprit et vérité, dans toutes les situations, connues et non encore connues. Le monde peut changer d'ici quelques décennies et, a fortiori, dans quelques siècles si Dieu le veut. Dans ces nouvelles conditions, imprévisibles maintenant, que signifiera la fidélité —vivante— aux valeurs fondamentales de l'Évangile de Jésus-Christ ? Voilà le défi auquel nous sommes et serons confrontés ! 

Claude Sélis
Bruxelles

Voor een levend geloof 


 

Une source de joie

Avant que vienne la foi en Jésus Christ, nous étions des prisonniers, enfermés sous la domination de la Loi, jusqu’au temps où cette foi devait être révélée.  Ainsi, la Loi, comme un guide, nous a menés jusqu’au Christ pour que nous obtenions de la foi la justification. Et maintenant que la foi est venue, nous ne sommes plus soumis à ce guide. Car tous, dans le Christ Jésus, vous êtes fils de Dieu par la foi.
Ga 3, 23-26


Tommy Vandendriessche

17-50

Le mot « loi » n’a pas une connotation très agréable aux oreilles de nos contemporains. Est-ce parce que nous mettons de nos jours beaucoup trop l'accent sur l'individualité ? Certes, nous sommes tous conscients que les lois sont nécessaires. Cependant, nous nous en réjouissons bien peu... Paul nous confirme bien dans ce sentiment. Pour comprendre ce qu’il veut exprimer, il nous faut lire ses écrits comme un seul grand mouvement. Sa pensée se déploie souvent de manière dialectique : revendiquant quelque chose à un moment donné, soutenant ensuite le contraire, et arrivant enfin à une conclusion à un niveau plus profond.

Dans l'Évangile, nous lisons que Jésus n’est pas venu pour abolir la Loi, mais pour l'accomplir (Mt 5, 17-19). Le mot « loi » ne reflète pas pleinement ce que l'Écriture entend par Torah. La Torah peut certes être traduite par « loi » mais aussi par « enseignement de vie », « indicateur de direction », « chemin vers la vie ». La Torah est d'ailleurs chantée dans les psaumes de manière lyrique comme une source de joie : « Les commandements sont plus doux que le miel, que celui qui coule des rayons. » (Ps. 19, 11)

Qu'est-ce qui motive Paul —si bien ancré dans la tradition du Premier Testament— à prononcer des paroles aussi dures sur la Loi ? Remarquons que Paul écrira plus tard dans la Lettre aux Galates (5:14) : « Toute la Loi est contenue dans cette seule parole: Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Il donne une citation presque littérale du livre du Lévitique dans le Premier Testament (Lv 19, 18) et nous offre donc une compréhension de la loi à un niveau plus profond. La Torah est pour lui une manière de vivre. Celui qui suit son chemin prend des risques, les risques de l'amour. Pour cela, nous ne pouvons prendre une assurance vie. Mais nous pouvons les lire ces paroles comme si elles nous étaient adressées.

Tommy Vandendriessche
Roulers

Een bron van vreugde

 

Une révolution

En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ ; il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus. Et si vous appartenez au Christ, vous êtes de la descendance d’Abraham : vous êtes héritiers selon la promesse.
Ga 3, 27-29


Myriam Tonus

18-50

Paul, dans son hymne à la libération, repousse les limites aussi loin que possible. Ce ne sont plus seulement les devoirs religieux dont nous sommes affranchis, mais aussi des répartitions installées dans toutes les sociétés, qui justifient sans le dire le pouvoir de certains humains sur d'autres. Au temps de l'Apôtre, chacun est censé occuper sa place : hommes et femmes, esclaves et hommes libres, Juifs et païens. Les rapports sont, dans les faits, marqués par la domination : l'homme est le chef de la femme (Paul le rappellera dans sa lettre aux Ephésiens), le maître a autorité sur l'esclave, un Juif est supérieur à un païen. Cela ne saurait être remis en cause, personne d'ailleurs ne songe à le contester. Et voici que Paul semble effacer d'un seul mot toutes ces différences ! Cela signifierait-il qu'en Christ, tous les humains sont identiques ? Pas du tout. À de nombreuses reprises, Paul fait l'éloge de la diversité dans les communautés.

Ce qu'il proclame ici, c'est rien de moins que la fin des rapports de domination. C'est-à-dire qu'il pose l'égalité en horizon. Pas encore l'égalité de droits : au 1e siècle, on est encore dans des formes de société très hiérarchisées. Mais affirmer que les inégalités de statuts ne peuvent plus justifier des comportements de pouvoir et de domination, voilà qui est proprement révolutionnaire !  Que l'agapè – cet amour inconditionnel apporté par le Christ – circule entre homme et femme, maître et esclave, juif et païen, c'est renverser l'ordre du monde. Et c'est bien ce que Paul mettra lui-même en pratique dans sa vie : il met en avant ses collaboratrices féminines (mais oui !) ; il considère Onésime, esclave fugitif, comme son frère ; ses chères communautés sont faites de païens convertis. Libéré par le Christ, il proclame la libération entre humains. L'inouï de cette annonce demeure d'une actualité brûlante !

Myriam Tonus
Dampremy


 



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