50 jours pour vivre le temps pascal

Esprit, tu nous donneras de ta liberté

Dès lors, que personne ne vienne me tourmenter, car je porte dans mon corps les marques des souffrances de Jésus. Frères, que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit. Amen.

Ga 6,17-18

Dominique Olivier
50-50

Esprit comme le vent, nous ne savons pas d’où tu viens, Esprit comme le vent, nous ne savons pas où tu vas, tu nous donneras de ta liberté.

Cet hymne à l’Esprit Saint colle à notre actualité : fête de Pentecôte et méditation finale de la lettre de Paul aux Galates, un hymne musclé à la liberté.

La liberté est subtile. Elle a plusieurs couches. Au plus profond, la liberté intérieure est peut-être celle qui nous permet de dire haut et fort notre vérité, à l’exemple de Paul. Il prend sa liberté pour affirmer son attachement corporel au Christ et ce passage par le corps ne souffre aucune discussion. C’est le ‘je suis’ de Paul. Ainsi, personne ne peut m’empêcher de m’interroger sur le sens de mon existence. C’est ma liberté intérieure, fondamentale et ma foi en Christ vient, non pas la brider, mais la renforcer.

La liberté intérieure, se tricote avec la liberté relationnelle. Nous projetons tous sur autrui nos désirs comme des filins pour amarrer notre bateau affectif par peur de la solitude, pour tromper l’angoisse sur laquelle on navigue. On se ligote en ligotant autrui. Pourtant, les liens sont indispensables à notre survie. Ces liens nous permettent de nous amarrer ensemble, pour des durées variables, en pleine mer, pour une navigation de concert, toujours plus compliquée, incertaine, mais riche d’ouverture, en un mot de Vie. C’est cette double liberté subtile qu’utilise Paul quand il est capable, dans le même message, « d’engueuler » les Galates et de terminer sa lettre en les appelant frères. Il ne cherche pas à ligoter ses frères. Il cherche à les amarrer à la seule liberté possible, celle que donne l’Esprit du Christ comme enfants d’un même Père !

Sans une bonne dose d’espérance, impossible de naviguer en terre inconnue. Paul nous rappelle que la seule amarre possible est l’Esprit même du Christ, l’amour du Père qui nous aime, chacun, libre et rempli de joie. Qu’en ce jour de Pentecôte, l’Esprit nous donne de sa liberté !

Dominique Olivier
Liège

Une création nouvelle

Ce qui compte, ce n’est pas d’être circoncis ou incirconcis, c’est d’être une création nouvelle. Pour tous ceux qui marchent selon cette règle de vie et pour l’Israël de Dieu, paix et miséricorde.

Ga 6,15-16

Sr Agnes Schreck
49-50

Chaque année, avant la Pentecôte, nous attendons dans notre ‘chambre haute’ l'accomplissement de la promesse de Jésus : « Quand le Saint-Esprit viendra sur vous, vous en recevrez la puissance et vous serez mes témoins... jusqu'aux extrémités de la terre » (Actes 1, 8). Ensemble, nous invoquons l’Esprit et nous nous ouvrons à la promesse de Dieu. Il s’agit de nous libérer de nos visions parfois étroites et limitées, de notre groupe politique, de notre propre agenda,… Chez les Galates, ce programme était dominé par les catégories ‘circoncis’ et ‘incirconcis’. La réponse de Paul à ces questions est cependant toujours d'actualité : « Vivez comme une création nouvelle » !

Paul se rendit compte que la promesse de l'ancienne alliance —dont la circoncision était le signe— était accomplie, et qu'un nouveau signe avait été donné : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant.»  Ailleurs, Paul écrit que notre vie nouvelle commence par la participation à la mort et la résurrection de Jésus-Christ : « Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts. » (Rm 6, 4). Par notre baptême, nous sommes donc cette nouvelle création, en tant que membres de son corps dans la mort et la résurrection de Jésus. Ce don est décrit par Paul « une règle de vie » selon laquelle il nous faut désormais marcher. Une invitation offerte à tous. En ce jour qui précède la Pentecôte, demandons de faire l'expérience d’une telle paix dans notre vie, et de cette miséricorde dont parle Paul. Viens, Saint-Esprit ! Jour après jour, vivons davantage selon ce principe de vie. « Tu envoies ton souffle : tout est recréé ; tu renouvelles la face de la terre. » (Ps. 104:30).

Zr Agnes Schreck
Sittard (NL)

Een nieuwe schepping

Libéré, délivré

Mais pour moi, que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste ma seule fierté. Par elle, le monde est crucifié pour moi, et moi pour le monde.

Ga 6,14

Myriam Tonus
48-50

Près de terminer sa lettre aux Galates, Paul leur livre ce qui est pour lui le tout à fait essentiel, qui a bouleversé sa vie : le Christ Messie crucifié. L'apôtre se complairait-il dans une fascination morbide de la souffrance ? C'est malheureusement ainsi qu'au fil des siècles, certains auteurs ont entendu les propos de Paul… faisant, du même coup, une coupable impasse sur tout ce qui s'est déployé au fil de l'épître. Ce qui a transformé Paul, le faisant passer de persécuteur à apôtre, c'est une expérience intime, inscrite dans sa chair. Lui, implacable défenseur de la Loi de son peuple, qui "respirait la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur" (Ac 9,1), voici qu'il reçoit cette révélation qui jette bas ses certitudes les plus ancrées : en se rendant librement dépendant de la croix, Jésus met à nu la Loi religieuse qui le condamne. Il affranchit du même coup tout être humain par rapport aux préceptes d'une Loi qui n'est pas faite pour la vie mais au contraire enferme dans le péché et la mort.

L'expérience de Paul est celle de la conversion. Non pas ce qu'on entend généralement par ce mot – l'adhésion à une nouvelle doctrine – mais bien la metanoïa, ce bouleversement complet qui est comme une inversion des pôles. Non plus le devoir dicté par la loi, mais l'infinie liberté portée par le souffle de l'amour ; non plus la dépendance de l'esclave par rapport à Dieu, mais l'insigne dignité du fils ; non plus la nature humaine livrée à ses errances, mais l'humain recréé, habité de la vie même de Dieu, devenu pour le monde icone du Christ qui vit en lui. Libéré, délivré, définitivement affranchi sans que pèse une quelconque dette, Paul prêchera désormais la bonne nouvelle d'un messie crucifié. Scandale et folie aux oreilles des bien-pensants. Extraordinaire libération qui crucifie tout ce qui, en nous, demeure servilement lié aux routines et pouvoirs du monde.

Myriam Tonus
Dampremy

Vrijgegeven, geleverd

Un épilogue impressionnant

Regardez ce que j’écris en grandes lettres pour vous de ma propre main. Tous ceux qui veulent faire humainement bonne figure, ce sont ceux-là qui vous obligent à la circoncision ; ils le font seulement afin de ne pas être persécutés pour la croix du Christ. Car ceux qui se font circoncire n’observent pas eux-mêmes la Loi ; ils veulent seulement vous imposer la circoncision afin que votre chair soit pour eux un motif de fierté.

Ga 6,11-13

Tommy Vandendriessche
47-50

Dans un épilogue impressionnant, Paul répète tous les thèmes de la lettre, mais maintenant avec encore plus d'insistance. Une telle lettre était destinée à être proclamée. Paul a donc dû la dicter comme s'il s'adressait, en personne, à un public. Il utilise ici toutes les techniques de persuasion et de rhétorique. Au premier siècle, il n'était pas rare que de tels discours aient un caractère polémique. Cependant, il est assez inhabituel que Paul termine tout le reste de la lettre —une puissante reprise du cœur de son argumentation— de ses propres mains. Cela en dit long sur sa passion.

Paul était sans aucun doute quelqu'un qui avait un grand talent d'organisateur. Il a fondé de nombreuses communautés. Il a encouragé et exhorté, structuré et conseillé. Et puis il est passé à autre chose... pour une bonne raison sans doute. Peut-être était-il trop prophète pour être seulement un manager ? Paul était également trop "impliqué" pour construire un système à partir de ses déclarations.

Tout mouvement qui ne veut pas s’étioler et devenir insignifiant a besoin d’un Paul de temps en temps : des femmes et des hommes qui osent parler sans peur, avec une grande liberté intérieure. Des personnes qui osent une parole tranchante. Qui osent aussi formuler les choses précisément et qui posent des questions : ‘Quel est le fond du problème ?’, ‘Que devons-nous oser laisser tomber ?’  ‘Que faut-il préserver et développer ?’

Dans son récent discours « Le christianisme au XXIème siècle », Thomas Halik pose la question de savoir s'il n’est pas simpliste de diviser les personnes entre "croyants" et "non-croyants" en fonction de leur réponse à la question de savoir s'ils croient ou non en Dieu, et en quelle religion ou église ils prétendent croire. « Souvenez-vous, il y a beaucoup de gens qui croient sans appartenir, et beaucoup de gens qui appartiennent sans croire. »

Tommy Vandendriessche
Roeselare

Een indrukwekkende epiloog

Ne vous découragez pas de faire le bien

Ne nous lassons pas de faire le bien, car, le moment venu, nous récolterons, si nous ne perdons pas courage.  Ainsi donc, lorsque nous en avons l’occasion, travaillons au bien de tous, et surtout à celui de nos proches dans la foi.
Ga 6,5-8

Claude Sélis
46-50

Vous savez bien, chers frères, que l'adhésion au message de Jésus-Christ implique de faire le bien, concrètement, au jour le jour, à l'intérieur de la communauté bien sûr mais aussi tout autour de vous. Mais, comme je vous l'ai déjà dit, le message de Jésus-Christ ne peut être réduit à cela. Ce n'en est qu'une conséquence pratique, évidente, normale. Je ne vous ai jamais enseigné une petite morale, une sagesse tranquille comme le font tant de sages à cette époque, avec quelques consignes pour s'aménager une vie paisible, résignée, fataliste, insensible au monde. Je vous ai enseigné l'adhésion à une personne qui est venue avec un autre regard sur le monde, une autre manière de s'y situer, une volonté de le transformer. Dans ce cadre-là, la pratique du bien change de dimension. Elle n'est plus seulement un calcul savant de bonne civilité, un baume de bonne conscience individuelle; elle peut devenir le témoignage, banal au départ, d'une ligne de vie qui peut devenir exceptionnelle dans certaines circonstances.

Pratiquer le bien occasionnellement ou quand tout le monde pratique le bien, ce n'est pas difficile. Mais le faire dans un contexte de tensions, de conflits, d'échecs, de déceptions, de manque de résultats, c'est autre chose ! Le découragement, voilà l'ennemi. Où trouverez-vous la force dans ce cas ? Dans de nouvelles consignes ? Dans de l'auto-suggestion perpétuelle ? Moi, je l'ai trouvée en la personne de Jésus-Christ. Certes, je l'avoue, j'aimerais aussi voir le fruit de mon action de mon vivant mais mon endurance ne tient pas à cela. Je sais qu'au-delà de ma personne, c'est en Jésus-Christ que mon action portera sa seule véritable fécondité. D'ailleurs, vaine est mon action si ce n'est pas pour être féconde en Lui. Ce n'est pas une affaire de moment, maintenant ou plus tard, mais de trouver où se trouve la vraie fécondité. Par contre, ce qui est affaire de temps, c'est l'action humaine. En tant qu'humain, je n'ai pas d'autre choix pour "pratiquer le bien" que de le faire pendant mon existence terrestre. Et celle-là est limitée ! Alors, mes frères, ne reportez pas au lendemain et préparez-vous à tenir bon le temps de votre vie.

Claude Sélis
Bruxelles

Raak niet ontmoedigd het goede te doen

Ce que l’on a semé, on le récoltera

Celui qui reçoit l’enseignement de la Parole doit donner, à celui qui la lui transmet, une part de tous ses biens. Ne vous égarez pas : Dieu ne se laisse pas narguer. Ce que l’on a semé, on le récoltera. Celui qui a semé en vue de sa propre chair récoltera ce que produit la chair : la corruption ; mais celui qui a semé en vue de l’Esprit récoltera ce que produit l’Esprit : la vie éternelle.
Ga 6,5-8

Marcel Braekers
45-50

Le dernier chapitre de la lettre aux Galates est une suite de conseils quelque peu désordonnée. Il donne l'impression qu'un auteur ultérieur a rassemblé des déclarations éparses de Paul. Aux versets 6 à 10, il est dit : « Celui qui reçoit l’enseignement de la Parole doit donner, à celui qui la lui transmet, une part de tous ses biens. » La Naardense Bijbel  propose plus précisément que celui qui reçoit l’enseignement doit partager « toutes les bonnes choses ». On retrouve cette même exhortation dans la lettre aux Romains (15, 27) et dans la première lettre aux Corinthiens (1Cor 9,11). Chaque fois, il est clair que par « bonnes choses », il faut entendre un soutien matériel.

Il est étrange que Paul doive répéter cela à plusieurs reprises. Nous pourrions penser qu'il s'agit d'une forme élémentaire de fraternité. Les prêcheurs itinérants étaient des figures passionnées mais également vulnérables : certains d'entre eux étaient bien éduqués et servaient de modèle pour les autres, mais la plupart étaient plus faibles intellectuellement et avaient tout laissé derrière eux (ce qui souvent ne signifiait pas grand chose). Ce sont les premiers prédicateurs qui ont jeté les bases de l'Église postérieure. Dans les Évangiles —écrits beaucoup plus tard— ce mode de vie devient un conseil évangélique. « N'apportez rien pour la route, pas de bâton, pas de sac de voyage, pas de pain, pas d'argent, pas de vêtements. »

Paul a donc défendu ces personnes vulnérables alors qu'il n'en avait pas besoin pour lui-même. Son métier de fabricant de tentes était très populaire et il semble qu’il ait pu emporter quelques outils pour travailler. Il est cependant étrange de voir que de riches communautés —qui appréciaient écouter l'enseignement de prêcheurs itinérants —aient pu laisser ceux-ci à leur sort. Qu'avaient-elles alors compris du message ? Qu'est-ce que l'Esprit a fait naître en elles ?

L’enthousiasme insouciant et désintéressé contraste ainsi fortement avec l'attitude négligente et égocentrique de certains auditeurs. En définitive, une foi qui ne se montrerai pas solidaire aussi bien avec les personnes partageant les mêmes idées qu’avec les "autres" serait une foi plutôt ambiguë.

Marcel Braekers
Heverlee

Wat een mens zaait zal hij ook oogsten

Sommes-nous prêts à mettre notre tablier ?

Si quelqu’un pense être quelque chose alors qu’il n’est rien, il se fait illusion sur lui-même. Que chacun examine sa propre action ; ainsi, c’est seulement par rapport à lui-même qu’il trouvera ses motifs de fierté et non par rapport aux autres. Chacun, en effet, portera sa propre charge.
Ga 6,3-5

Marianne Goffoël
44-50

« Si quelqu’un pense être quelque chose alors qu’il n’est rien…. » Durs, durs à « encaisser », ces mots de Paul pour les Galates hier, comme pour nous, aujourd’hui. L’Apôtre « enfonce le clou, sur une condition incontournable, pour qui veut faire partie de la communauté chrétienne : vivre de l’esprit de l’évangile, vivre du Christ.

Depuis notre plus tendre enfance, nous avons entendu qu’il fallait être les meilleurs, le premier en classe, le meilleur en tout…, le plus intelligent, le plus beau, le plus riche… Cet idéal du « moi », porté par l’ambition, ne se fait qu’au détriment des autres, au sein d’une rivalité sans merci.  « Aut Caesar, aut nihil », ou le meilleur, ou alors on n’est rien, ou presque… à nos yeux, aux yeux des autres…

C’est là que Paul porte le fer et nous ramène à l’essentiel. Ce qu’il nous dit tient en quelques mots : « cesse de te regarder, tourne ton regard et ton cœur vers les autres »… mais pas n’importe comment. Cela exige de nous un dépouillement, une volte-face par rapports à nos inclinations naturelles. Le Christ est venu pour nous recentrer sur ce qui fait le cœur de notre foi : l’amour. L’amour de Dieu et l’amour du prochain. Ne sont-ils pas qu’un unique commandement, comme Jésus le rappelle dans sa réplique aux pharisiens (Mt 22,36). L’évangile du Jeudi Saint nous montre ainsi le Christ, qui accomplit le geste d’un serviteur en lavant les pieds de ses disciples.   Jésus, à ce geste, ajoute ces paroles : « Ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi ». A chacun(e) d’entre nous, si nous le voulons, « de mettre notre tablier ».  Sommes-nous prêts à aimer de cet unique amour ?

Marianne Goffoël
Bruxelles

In een geest van zachtmoedigheid

Dans un esprit de douceur

Frères, si quelqu’un est pris en faute, vous, les spirituels, remettez-le dans le droit chemin en esprit de douceur ; mais prenez garde à vous-mêmes : vous pourriez être tentés, vous aussi. Portez les fardeaux les uns des autres : ainsi vous accomplirez la loi du Christ.
Ga 6,1-2

Antoinette Van Mossevelde
43-50

En deux versets à peine, Paul esquisse toute une manière de vivre !

Il s'agit de cette attitude qui cherche la guérison, de nouvelles opportunités, de la solidité au sein de la communauté, qui se met en quête de ce qui est perdu. Nous entendons ici un écho aux paroles de Jésus dans l'Évangile de Luc : « Il y a plus de joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de salut. » (Luc 15,7)

Il ne s’agit pas de devenir des champions de la charité, mais bien de vivre dans un « esprit de douceur ». De cet esprit de douceur, le psaume 37 et la troisième béatitude en font écho: « Heureux les doux, car ils auront la terre en héritage». (Matt. 5, 5)

L'esprit de douceur révèle sa pleine dimension dans les ‘situations difficiles’, dans les conflits, là où se trouvent injustice et violence. Il ne s'agit pas de subir ou de permettre que les crimes se produisent. Bien au contraire, l’esprit de douceur nous invite à agir de manière tendre, en ne permettant pas qu’une attitude puisse être imposée par les agissements d’une autre personne. Il s’agit de refuser que notre comportement soit dicté par un autre, mais qu’il le soit plutôt par notre tendre force d'action. Pour cela, il nous faut témoigner de notre capacité de résistance non violente et de notre courage de nous impliquer face à la misère —qu'une personne se fait à elle-même ou aux autres— et face à l'injustice dont les gens sont et restent responsables. L’esprit de douceur ne nous laisse pas seuls face à ces enjeux.

La douceur accepte notre désir mais aussi notre incapacité à être la personne que nous voudrions être. Elle traite avec soin nos côtés vulnérables et défaillants, et ceux des autres. Une telle capacité se développe lorsqu'elle s’enracine dans une force, douce et généreuse : celle du Souffle créateur, de l'Esprit qui rassemble ce qui est divisé.

En fonction des personnes et dans certaines situations, la construction de la fraternité requiert plus que de la charité. Cela suppose le développement de notre sécurité sociale, l'annulation de la dette de tant de pays du tiers monde, l'engagement en faveur d'un système fiscal équitable et d'un commerce mondial équitable,... Il s'agit d'actions de solidarité dans lesquelles nous nous aidons à "porter les fardeaux les uns des autres"

Antoinette Van Mossevelde
Gent

In een geest van zachtmoedigheid

Libérés pour aimer

Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié en eux la chair, avec ses passions et ses convoitises. Puisque l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit. Ne cherchons pas la vaine gloire ; entre nous, pas de provocation, pas d’envie les uns à l’égard des autres.
(...)
Ga 5,24-26

Raphaël Devillers
42-50

Paul conclut ici le petit développement qu’il avait commencé au verset 13 en rappelant aux Galates leur vocation à la liberté. Il a rectifié leur dérive infantile: cette liberté ne se vit pas sur un tapis roulant mais sur un terrain de luttes acharnées contre les pulsions de la chair. Sans recourir à des abstractions il a bien précisé la différence énorme entre les actions conduites par la chair et celles opérées sous l’action de l’Esprit.

Maintenant il termine: « Ceux qui sont au Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs ». Il est remarquable de souligner comment Paul nomme les baptisés : « être au Christ » (déjà en 5, 2). La foi nouvelle n’est pas d’abord un enregistrement dans une Eglise ni un programme moral mais le don de sa propre personne au Christ.  A l’image de Paul le baptisé doit pouvoir dire : « Je vis mais ce n’est plus moi c’est le Christ qui vit en moi » (2, 20). Il n’est plus sous la directive de la Loi mais uni à une personne « qui m’a aimé et s’est livré pour moi » (2,20)

« Ceux du Christ » mènent le combat contre la chair : « ils la crucifient » parce qu’ils savent que  Christ a accepté d’être crucifié par amour pour eux et qu’il en est sorti vivant. Juguler les passions de la chair n’est pas une mort mais une résurrection.

Et il répète ce qu’il avait déjà dit au verset 16 : « Si nous vivons par l’Esprit marchons aussi sous l’impulsion de l’Esprit ».

Donc notre liberté est certaine mais non formatée : « Si… ». Les attraits des passions peuvent toujours nous séduire et nous pouvons résister aux sollicitations de l’Esprit.
Le Christ ne nous a pas libérés de la prison de la Loi pour faire de nous des robots.

Et il termine par un avertissement : « Pas de course à la vaine gloire pas de rivalités mutuelles pas d’envie ». Ce qui montre bien finalement que l’enjeu final c’est l’amour des frères.

Raphaël Devillers
Liège

Vrij gemaakt om lief te hebben

Croissance

Le fruit de l'Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur,
et maîtrise de soi
(...)
Ga 5,22

Patrick Lens
41-50

Les fruits de l'Esprit ne sont pas le commencement de la vie chrétienne. Ils n'en sont pas non plus le résultat. Il s'agit bien plus que de l'éthique. C'est une question de croissance. C’est le résultat du travail de l'Esprit en nous. En fait, c'est l'œuvre de Dieu. La lettre aux Galates dit que la loi n'a rien à voir avec cela. Amour, paix, patience, gentillesse, bonté… on ne peut pas décréter de telles choses. Tout cela doit venir de l'intérieur. Cela a quelque chose à voir avec le cœur, mais aussi avec notre sensibilité.

Paul mentionne la maîtrise de soi comme le dernier fruit. Spontanément, on pourrait imaginer que celui-ci vienne en premier. N'est-ce pas la qualité minimale qu’on peut attendre d’une personne sérieuse ? Nous pensons d’ailleurs souvent que la maîtrise de soi est définie par la négative, comme l’abstention de faire quelque chose : quelqu'un qui parvient à se retenir, ou qui est dans le contrôle de lui-même. Mais pour Paul, le fruit de la maîtrise de soi vient bien en dernier.

Celle-ci ne peut pas être le résultat d'une vie vécue avec retenue, car cela n'a rien à voir avec les fruits de l'Esprit. La maîtrise de soi est un fruit de l'amour : une attention à ne blesser personne, même si on est de nature colérique. C'est un fruit de paix, si on est capable de réagir pas seulement à partir de ses propres émotions.

La maîtrise de soi est un fruit de la bonté : c'est le souci de respecter les autres. C’est la base de la confiance: même les choses difficiles finissent par être résolues. Les fruits de l'Esprit changent toute une vie. Ils font grandir et s'épanouir les êtres humains. Ils deviennent ainsi plus heureux, plus aimants et donc meilleurs, dans des comportements très concrets. L'amour est cette énergie qui peut changer les gens spontanément, et elle vient toujours de l'intérieur.

Patrick Lens
Bruxelles

Groei

Fidélité

Le fruit de l'Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité,
(...)
Ga 5,22

Sr Mary Amata Mueller
39-50

Jésus a dit un jour d’une femme pécheresse : « ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. » (Lc 7, 47). Sainte Catherine de Sienne nous enseigne similairement : « Quand on découvre qu'on est aimé, on montre aussi de l'amour ».

Dieu est à la fois donneur d’amour et exemple d'amour. Tel est la base de la confiance. Celle-ci vient d’abord de l'exemple de Dieu, en particulier dans la passion, la mort et la résurrection de Jésus. Le Fils s’est ainsi montré fidèle à la volonté du Père. Par le salut que Jésus nous donne, il nous témoigne de sa fidélité et nous pouvons ainsi lui faire confiance. Comment ? Peut-être simplement en étant fidèle dans nos activités quotidiennes, dans nos lieux de vie, dans notre propre vocation. Fidèle aux dons de l'Esprit Saint. Dieu confie ainsi la vie aux humains —mémoire, intelligence et volonté— et la grâce des fruits de l'Esprit Saint. A travers tout cela, Il nous rend digne.

Si le fruit de la confiance grandit en nous, il se répandra alors dans la vie de celles et ceux qui nous entourent, malgré nos failles et nos faiblesses. Parce que nos péchés sont pardonnés, nous pouvons montrer beaucoup d'amour. Alors vraiment, nous pouvons  devenir des exemples et une source d'inspiration pour aider les personnes autour de nous à grandir plus encore en confiance.

Sr Mary Amata Mueller
Sittard (NL)

Vertrouwen 

Et si la douceur était les yeux et les oreilles de notre cœur ?

Le fruit de l'Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur
(...)
Ga 5,22

Elise Reul
40-50

Dans les différentes facettes de l’unique Esprit, il y a la douceur, nous dit Paul.

N’est-ce pas surprenant ? Pourtant, il y a au fond de ma mémoire un souvenir de douceur qui a marqué ma vie. Peut-être avez-vous le vôtre ? Raviver ce souvenir peut nous faire toucher du doigt la force de la douceur. J’avais huit ans lorsque la perte de ma maman m’a coupé l’appétit de vie et l’appétit tout court. A la maison, je refusais les repas préparés par d’autres mains. Un jour, suivi d'autres, je fus invitée à une table voisine, la table d’une maison de repos. Là, avec plaisir et bonheur, j’ai partagé le repas des jeunes femmes au service des pensionnaires. Je me sentais enveloppée d'une douce chaleur toute maternelle. Le miracle de sollicitude avait porté ses fruits : douceur à donner, douceur à recevoir.

Jésus avait une manière bien à lui d'être présent aux personnes dans ses gestes, ses paroles, ses attitudes, sans jugement. Son regard était doux, compatissant, sans reproche, d'une force, d'une puissance qui touche le cœur. Un regard qui fait comprendre au regardé que tout est possible, un renouveau peut advenir, un retournement, une espérance. Souvenons-nous comment il a accueilli Marie Madeleine qui lave les pieds de son Seigneur avec un parfum de prix. Ce faisant elle lui donne une grande douceur que Jésus reçoit pleinement.

Aurons-nous l’humilité nécessaire pour recevoir la douceur d’autrui, l’accueillir comme un enfant accepte une caresse sur sa joue ? Aurons-nous un regard empli de douceur, de tendresse, celui qui permet un retournement, un renouveau, une espérance sur nos proches, nos voisins, sur le monde surtout en ces temps si particuliers que nous vivons ?

Laissons-nous inspirer par la douceur bienveillante de notre Maitre et Seigneur, pour faire de la douceur les yeux et les oreilles de notre coeur.

Elise Reul
Liège

Au-delà du bien

Le fruit de l'Esprit est amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance (...)
Ga 5,22

Myriam Tonus
38-50

Misère des traductions, à qui il arrive trop souvent d'affadir le sens d'un mot… C'est le cas, justement, de cette "bienveillance" que Paul inscrit parmi les fruits d'une liberté portée par l'Esprit. Dans notre vocabulaire usuel, se montrer bienveillant, c'est adopter envers autrui une attitude ouverte, sans animosité ni préjugés, voir le bien plutôt que le mal. Comportement sans aucun doute préférable à tout ce que l'apôtre dénonce dans la nature humaine livrée à elle-même, mais qui n'exprime que faiblement la puissance que représente l'agathôsunè, mot rare dans la langue grecque et que l'on pourrait exprimer par bonté sans faille. Quoi ? N'était-il déjà pas question de bonté, juste avant ? Oui, mais c'est comme si Paul voulait renforcer encore son propos : à partir d'une bonté de base, pourrait-on dire, qui est faite d'obligeance et d'attention à l'autre, il va jusqu'à inviter au bien par-delà le bien, à une bonté tout à fait première, sans retour. Cette bonté-là est l'exacte opposée du mal, autant que la lumière s'oppose à la ténèbre. Elle ne relève pas de la morale – autre forme de la Loi – mais bien de l'être même de Dieu, ce Dieu qui affirme dès les origines que la création est bonne. Jésus lui-même, lorsqu'on l'appelle "bon maître", répond : "Pourquoi me dis-tu bon ? Personne n'est bon, sinon un seul: Dieu“ (Mc 10,17).

Dans l'énumération de Paul, cette bonté précède la foi. Hasard de l'écriture ? Sans doute pas. Car si le Souffle vient habiter notre être, notre nature humaine va se trouver complètement bouleversée – au point de voir en chaque humain un frère, une sœur. Reconnaissons que ce n'est pas une attitude qui va de soi… Comment continuer à espérer en l'humanité par-delà tous les malheurs qu'elle a produits si l'on n'a pas, chevillée en soi, cette bonté qui est comme l'expression première de notre filiation divine ? "Dieu a tant aimé le monde qu'il lui a donné son fils unique", écrira saint Jean. Et nous, aimons-nous le monde ? En ce qui concerne Paul, difficile d'en douter !

Myriam Tonus
Dampremy

Voorbij het goede

 

 

Bonté

Le fruit de l'Esprit est amour, joie, paix, patience, bonté (...)
Ga 5,22

Tommy Vandendriessche
37-50

Vous aimeriez être heureux et aimé? Qui ne le souhaiterait pas ?
Mais voulez-vous aussi être bon, patient, gentil ?

Dans son commentaire de la lettre aux Galates, Luther écrit à propos de la bonté : « Les chrétiens ne devraient pas être des gens durs et désagréables, ils devraient être doux, humains, accessibles et aimables. La bonté est l'une des plus grandes vertus et elle est nécessaire dans toutes les circonstances de la vie. » Cette aspiration à devenir une personne bonne et gentille est cependant bien souvent étouffée. Et quelque chose ou quelqu'un chuchote sans cesse en nous : « Ne t’acharne pas ! ».

Il faut pourtant continuer à nourrir ce désir d'une manière ou d'une autre. Il faudrait ? Il le faut ? Un exercice tout simple que j'ai appris un jour consiste à prononcer à haute voix chaque soir ce qui me rend reconnaissant. Pas de longues phrases, juste quelques mots ou, si nécessaire, un seul mot. Nous formons un cercle et quelqu’un invite à rendre grâce. Ce n’est pas un devoir, mais un désir de rendre grâce !

Ce désir personnel n'est-il pas justement une mise en garde de Paul ? L'amour, la bonté, la joie, la bonté... sont des fruits de l'esprit. Ce sont bien des cadeaux, et non le résultat de nos efforts moraux. Nous devons en effet faire une distinction entre « vouloir » et « être à l'écoute de notre désir ». Celui qui veut être pleinement satisfait dans son désir de relation n’éprouve-t-il pas souvent un sentiment d'impuissance ? Un professeur de zen, André Van der Braak, appelle cela la « conscience de la pauvreté » (cfr Tijdschrift voor Geestelijk Leven. 75, no. 4). Nous n'avons pas à nous battre contre cela, mais bien à accueillir cette réalité. Soyons bons avec nous-même également ! Car cette incapacité accroît notre ouverture à recevoir la vie comme un don. Il ne s’agit pas de se « perfectionner dans quelque chose ». Cela dépendrait encore trop de notre propre mérite... Nous ne pouvons que nous entrainer humblement à "pratiquer" cette bonté.

Tommy Vandendriessche
Roeselare

Vriendelijkheid 

Vivez sous la conduite de l'Esprit

Le fruit de l'esprit : amour, joie, paix, patience (...)
Ga 5,22



Claude Sélis
36-50

Je vous ai déjà entretenu, chers frères, de ces conduites malveillantes qui pourrissent la vie de communauté, la vôtre peut-être mais, en général, de toute société qui vit selon les lois "du monde", selon les lois "de la chair" comme je le dis aussi souvent. Peut-être estimez-vous que je suis toujours tellement négatif quand je parle du "monde", de la "chair". Je m'explique. Ce n'est pas le "monde" en soi, ni la "chair" en soi que je condamne mais le monde sans Dieu, la chair sans l'esprit. Un monde sans Dieu est, d'une manière ou d'une autre, un monde qui nie Dieu, qui prétend se suffire à lui-même, qui s'institue lui-même comme norme. Le monde appelle cela une libération; ce n'est qu'un autre esclavage. La chair sans l'esprit, sans ce souffle de vie que Dieu y a mis, ce n'est qu'un cadavre ambulant, une poupée articulée. Une telle conception du corps n'est-elle pas bien plus avilissante que la mienne ?

            Envisageons maintenant les choses de manière positive. Quelles seraient les conduites bienveillantes ? Je précise tout de suite: ces qualités ne sont pas, ne peuvent pas être le fondement de notre adhésion au Message de Jésus-Christ. Elles n'en sont que le fruit. Bien sûr, de bons fruits sont le signe que l'arbre est bon. Mais il ne faudrait pas réduire le Message de Jésus-Christ à un catalogue de qualités morales. Leur bonne application, sans lien avec leur fondement, ne serait pas longtemps tenable par vous sans tourner en respect maniaque de règles sclérosantes et ne serait même plus un message envers les autres, sauf un message de sclérose. Il faut toujours en référer à l'arbre qui nous porte, à Jésus-Christ, à l'Esprit que Dieu à mis en nous. Je peux bien vous donner quelques exemples de conduites bienveillantes mais ma liste ne serait jamais exhaustive. C'est à vous, dans les circonstances qui sont les vôtres, de les redéfinir, d'insister sur telle ou telle, dans la plus grande fidélité à l'esprit de Jésus-Christ.

Claude Sélis
Bruxelles

Leven volgens de Geest

 

Paix

Paix
Ga 5,22


Marcel Braekers
35-50

Paul énumère toute une série de qualités pour décrire ce qu’est, selon lui, la vie selon l’Esprit. Il n'a manifestement pas oublié sa formation stoïcienne. Paul, devenu disciple du Christ, va cependant beaucoup plus loin. Il décrit maintenant l'homme nouveau, celui en qui l'Esprit de Dieu et de Jésus-Christ est à l'œuvre.

Aujourd’hui, commentons une de ces qualités : la « paix ».

Nous pourrions penser que s'il y a une condition ou une qualité de vie que nous avons à portée de mains, c'est bien la paix. Toutes les querelles, les guerres, les disputes de famille, les querelles de voisinage sont le résultat de la jalousie, de la cupidité, de la domination, etc. En réglant cela, les gens ne pourraient-ils pas vivre en paix par eux-mêmes ? Pourtant, Paul pense différemment. Certes, régler les conflits que je viens d’énumérer est essentiel, mais ils ne touchent que le niveau le plus élémentaire de la paix. Il s’agit de la paix la plus accessible et la plus gérable. Pour Paul, une dimension plus profonde est la paix comprise comme un don de l'Esprit. C'est la paix que nous ressentons lorsque nous nous sommes réconciliés avec nous-mêmes, la paix qui survient lorsque la vie offre une nouvelle perspective, peu importe ce qui s'est passé, c’est la paix ressentie parce que nous nous sentons aimés au plus profond de nous-mêmes.

N’avons-nous pas besoin de cette paix profonde et spirituelle pour établir la paix quotidienne de nos cœurs ? Ceux qui se savent reconnus et aimés au plus profond d'eux-mêmes ont ainsi une base solide pour se réconcilier, pour abandonner toute suffisance, pour faire un premier geste de rapprochement. Le don de l'Esprit provoque ainsi un profond bouleversement chez ceux qui sont convertis au Christ !

Marcel Braekers
Heverlee

 

 

Joie

JOIE
Ga 5,22


Marianne Goffoël
34-50

La joie est l’un des fruits de l’Esprit, nous dit Saint Paul ! Selon le dictionnaire la joie est une émotion agréable, un sentiment de satisfaction ou de plaisir de durée limitée…. La joie dont nous parle l’Apôtre est tout autre, au point de constituer cet élément fondateur de sa foi en Christ. Cette joie s’enracine et se nourrit de cette rencontre personnelle avec le Christ, qui bouleversa sa vie sur la route de Damas.

Les exemples d’une telle joie abondent dans l’évangile. Comme dans le récit d’Emmaüs, l’évangile du soir de Pâques : « (…) Et ils se dirent l’un à l’autre : « notre cœur ne brûlait-il pas en nous tandis qu’il nous parlait en chemin et nous ouvrait les Ecritures » (Lc 24,32). Quelque chose s’est passé au plus profond d’eux-mêmes, l’expérience d’une rencontre,  celle de la présence de Dieu qui  se dévoile au cœur même de cette rencontre.

Ou encore  Marie, « qui partit en hâte (…). Elle entra dans la maison de Zacharie et salua sa cousine Elisabeth » (Lc 1, 39-40). Une explosion de joie réciproque ! « Lorsqu’Elisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant bondit dans son sein et Elisabeth fut remplie de l’Esprit-Saint » (Luc 1, 41)  et Marie de s’écrier  « … mon esprit s’est rempli d’allégresse à cause de Dieu, mon Sauveur … » (Lc 1, 47).

Ces trois exemples, bien loin d’évoquer un enthousiasme passager, nous disent une certitude joyeuse, expression d’une réalité incroyable, extraordinaire. Cette réalité est fruit de l’Esprit, source d’une énergie communicative, moment clé d’une vie, souvenir impérissable, moment-source, référence vitale lors de moments plus difficiles.

Le Christ  nous donne sa vie. Vivons de sa vie même,  « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2,20).   A la suite de tous ces personnages, avec notre propre expérience chantons, en toute occasion, « Alléluia »,  pour exprimer cette joie.

Marianne Goffoël
Bruxelles

 

 

Amour

Mais voici le fruit de l’Esprit : amour
Ga 5,22


Antoinette Van Mossevelde
33-50

Dans les versets précédents, Paul nous a dressé la liste des actions qu'une vie sans foi peut amener. Ce qui suit maintenant est un encouragement à vivre selon l'Esprit.

L'Esprit —fragile, étrange et insaisissable— devient ainsi visible et concret dans le comportement humain. Le fruit de l'Esprit est l'amour: le fait de vivre d'un amour créateur qui nous désire dans la vie et nous aime. Qui désire et aime chaque personne. Qui nous demande de reconnaître et de traiter les autres comme nous-mêmes : comme désiré et digne d'amour. Car chacun est une image unique du Créateur selon les mots bouleversants de la Genèse (Gn 1:26).

Accueillir un tel amour et lui permettre de s'épanouir pleinement dans notre vie est loin d'être évident. Cela se heurte constamment à ce que Paul appelle les œuvres de la chair et de notre nature pécheresse : cette tendance humaine à rechercher d'abord ce qui est immédiatement tangible ou une gratification instantanée, les ambitions de l'ego qui considère d'abord ses propres intérêts, la peur d'être insignifiant qui conduit à des petits comportements mesquins,...

Pourtant, il nous est possible d’apprendre un tel amour : en faisant confiance en l'amour créateur de Dieu, commencement de toute vie et de chaque nouvelle vie. Il s’agit de s’abandonner petit à petit à Dieu qui, en Jésus, se montre solidaire de chacun de nous. Jésus de Nazareth est l'incarnation même de ce commandement qui résume toute la Torah : tu aimeras ton prochain comme toi-même (Gal. 5:14 ; Lév. 19:18). Dieu se fait homme dans un Amour qui invite et accueille tout le monde sans exception. L’Esprit de vie est ainsi destiné à tous ceux qui sont exclus. Qu’il nous embrase pour ne laisser tomber personne en dehors d’un tel amour, même un ennemi !

Voilà pourquoi nous sommes libérés : pour aimer, et pour être une bénédiction les uns pour les autres.

Antoinette Van Mossevelde
Gent

 

 

Les forces terribles de la chair

Mais si vous vous laissez conduire par l’Esprit, vous n’êtes pas soumis à la Loi. On sait bien à quelles actions mène la chair : inconduite, impureté, débauche, idolâtrie, sorcellerie, haines, rivalité, jalousie, emportements, intrigues, divisions, sectarisme, envie, beuveries, orgies et autres choses du même genre. Je vous préviens, comme je l’ai déjà fait : ceux qui commettent de telles actions ne recevront pas en héritage le royaume de Dieu.
Ga 5, 18-21


Raphaël Devillers
32-50

« La chair et l’esprit » : le couple de mots, que Paul vient d’employer, est célèbre mais n’est pas toujours bien compris. Ils ne désignent pas « le corps et l’âme ». La chair n’est pas la sexualité (on parle des péchés de la chair) et l’esprit n’est pas l’intériorité, la spiritualité. 

La chair, c’est la nature humaine laissée à elle-même, volcan incontrôlable de besoins et d’irascibilité. L’Esprit désigne la Force divine qui est donnée par le Christ et qui libère l’homme. Enchantés d’apprendre par Paul qu’ils ne sont plus sous la Loi mais libres sous l’Esprit, des Galates ont mal compris cette liberté et sous estimé la puissance des désirs de la chair. Puisque Jésus libérait de la Loi, on pouvait donc suivre ses penchants égoïstes, satisfaire sa recherche du bonheur, fuir le danger de la différence. 

Paul les met en garde contre cette dérive et leur rappelle le mal que peuvent causer les sollicitations de la chair. Il donne une liste de 16 actions de la chair laissée à elle-même. 

D’abord 3 déviances de la sexualité : « libertinage, impureté, débauche ». Mais Paul ne s’attarde pas davantage : il n’est pas l’obsédé sexuel que l’on a parfois dénoncé. Ensuite 2 perversions du culte divin : « idolâtrie et magie ». Faire ses propres dieux et les utiliser à son service. Vient alors la liste la plus longue, donc la plus importante, celle de 8 péchés contre l’amour du prochain : « haines, discorde, jalousie, emportements, rivalités, dissensions, factions, envie ».  Enfin les excès de table : « beuveries, ripailles et autres choses semblables ». 

Que l’on ne dise pas que ce n’est pas si grave. Paul répète ce qu’il avait déjà enseigné : les acteurs de ces choses n’entrent pas dans le Royaume de Dieu. 

Tout tourne autour du rejet de l’autre. Paul ne venait-il pas de dire que le cœur de la vie accomplie est : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » ? Et il va poursuivre dans la même ligne en parlant du « fruit de l’Esprit ». 

Annoncer la liberté par l’Esprit fait peur car cette liberté n’est vraie que dans une existence donnée pour les autres. Jusqu’à la croix. Ainsi a fait Jésus.

Raphaël Devillers
Liège

De verschrikkelijke krachten van het vlees 

 

Dieu est à nos côtés

Je vous le dis : marchez sous la conduite de l’Esprit Saint, et vous ne risquerez pas de satisfaire les convoitises de la chair. Car les tendances de la chair s’opposent à l’Esprit, et les tendances de l’Esprit s’opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire tout ce que vous voudriez. 
Ga 5, 16-17


Patrick Lens

31-50

Le problème est connu: parfois nous faisons des choses que nous préférerions faire différemment. Nous ne le remarquons généralement qu'après. Ou nous ne faisons pas ce que nous voulons réellement. Ensuite, nous ressentons généralement quelque chose comme du découragement et de la fatigue. Ajoutez à cela une bonne dose de perfectionnisme, ou une pensée défaitiste : cela ne devait pas m'arriver!

Paul soupire parfois: «Homme malheureux que je suis.» C’est facile à comprendre. Être chrétien est considéré par beaucoup de gens en termes de morale ou d'engagement. Bien sûr que c’est bien, mais cette vision a aussi ses angles morts. La plupart des chrétiens oublient que la foi est aussi un combat spirituel.

Il n'y a pas seulement en nous de l'impuissance, mais aussi de la résistance. Il y a aussi la faiblesse, la division intérieure. La Bible appelle cela le péché. Il ne s'agit pas seulement des nombreuses choses que nous pouvons mal faire, mais d'une tendance, une zone de non-liberté en nous. Jésus est venu nous en délivrer. Pour cela, le jour de Pâques et à la Pentecôte, il nous donne son Esprit.

Il se bat de notre côté, car nous ne pouvons pas le faire seuls. C'est quelque chose que beaucoup de croyants oublient, ou qu’ils ne savent même pas du tout. C'est la raison pour laquelle ils se découragent si vite. Ils pensent qu'ils doivent être parfaits pour être un bon chrétien, mais ils découvrent que ce n'est pas si facile et, dès lors, ils abandonnent.

Non, un bon chrétien est quelqu'un qui est prêt à se battre, ou plutôt qui est prêt à accepter qu'il a besoin d'aide. C'est le péché en nous qui nous empêche d'être libres, et nous ne pouvons le combattre qu'avec l'aide de l'Esprit. Nous pensons si vite que Dieu n'est pas satisfait de nous parce que nous faisons des erreurs, mais nous oublions que Dieu, par Son Esprit, est en fait de notre côté.

Patrick Lens
Bruxelles

God staat aan onze kant 

 

Le chemin de l’amour : le plus grand défi de notre humanité

Car toute la Loi est accomplie dans l’unique parole que voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres.
Ga 5, 15-16


Blandine Vanderlinden
Dominique van Duyse

30-50

Le message de Jésus-Christ, que rappelle Paul dans l’ensemble de sa lettre, porte sur deux valeurs essentielles et liées, la liberté et l’amour. Toutes deux forment un couple indissociable et constituent le socle de notre humanité.

Nous sommes libres —et responsables— de nos choix, alors comment les orienter ? Comment leur donner sens ? La réponse nous est donnée par Jésus-Christ dans son commandement suprême.

Arrêtons-nous sur le terme amour. Que signifie vraiment aimer ? Qu’est-ce qu’aimer ? Pour nous, aimer est fondamentalement un acte de foi, il est également une décision, et il n’y a pas d’amour sans liberté.

Un acte de foi. On ne sait pas dire pourquoi on aime son partenaire, ses enfants, son voisin.  On aime son enfant parce qu’il est son enfant. C’est tout. C’est ainsi… Il n’y a pas d’autre explication…  C’est un acte de foi. Il  peut s’exprimer en "je crois en toi".

Une décision, une posture. Aimer c’est décider de porter un regard d’amour vers l’autre, vers la vie. C’est décider que ma vie soit orientée vers, et par, l’amour. Aimer son prochain s’exprime par la bienveillance, le respect, par tout acte lui permettant d’épanouir tout son soi, de prendre son envol. Les exemples d’actes d’amour sont innombrables aujourd’hui : le corps médical qui se dévoue au risque de sa propre santé, les commerçants qui travaillent avec cœur dans des conditions difficiles, les bénévoles qui rendent de multiples services, … Plus humblement aussi, mais tout aussi fort et important, nous pouvons retrouver l’acceptation et le respect du confinement, le port du masque pour protéger l’autre, ou tout simplement apporter de la joie autour de soi.

Une liberté. Aimer est un élan du cœur, un geste gratuit et sans attente. Si on ne s’aime pas, nos portes intérieures sont fermées. S’aimer soi-même permet d’être libéré de toutes nos peurs et blessures et de s’ouvrir. S’ouvrir à oser aimer l’autre, le seul chemin vers plus d’humanité : un fameux défi !

Blandine Vanderlinden
Dominique Van Duyse
Liège

 Het pad van de liefde : de grootste uitdaging van onze mensheid

 

Vous avez été appelés à la liberté

Et moi, frères, si, comme certains le prétendent, je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté ? Car alors cette prédication abolirait le scandale de la Croix. Qu’ils aillent donc jusqu’à se mutiler, ceux qui sèment le désordre chez vous. Vous, frères, vous avez été appelés à la liberté. Mais que cette liberté ne soit pas un prétexte pour votre égoïsme ; au contraire, mettez-vous, par amour, au service les uns des autres.
Ga 5, 11-14


Mary Lucy

29-50

En ce temps d’épidémie, toutes sortes de restrictions sont imposées à nos activités quotidiennes. Nous acceptons ces mesures dans leur intérêt pour le bien commun... mais cela signifie-t-il réellement que nous sommes devenus moins libres ?

La liberté est un des droits de l'homme les plus précieux. Comme croyants, nous considérons cette liberté comme un principe fondamental de notre humanité, donné par Dieu. Par le baptême, nous recevons une nouvelle liberté intérieure. Saint Paul nous le rappelle : « Vous avez été appelés à la liberté » (Gal 5, 13).

Mais qu'est-ce que cette liberté ? Afin de parvenir à une bonne compréhension, nous devons tourner nos yeux vers la Croix. Avec les yeux du monde, le Crucifié n'est pas une image de force et de victoire, mais de faiblesse et de défaite. C'est le « scandale de la croix ». Malgré sa toute-puissante, Jésus a choisi la faiblesse : « Nul ne peut m’enlever ma vie : je la donne de moi-même.» (Jn 10, 18). C'est ainsi que la croix devient le signe décisif de la liberté. Par amour pour nous et afin d'accomplir la volonté du Père, Jésus prend sa croix et donne librement sa vie. Jésus nous donne l'exemple de la liberté par le don de soi, et non de la liberté comme ‘prétexte d’égoïsme’.

Comme chrétiens, nous participons déjà à la vie éternelle grâce à la puissance divine qui vit en nos cœurs. Par cette grâce, nous pouvons accomplir des actes d'amour. L'amour nous appelle à aller au-delà de simples gestes de bonté. Avec le souffle de l’Esprit, nous apprenons à servir notre prochain à l'exemple de Jésus. Une telle liberté intérieure et véritable ne grandit en nous que lorsque nous prenons notre propre croix avec amour et que nous suivons Jésus.

Zr. Mary Lucy Sundry
Sittard (NL)

U werd geroepen tot vrijheid

 

Colère d'amour

Votre course partait bien. Qui vous a empêchés d’obéir à la vérité ? Cette influence-là ne vient pas de Celui qui vous appelle. Un peu de levain suffit pour que toute la pâte fermente. Moi, j’ai dans le Seigneur la conviction que vous, vous n’adopterez pas une autre façon de penser. Quant à celui qui met le trouble chez vous, il en subira la sanction, quel qu’il soit..
Ga 5, 7-10


Myriam Tonus

28-50

Paul, on le sent, est vraiment piqué au vif. Il est déçu, comme on peut l'être lorsqu'on pense avoir donné à l'autre le meilleur de soi, le meilleur pour lui… et qu'il prend un chemin qui ne le mènera nulle part. Comment comprendre, en effet, que l'on puisse ne pas être bouleversé, ainsi que Paul l'a été, par le message du Christ qui ouvre une extraordinaire voie de libération? Comment peut-on se soumettre à des règles humaines contraignantes alors qu'on est appelé par une parole qui ne veut que la vie de l'humain, sous le signe de la liberté et de l'amour ? La question demeure posée : comment peut-on confiner sa foi dans des formes rituelles, des obligations, une obéissance aveugle, alors même que notre filiation divine devrait nous donner de penser et d'agir comme le Christ lui-même ? 

"Un peu de levain suffit pour que toute la pâte fermente" : Paul possède l'art consommé de suggérer une chose et son contraire ! Le ferment fait lever la pâte, en effet, mais s'il n'est pas bon, il rendra le pain immangeable. Qu'est-ce donc qui fermente, chez les Galates ? Et en nos cœurs ? Bien des choses peuvent travailler les êtres humains : des discours creux, des illusions, un ego plein de lui-même. Mais probablement le levain dont parle Paul est-il plutôt comme ce bon vent qui gonfle les voiles et permet d'aller au large. Accueillir en soi le souffle divin, c'est déjà se mettre en route. Et disant cela, c'est comme si l'apôtre laissait tomber irritation et déception. Le voici qui retrouve sa bienveillance fraternelle, son amour et sa confiance en l'humain : "j'ai la conviction que vous n'adopterez pas une autre façon de penser". L'agapè veut le vrai et parfois il faut secouer ceux qu'on aime. Mais au final, unis dans une fraternelle tendresse, on passe par-delà les errances. Quant à celles et ceux qui s'ingénient à récupérer l'Évangile pour assoir leur pouvoir, eh bien cela finira par se retourner contre eux. Parole d'apôtre.

Myriam Tonus
Dampremy

Woede van de liefde 

 

C’est par l’Esprit que nous attendons la justice

Vous qui cherchez la justification par la Loi, vous vous êtes séparés du Christ, vous êtes déchus de la grâce. Nous, c’est par l’Esprit, en effet, que de la foi nous attendons la justice espérée. Car, dans le Christ Jésus, ce qui a de la valeur, ce n’est pas que l’on soit circoncis ou non, mais c’est la foi, qui agit par la charité.
Ga 5, 4-6


Tommy Vandendriessche

27-50

La bonté et la miséricorde de Dieu sont centrales dans le Premier Testament.   La Loi de Dieu est chantée comme un don, comme une « grâce ». Pourtant, les paroles de Paul ont souvent été interprétées comme amenant une opposition entre la Loi et la Grâce. Il n'y a pourtant aucune raison de croire que le judaïsme a eu tendance à devenir davantage légaliste à son époque. Nous pouvons en effet traduire « Torah » par «chemin de vie», peut-être même par «chemin d'amour». 

L'amour n'est pas possible sans passer par des actes concrets et des actions vertueuses. Pour Dietrich Bonhoeffer, la grâce serait alors « à bon marché ». Lorsque Paul parle de grâce, il ne s’agit en rien d’une bienveillance magique et automatique de Dieu. Paul a bien compris que nous avons souvent tendance à nous "justifier" en invoquant nos propres actes. Comme si, pour quelque chose ou quelqu'un, il nous fallait tenir des comptes. En ce sens, Paul fait de vifs reproches à ses coreligionnaires et ses contemporains. Et ces reproches sont adressés à nous-mêmes également.  L'autojustification revêt bien des formes, pas seulement religieuses : « J'ai mis mes talents au service de notre économie. J'ai donc droit à une certaine reconnaissance sociale ».

Dans notre culture néo-libérale, n’avons-nous pas parfois des difficultés à accepter que des personnes reçoivent des soins, de l'affection, des prestations ou des services sociaux tout à fait "gratuitement"? "Nous sommes souvent dans le « donnant donnant ». Nous voulons bien évidemment aider les personnes vulnérables (les pauvres, les réfugiés, les personnes psychologiquement fragiles, ...) mais c'est comme si elles devaient correspondre à l'image du "bon" pauvre, malade, ... La parabole des ouvriers de la onzième heure est aujourd'hui aussi provocatrice qu'au premier siècle !  Paul est catégorique : celui qui veut se justifier est déchu de la grâce.  Il n'est dès lors pas facile de voir notre vie comme "n'importe quel cadeau". Elle suppose une attention, un lien réel avec ce qui est vulnérable, mais aussi également avec ce qui est le plus fragile en nous. ​

Tommy Vandendriessche
Roeselare

Wij verwachten door de Geest de verhoopte gerechtigheid van het geloof